II. Les causes qui agissent sur la quantité totale du sang
les hémorrhagies par exemple, n'agissent que d'une manière accessoire sur la moelle. Les phénomènes d'anémie spinale ne sont alors qu'un épisode dans le tableau général et ne méritent pas de nous arrêter.
Je mentionnerai seulement quelques faits de Grisolle, de Moutard-Martin, etc. , dans lesquels la paralysie semble avoir été produite par l'anémie de la moelle après les hémorrhagies, et notamment après les hémorrhagies rectales ou utérines ' .
Il faut du reste se méfier de ces paralysies, qui se présentent ordinairement dans des cas de chlorose souvent compliqués d'hystérie.
Un mot maintenant du Traitement.
Les restrictions que nous avons apportées au rôle clinique de l'anénde spinale restreignent aussi la thérapeutique. Nous avons supprimé le type sur lequel les physiologistes et les médecins s'escrimaient le plus : le type d'anémie spinale par spasme des artérioles.
On cherchait tous les agents qui auraient une action vaso-dilatatrice pour combattre cette contracture réflexe des vaisseaux de la moelle; on employait la strychnine, le nitrite d'amyle, etc. Je ne crois pas utile d'insister. '
Contre l'anémie de la moelle par oblitération vasculaire, il n'y a que peu de chose à faire : toniques et reconstituants excitants, ...; telle est l'indication capitale et générale. Je crois qu'il est diflBcile d'agir sur la circulation de la moelle elle-même.
* Voy. aussi Gax. hebd.» 1877, 28.
562 TRENTE-NEUVIÈMB LBÇON.
des secousses involontaires dans les extrémités inférieures, puis des contractures dans les muscles paralysés, qui se mettent d'abord dans l'extension, puis définitivement dans la flexion. Il y a amaigrissement progressif des cuisses et des jambes.
Surviennent plusieurs atteintes de cystite purulente, puis des eschares, et la malade succombe un an après le début.
A l'autopsie, on trouve un foyer hémorrhagique au niveau de la deuxième dorsale. La moelle est saine audessus et au-dessous du foyer, sauf une lésion descendante dans les cordons latéraux , à laquelle étaient dus les phénomènes de contracture de la deuxième période, et une sclérose ascendante des cordons de Goll, jusqu'au calamus scriptorius.
Voici maintenant le fait de Eichhorst * .
Une jeune fille de 28 ans, douze heures après l'arrêt de menstrues d'ailleurs régulières , éprouve une sensation toute spéciale à la peau depuis l'ombilic jusqu'aux orteils, prurit léger avec picotement, qui dura toute la journée. En même temps, diminution des forces dans les membres inférieurs, impossibilité d'uriner malgré un pressant besoin. Le soir, paralysie progressive des membres inférieurs avec secousses convulsives par accès répétés. Le lendemain, toute la partie inférieure du corps est conmae morte pour la malade ; la sensation de picotement s'étend jusqu'à la moitié gauche du tronc et au membre supérieur gauche. Faiblesse du bras gauche...
Les jours suivants, la paralysie motrice et lanesthésie cutanée font des progrès. La fièvre apparaît, s'élève à 40*, et la malade succombe dans le coma, avec irrégularité de la respiration, le cinquième jour de la maladie.
A l'autopsie, foyers de ramollissement et d'hémorrhagie ; l'examen microscopique démontre aux yeux de l'auteur l que l'apoplexie capillaire était primitive.
^ Bev. des Se. méd., IX, 160.