La PARALYSIE DU NERF ORTURATETJR OSt OUCOrO pluS
rarement isolée que la précédente. Elle l'accompagne souvent et est produite par les mêmes causes. Nous y ajouterons simplement la compression possible de ce nerf par une hernie obturatrice.
Symptômes, — L'obturateur innerve l'obturateur externe, le droit interne, le moyen, le petit et le grand adducteur; et d'une manière plus générale les muscles adducteurs de la' cuisse et pour la plupart aussi rotateurs en dehors.
Dans la paralysie de ce nerf, le malade ne peut donc pas porter la cuisse en dedans, serrer ses cuisses Tune contre l'autre, placer Tune sur Tautre ; la rotation du membre en dehors et même sa flexion sur le bassin sont difficiles . — La marche est également gênée et la jambe malade est bientôt fatiguée.
Quelquefois on observe certains troubles de la sensibilité du côté interne de la cuisse jusque vers le genou.
3. Paralysie des nerfs du plexus sacré {sauf le sciatiqué), — Les nerfs fessiers sont rarement atteints seuls. Le plexus sacré, en totalité ou en partie variable, est lésé par des causes diverses analogues à celles que nous avons déjà mentionnées pour le plexus lombaire.
Ces nerfs se distribuent aux muscles fessiers, tenseur du fascia, obturateur interne et pyramidal. Ces diverses paralysies sont très-difficiles à analyser, parce que la plupart de ces muscles ne sont pas seuls chargés des mouvements qu'ils exécutent. Je vous renverrai donc pour les détails aux ouvrages de physiologie et spécialement aux livres de Duchenne.
Un certain nombre de mouvements sont gênés, limités ou impossibles : la rotation de la cuisse en dedans et en dehors, la flexion, l'abduction. Ily ade l'incertitude dans la marche et dans la station debout, le grand fessier notamment fixant le tronc et en compensant le poids. L'ascension est aussi particulièrement difficile (Erb). Le redressement du tronc incliné en avant est également malaisé.
Les troubles de sensibilité ne surviennent en général dans cette paralysie que si d'autres nerfs sont simultanément atteints.
L'atrophie des muscles est assez fréquente et particulièrement remarquable dans la paralysie unilatérale : la fesse correspondante a perdu son volume et sa convexité ; les muscles sont flasques et mous, et on arrive facilement à toucher l'os.
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4. Paralysie du sciatique. — C'est de beaucoup !a plus fréquente et la plus importante de toutes les paralysies du membre inférieur.
Ètiologie. — Les traumatismes et les compressions de tout ordre s' exerçant sur un point quelconque du tronc ou de ses branches sont les causes les plus fréquentes.
Ainsi, les plaies directes du nerf, accidentelles ou chirurgicales (extirpation de tumeurs, ténotomie), les fractures des vertèbres après un coup ou une chute sur le siège, la contusion du nerf; les accouchements laborieux pouvant produire chez la mère une contusion par la tète de l'enfant, chez l'enfant une contusion par traction sur les pieds, des luxations de la hanche, la compression par une cicatrice, par des tumeurs du petit bassin, les lésions du nerf lui-même, etc., pourront développer cette paralysie.
Dans un cas remarquable de commotion ou de contusion de la moelle produite par une balle de revolver reçue à la région lombaire, j'ai vu* un état d'hyperesthésie trèsmarqué dans les deux jambes, et j'ai cité à cette occasion des faits de commotion spinale ayant entraîné des paralysies passagères du sciatique.
Le froid et le rhumatisme peuvent encore produire cette paralysie, mais plus rarement. Dans les sciatiques graves avec atrophie musculaire, à la suite de certaines maladies aiguës, dans l'hystérie, etc., on observe la paralysie du sciatique.
Symptômes. — Pour suivre la marche que nous nous sommes imposée dans tous ces chapitres, nous commencerons par l'analyse, par l'étude des cas particuliers bien limités. Vous reconstituerez ensuite facilement le tableau clinique des cas où la paralysie est plus complète et généralisée. — Nous allons donc prendre, niuscle par muscle,
^ Montpellier méd.» mars et avril 1878.
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les. signes de la paralysie individuelle de chaque rameau nerveux, en commençant par le domaine du sciatiqvs poplité externe,
Duchenne a trouvé la paralysie isolée du long péronier latéral chez des individus dont les pieds étaient restés longtemps plongés dans Teau froide : véritables exemples de paralysie à frigore ou rhumatism'ile du musculo-cutané ; d'autres fois il y avait eu un coup reçu sur la partie externe de la jambe : paralysie traumatique. Ordinairement enfin ces troubles moteurs apparaissent sans autre cause apparente qu'une grande fatigue, une longue marche ou une station trop prolongée chez des individus à voûte plantaire peu développée.
La principale action du long péronier (action qu'il exerce seul) consiste à abg^isser le talon antérieur, la saillie sousmétatarsienne sur laquelle le pied repose, le pilier antérieur de la voûte plantaire ; il sert donc à maintenir cette voûte et surtout à lui conserver sa concavité habituelle.
Dès-lors, quand ce muscle est paralysé, il en résulte un pied plat. En même temps, le malade ne peut pas faire porter cette saillie sur le sol et ne peut pas l'abaisser; il marche exclusivement sur le bord externe du pied en avant. Cette position anormale ne peut pas durer ; elle devient douloureuse, et, sous l'influence de la contraction et de la contracture secondaire des antagonistes, le pied se met en abduction sur la jambe, et bientôt il y a un pied plat valgus douloureux. — Pour Duchenne, ce serait là la pathogénie ordinaire du pied plat valgus accidentel ou congénital.
Vous comprenez l'importance thérapeutique du fait : la faradisation du long péronier latéral peut suffire à améliorer cette situation, sans qu'il y ait besoin de recourir à la ténotomie* .
* Voy, Ghalot ; Du pied plat et du pied creux valgus accidentels. Th. Montpellier, 1877. n® 23.