DU TABES DORS A LIS
myélite par enchymateuse, qui aboutit à la désorganisation, vraisemblablement à la dégénérescence de fibres nerveuses, et consécutivement à la prolifération des éléments interstitiels, à la
sclérose.
Je dis qu'à ses débuts, cette sclérose, considérée sur des coupes La lésion spinale il! 11 ,, . .... , , . se localise
transversales de la moelle, occupe un territoire délimite, compris d'abord «lans
dans l'épaisseur des cordons postérieurs; c'est, approximative- i.'ni'to
ment parlant, la partie du cordon de Burdach, qui borde le cordon (it - cordons r r J postérieurs.
de Goll. Quelquefois aussi la lésion occupe conjointement une
autre petite zone, située de chaque côté de la scissure médiane
postérieure.
Or, ainsi que j'essayerai de vous en lournir la démonstration, La topographie
les faisceaux blancs qui constituent ces deux zones sont de véri- pJ25onr spinale
tables systèmes, ce mot étant pris dans le sens que i"e lui donnais 8«mD,c dénoter
J r 1 j une lésion
tout à l'heure : les fibres nerveuses qui composent ces faisceaux systématique. s'entourent de gaines de myéline, à une même époque du développement embryonnaire, plus tôt que les fibres des autres territoires des cordons postérieurs. A ses débuts la lésion spinale du tabès parait donc bien être une lésion systématique.
Peu à peu la sclérose envahit les cordons postérieurs dans le La lésion spinale i ,,, . - «J ii tan
reste de leur masse. Elle envahit également, dune laçon cons- dorsalis vrai
tante, la substance grise avoisinante. Mais dans les cas types de jaJJJîg q^1
tabcs dorsalis elle ne parait pas dépasser, dans le sens transver- appareils
r r t ^ . sensitifs.
sal, les limites représentées par les cordons postérieurs et par la substance grise avoisinante , substance qu'on peut qualifier de sensitive, parce que ses fonctions sont essentiellement du ressort des phénomènes de sensibilité. Et comme il en est encore ainsi des cordons postérieurs, vous voyez donc que, dans la moelle, les lésions du tabès dorsalis intéressent exclusivement l'appareil sensitif.
Il y a là un contraste frappant avec ce qui arrive dans la sclérose latérale ainyotrophique; dans celte maladie, les Lésions spinales intéressent exclusivement des appareils moteurs.
En récapitulant, j'arrive donc à celte définition fragmentaire Récapitulation, du tabès dorsalis : affection de la moelle, caractérisée à débuts par une myélite parenchymateuse systématique des cordons postérieurs, myélite qui envahit progressivement toute la masse des cordons postérieurs el la substance grise avoisinante, pour dégénérer en sclérose.
J'ai qualifié cette définition de fragmentaire. En effet, je ne
g trop nous le rappeler, il paraît acquis que les lésions [ues sont constantes dans les cas de tabès; mais comme M pas encore fixé sur le siège exact de ces lésions encéphalique et sur leur rôle, comme l'étude de ces lésions en est >re a ses débuts, j'ai cru devoir les laisser dans l'ombre, dans -finition que je viens de vous donner. J'aurai, dans la suite, amplement l'occasion d'insister sur ce que le tabès dorsalis doit asidéré comme une affection cérébro-spinale. h ! même j'aurais à vous parler de la grande fréquence et du tir- lésions des nerfs périphériques, dans les cas de tabès
dorsalis
l» ins ma prochaine conférence je compte m'occuper de la symptomatologie du tabès dorsalis.
SYMPTOMATOLOGIE GÉNÉRALE
Idée générale de la svmptomatologie du tabès dorsal i s. — Les troubles de 1 1 sensibilité dominent. — Les troubles de la coordination ne leur sont pa> subordonnés. — Troubles de la réflectivité. — Troubles génito-urinaires. — Troubles trophiques et vaso-moteurs; ils siègent surtout dans la zone d'innervation du bulbe. — Symptômes de paralysie motrice. — Troubles intellectuels; association fréquente du tabès dorsalis et de la paralysie générale. —Tableau d'ensemble des symptômes du tabès dorsalis.
Evolution du tabès dorsalis; elle peut être divisée en deux périodes, préataxique et ataxique.— Ordre habituel d'apparition et fréquence relative des symptômes de la période préataxique. — Symptômes de la période ataxique.
Je me propose de consacrer cette seconde conférence a une Idée gêner
1111111 i-i i i i« (lt> l;l sympto
étude d ensemble de la svmptomatolosie du tabès dorsalis. tologie du i
Je dis étude d'ensemble, car s'il me fallait procéder à une étude détaillée des nombreux symptômes de celte maladie, 1rs leçons en nombre forcément limité que je me propose de faire devant vous, pendant les mois qui vont suivre, ne suffiraient point à cette Lâche. Voici comment je compte m'y prendre. pour vous donner de la symptomatologie si compliquée du tabès, une idée aussi nette que possible, pour faire en sorte que celte élude de symptomatologie vous soit profitable sur le terrain de la pratique, et pour vous mettre à même de diagnostiquer le (abcs dorsalis. lorsque cette maladie ne se manifeste encore que d'une façon fragmentaire, fruste
Je vais d'abord énumérer les symptômes, en les groupanl danun ordre méthodique, suivant les systèmes organiques ou fonctionnels dont ils traduisent la perturbation.
J'examinerai ensuite leur ordre habituel d'apparition el de succession, leurs modes d'association I»'- plus fréquents.
Je prévois que l<i temps me manquera pour vous donner une
dorsalis.
nain: DES maladies du système nerveux
. Tiplîon détaillée de chacun de ces symptômes. Aussi me
plus dune fois de vous renvoyer à mon travail sur
sa s, paruin Dictionnaire encyclopédique des sciences
aies, 1885.
! vous disais, dans nia première conférence, qu'en tant quaj- ■■ fton de la moelle, le tabès dorsalis, dans sa forme pure, ne touche qu'à dos appareils sensitifs. Vous devez donc vous attendre roir les troubles de la sensibilité occuper une place considérai.!.' dans la symptomatologie du tabès dorsalis, et c'est ce qui h effectivement dans les parties du corps, tronc et membres, qui tirent leur innervation de la moelle.
A côté de ces troubles de la sensibilité on voit prédominer, à
un»' certaine phase de la maladie, des troubles de la coordination
mouvements. On a prétendu que les troubles de cette seconde
la r ^ . .
cat< - sont subordonnés à ceux de la sensibilité. Vous lirez
couramment, dans les travaux qui traitent du mécanisme
de la coordination, que le jeu régulier des muscles qui concour-
rent à la production d'un mouvement complexe implique la
notion exacte de la position que les parties à mouvoir occupent
au début *'t pendant les différentes phases du mouvement en cours.
<»r la perte des sensibilités superficielle et profonde entraîne la
perte de la notion de position des membres, symptôme fréquent
du tabès dorsalis. Un avait donc cru, d'aucuns sont encore de cet
avis, que l'incoordination motrice, le symptôme ataxie, manifes-
tation prépondérante, à la période d'état du tabès dorsalis, n'était
qu'un. • conséquence de l'abolition des sensibilités superficielle et
ttde et de la perte de la notion de position qui s'en suit. Il
Si rien : les faits que j'ai réunis dans un récent travail (Revue
Médecine, 1891, n° 1) le prouvent surabondamment. Ces faits
lontrenl que l'incoordination motrice peut se rencontrer dans
de tabès dorsalis, par exemple, indépendamment de toute
rturbation de la sensibilité superficielle et profonde; ils prou-
que la sensibilité peut être complètement abolie, dans
- tmentsetdansles muscles, sans qu'on observe la moindre
d'incoordination motrice. Il est donc naturel d'admettre que
irdination motrice du tabès, qui ne manque jamais quand
ûade l'affection parcourt son évolution complète, il est
idmettre, dis-je, que cette incoordination motrice n'est
aux troubles sensitifs.