I. Cuisses. — a. Portion moyenne
droite = 40
Membres ^ abdominaux .
IL Jambes.
gauche = 42 b. Au-dessus des genoux,
droite = 30 gauche = 30
— a. Au niveau de la tubérosité antérieure du tibia,
droite = 26
b. Portion moyenne,
droite = 29 gauche = 29
c. Au-dessus des malléoles,
droite = 18 gauche = 18
Respiration normale. — Pas de toux.
Langue sale, jaunâtre. — Inappétence. — Crampes d’estomac.
Constipation persistante.
A l’auscultation du cœur, bruit de souffle léger à la base.
Insomnie légère. — Céphalalgie continue.
L’examen des urines ne donne ni albumine, ni sucre.
Les mictions sont rares.
23 avril. — Sous Vinfluence d’un courant faradique, le grand pectoral gauche se contracte énergiquement, le deltoïde du même côté se contracte faiblement; quant aux autres muscles du bras, de l’avant-bras et de la main gauche, ils se contractent également bien. — Hyperesthésie
y DOUZIÈME LEÇON. 227
delà jambe droite. — Les, muscles de, la jambe et du pied se contractent bien.
Traitement. — Injection de 20 gouttes de chlorhydrate de morphine.
24 av7'ü. — Hypéresthcsie de la face externe de la jambe droite, surtout au niveau de son tiers moyen. — L’électrisation est douloureuse, intolérable sur la jambe droite; supportable sur le membre thoracique droit.
25 avril. — Hypéresthésie moins prononcée de la jambe droite. = Douleur vive au niveau de la hanche droite.
Traitement. — Injection de chlorhydrate de morphine.
26 av7'il. — Electrüation. — Durant cette séance, la malade accuse quelques douleurs légères, en avant de la partie gauche de la poitrine et sur l’avant-bras du même côté; sur le deltoïde gauche qui se contracte à peine, et sur le bras gauche, l’électricité est faiblement ressentie. — Sur le membre abdominal droit l’électrisation est douloureuse, surtout sur la jambe, moins toutefois que le 24 avril.
1" mai. — Tous les deux jours, électrisation. — Tous les jours injection de chlorhydrate de morphine sur la hanche droite.
La malade se plaint d’éprouver depuis plusieurs jours, surtout la nuit, des frissons.
H 7nai. — L’électrisation est toujours pénible, surtout sur le membre abdominal droit. — Les muscles de l’épaule, à l’exception du deltoïde, ceux du bras et de l’avant-bras se contractent toujours bien.
— Malgré l’électrisation, flexion constante des orteils droits. — Points douloureux à la pression au niveau de la hanche droite et de la région dorsale (partie inférieure), calmés par les injections de chlorhydrate de morphine.
13 mai. — La malade dit avoir eu une selle sanglante.
16 mai. — Même état. — Même traitement. — Persistance des douleurs. — Électrisation intolérable à la jambe droite et sur le grand pectoral gauche.
Inappétence.
2 juin. — Depuis deux nuits, fourmillements et engourdissements dans la jambe gauche.
9 juin. — Douleurs aiguës depuis hier, partant du moignon de l’épaule gauche, suivant le trajet du nerf cubital jusqu’au petit doigt.
La jambe droite peut à peine supporter l’électrisation la plus légère.
i^juin. — Douleurs dans l’épaule et les muscles du cou à gauche.
— Raideur.
\i) juillet. — Faiblesse excessive, la malade ne prenant qu’un pota^-e par jour. — Vomissements intermittents. — Quelques vertiges.
14 août. — Diarrhée très-abondante la nuit dernière, accompa^’née
de 1 efi oidissement des extrémités, de crampes et de vomissements.
Potion extraite de ratanhia. — Thé au rhum,
1 septe^nbie. La malade ressent une douleur dans l’épaule droite et dans le coude, et des fourmillements le long du bord cubital de l’avant-bras et jusqu’au petit doigt.
Les mouvements de ce coté sont gênés par la douleur, mais il ne
paraît pas y avoir d’atrophie appréciable des muscles. — L’état du membre supérieur gauche et du membre inférieur droit est toujours le môme. La malade continue à prendre des injections de morphine en augmentant les doses.
1®^ décembre. — La malade ressent de nouveau, depuis quinze jours, de vives douleurs dans l’épaule droite et des fourmillements dans le bras correspondant.
Les deux bras sont souvent comme engourdis.
La malade continue à manger très-peu de chose.
Elle en est arrivée à prendre o seringues par jour de la solution de chlorhydrate de morphine au 50®, soit 10 centigrammes.
Les positions couchée et assise sont pénibles à la malade qui se tient debout le plus qu’elle peut.
21 décembre. — La malade n’a pas été à la selle depuis avant-hier. — Une bouteille d’eau de Sedlitz.
22 décembre. — La malade n’a pas été après la purgation. — Un lavement purgatif donné le soir n’a amené qu’une selle. — Scamonée 50 centigrammes.
27 décembre. — Même état.
1877. — Mai. — Depuis le mois de février, c’est-à-dire depuis que les désordres gastro-intestinaux ont cessé, la malade se trouve dans l’état suivant :
Membre supéi'ieur droit. — - Au lit, la malade est obligée de changer souvent de position, car toute attitude la fatigue; elle n’a donc pas un décubitus à elle propre; cependant, à son réveil, elle surprend souvent sa main gauche fermée sur son pouce, l’avant-bras fléchi sur le bras et le membre tout entier serré contre le corps dont elle ne l’écarte qu’avec peine et très-incomplétement ; mais il y a à faire la part entre l’ankylose de l’articulation scapulo-humérale et l’habitude de la malade de remplacer l’abduclion du bras par une flexion du corps vers le côté opposé et par l’élévation de l’omoplate.
Le moignon de l’épaule gauche est moins gros que celui de l’autre côté. 11 y a surtout atrophie des muscles de ce côté ; cependant l’électricité fait contracter très-visiblement les muscles de l’épaule qui ne relient pas les os soudés; mais la contraction est certainement moins forte dans ces derniers : ainsi, le faisceau antérieur du deltoïde se contracte plus énergiquement que le postérieur. Le creux sous-claviculaire du côté gauche est ainsi plus prononcé.
L’épaule droite est à peu près normale, si on considère que le sujet est assez maigre.
Le membre abdominal droit n’est jamais dans l’extension complète; la malade prétend que cette extension qu'elle peut exécuter, mais non conserver, provoque de la douleur dans ce membre, surtout dans la partie supérieure de la cuisse et externe du bassin; il lui semble qu’elle lutte contre une rétraction du fascia lata. Cette attitude de flexion delà cuisse sur le bassin, et de la jambe sur la cuisse, explique la différence, de longueur des deux membres inférieurs.
Les orteils sont fléchis en griffe, de telle sorte que leur extrémité antérieure porte sur le plan qui contient la face plantaire. Leur con-
DOUZIÈME LEÇON
tracture qui ne cède pas aux efforts de la malade, ne cède que très-peu à une influence étrangère.
La pointe du pied est abaissée, les muscles de la jambe sont impuissants c\ la relever, si on vient à suppléer à ce mouvement avec la main; la malade maintient son pied relevé une ou deux secondes, après quoi, la force musculaire épuisée, elle le laisse retomber. Les muscles delà jambe aussi bien que ceux de la cuisse répondent à un courant faradique, mais l’incitation électrique est impuissante ù. relever le pied, quoiqu’on aperçoive très-bien la tension des muscles fléchisseurs. Les jumeaux sont molasses.
Les muscles de la région plantaire ne se contractent pas plus sous l’influence électrique.
Le passage du courant faradique partout douloureux, plus ou moins, n’éveille ici aucune sensibilité, quoiqu'elle sente aussi bien là qu’ailleurs le contact, la pression ou le frottement.
La tôle est fléchie du côté droit et la face tournée en dehors de ce côté; mais la malade n’a là qu’une habitude qu’elle peut vaincre aussi facilement qu’une autre personne, aucune contraction musculaire et aucune cause articulaire n’étant en jeu.
Ma?'c/te. — La marche est fatiguante et légèrement douloureuse.
Dans la marche, la malade se plie en avant, sans que, pour cela, elle soit entraînée malgré elle par une propulsion.
L’inégale longueur de ses membres inférieurs est une cause de claudication du reste peu accusée et de flexion du corps à droite.
Dans la marche, la pointe du pied droit quitte à peine le sol, et le point d’appui de ce côté n’est pas la face plantaire, mais l’angle dièdre formé par cette face et la face externe du pied; la malléole externe ne porte pas. Après un peu de fatigue, c’est-à-dire uii quart d’heure, une demi-heure, la forme traînante de la marche et toutes ses imperfections sont plus accusées.
Quand la malade s’arrête debout, elle se tient sur le pied gauche, fléchissant plus que de coutume la jambe droite sur la cuisse qui est dans l’abduction pendant que la jambe est croisée sur la jambe gauche.
La malade reste très-peu assise, car il lui faut changer souvent d position, ce que cette manière permet peu.
Doulew's. — Elles reviennent moins souvent qu’autrefois, et sont moins violentes; cependant tous les mouvements sont un peu douloureux ; mais ce sont des douleurs sourdes dans ce cas, et qui n’arrôtent nullement la malade.
^ C’est assez souvent un sentiment de pesanteur et de constriction, s étendant quelquefois à tout le corps, mais plus marqué dans le bras gauche et la jambe droite ; d’autres fois, c’est la sensation d’une torsion, d’un déchirement tenant spécialement les masses musculaires du bras gauche, de la cuisse et de la jambe droite, ainsi que les muscles de la masse commune.
De temps à autre, il survient des fourmillements remontant de la périphérie au centre, durant de cinq minutes à un quart d’heure, rarement plus; d autres fois ce sont des élancements, ou môme, mais assez rarement, de véritables douleurs fulgurantes venant de la racine \
du membre, et descendant jusqu’à la périphérie ou suivant un trajet descendant dans les muscles de la région post-vertébrale.
Enfin, dans les articulations de l’épaule et du coude gauche, de la hanche, du genou et du cou-de-pied droit, elle sent presque continuellement des douleurs assimilables à celles du rhumatisme.
’ Le bras droit n’a guère que de l’engourdissement.
Le membre inférieur gauche n’a de pris que le genou.
Dans la colonne vertébrale, c’est plutôt la colonne lombaire et la demi-inférieure de la colonne dorsale qui sont atteintes de douleurs sourdes plus ou moins angoissantes avec des douleurs fulgurantes, mais très-rarement.
Etat {lénéral. — ■ La malade digère difficilement, supporte mal certains aliments tels que la viande, les légumes secs; elle se nourrit d’œufs, de lait, de fromage, de bouillon et de fruits. Les digestions sont accompagnées d’un sentiment de pesanteur longtemps après les repas ; cependant, depuis ces trois derniers mois, elle a très-peu de nausées et peut-être quatre ou cinq vomissements ainsi que trois ou quatre fois de petites diarrhées.
La malade a assez souvent des éblouissements qui ne durent guère que deux ou trois secondes, c’est surtout debout qu’ils surviennent; alors la malade se penche à droite et rétablit son équilibre sans tomber. Elle voit passer des nuages devant ses yeux, voit des points lumineux, qui disparaissent aussitôt, tension égale dans les deux yeux. Il lui arrive aussi d’avoir de la diplopie quand elle est fatiguée, mais ce symptôme ne dure pas.
Très-souvent, bourdonnements d’oreilles.
Presque toujours céphalalgies.
OBSERVATION III
Faradisation cjén croie.
On sait qu’après une faradisation générale intense, on observe des paralysies des membres, qui n’ont d’habitude qu’une durée assez courte (15 à 20 minutes). Ces paralysies sont dues à l’épuisement nerveux qui résulte de la suractivité fontionnelle de la moelle provoquée par le courant électrique ; on peut donc se demander si des faradisations générales répétées ne peuvent pas à la longue déterminer, non plus seulement des troubles fonctionnels, mais des lésions nutritives, inflammatoires. On comprend l’importance de ces recherches pour l’explication des myélites qui surviennent à la suite de surmenage, de travail excessif, etc., etc. J’ai entrepris, pendant mon cours, des expériences de ce genre; mais comme la faradisation poussée un peu loin détermine des arrêts de la respiration et de la circulation, il y a là une difficulté expérimentale assez grande; car, si
DOUZIÈME LEÇON. 231
(l’une part, le courant n’est pas assez intense, on n’obtient pas les phénomènes paralytic^ues, et, d’autre part, si la mesure estun peu dépassée, on tue l’animal. Il y a un juste milieu dans le- (|uel il est assez difficile de se maintenir.
Nous avons fait plusieurs expériences; nos animaux sont morts par arrêt du cœur ; mais je me propose de faire de nouvelles tentatives.
1877. — 2 mai. — Lapin gris-blanc dans la moitié postérieure du corps, blanc dans toute la partie antérieure. — Mâle.
On fait passer un courant faradique à travers le corps de l’animal, un électrode étant introduit dans le rectum et l’autre dans la bouche. L’appareil employé est celui de Siemens et Halske, mis en activité par la pile de Grenet, moyen modèle.
Le courant employé tout d’abord est mesuré par un écartement de la bobine au fil induit de 8 centimètres. Ce courant met l’animal en opisthotonos et arrête tout mouvement respiratoire.
On diminue l’intensité du courant jusqu’à ce que le lapin puisse respirer- spontanément pendant le passage de ce courant; le degré est alors indiqué par un écartement de 11 centimètres. On continue la faradisation pendant dix minutes, sans interruption. Au bout de ce temps l’animal est détaché et placé sur le sol. Il reste étendu sur le ventre, les quatre membres inertes, étendus en dehors, pendant quatre ou cinq minutes; il reprend ensuite l’attitude normale, marche d’abord avec un peu de difficulté, puis, bientôt, comme avant la faradisation.
9 mai. — L’animal a été électrisé chaque jour pendant dix minutes avec un courant de 11 centimètres.
A plusieurs reprises, on a essayé d’augmenter la force du courant, mais l’animal ne respirant plus, on a dû revenir au degré habituel (11 centimètres d’écartement).
Après la faradisation, l’animal est resté plus longtemps que de coutume affaissé sur le ventre.
10 mai. — Faradisation généralisée. — Après que le courant a passé pendant douze minutes, on agite la bouteille, pile de Grenet. — Peutêtre par suite de l’augmentation d’intensité du courant qui en résulte, la respiration et le cœur s’arrêtent, et l’on n’arrive pas à ramener les mouvements du cœur.
OBSERVATION IV
Uemngo-mg élite par injection de nitrate d'argent .
, 9 avril 1877.
Chien noir et blanc, terrier mâtiné.
Chloralisation par la veine saphène externe.
Moelle mise à découvert par ouverture du rachis, vers la partie postérieure de la région dorsale.
M. Yulpian injecte dans la moelle à travers la dure-mère deux ou trois gouttes d’une solution de nitrate d’argent au 100®. Il ne s’écoule qu’une petite quantité de liquide céphalo-rachidien.
10 avril. — L’animal est entièrement paraplégique ; il traîne derrière lui son train postérieur. Quand on presse sur Tune ou l’autre patte postérieure, on ne détermine aucun mouvement réflexe ni aucun signe de sensibilité.
12 avril. — Ce chien paraît moins malade que la veille où on l’a cru près de mourir.
13 avt'il. — Mouvements réflexes de chacun des membres postérieurs quand on presse du pied sur Tune ou l’autre patte postérieure. Sensibilité douteuse. L’animal traîne derrière lui tout son train postérieur. Le membre postérieur gauche paraît plus paralysé que le droit. L’animal se nourrit bien. Quand il se traine sur son train postérieur, il s’appuie sur la fesse gauche ; les deux membres postérieurs sont alors étendus en avant, le gauche plus ou moins raide, le droit dans l’extension sans raideur.
1®*^ mai 1877. — Le chien se tient depuis plusieurs jours, sur ses quatre membres ; il a de la raideur dans le train postérieur et de la faiblesse dans les deux membres postérieurs. Sensibilité de ces deux membres beaucoup moins vive à gauche qu’à droite. Courbure du rachis à convexité supérieure.
10 mai. — Sensibilité moindre de la patte gauche que de la patte droite : l’animal crie quand on marche sur les orteils du pied droit en même temps qu’il retire vivement cette patte; quand on marche de la même manière sur la patte postérieure gauche il retire à lui le membre correspondant, mais sans pousser de cris de douleur, il manifeste toutefois de la sensibilité par les grimaces significatives qu’il fait alors.
Les mouvements de marche sont désordonnés à un certain point dans les membres postérieurs ; l’animal fait deux ou trois mouvements de ces membres avant de les placer définitivement sur le sol, pour s’appuyer sur ses pattes ; ces mouvements des membres postérieurs ressemblent à ceux des ataxiques.
L’animal est bien portant comme santé générale ; il est alerte et se nourrit très-bien.
Ce jour là (10 mai) le chien est tué pour une expérience sur l’action de l’atropine et de la morphine. — On enlève la moelle épinière.
11 mai. — Au niveau du point où a été faite l’injection de nitrate d’argent, la dure-mère est adhérente d^ns une très-petite étendue à la moelle.
Au-dessous de ce point, les faisceaux postérieurs sont évidemment atrophiés, réduits de volume et très-grisâtres, surtout l’un d’eux, jusqu’à une certaine distance.
Au-dessus rien de net. — Du reste, tout est à revoir après durcissement de la moelle.
Résumé de l'examen microscopique. — Les faisceaux postérieurs sont
DOUZlÈxME LEÇON.
sclérosés, et atrophiés dans une étendue de 3 à4 centimètres au-dessus et au-dessous de la lésion. Cette atrophie porte surtout sur le faisceau postérieur droit. — Le canal central de la moelle est élargi, le tissu de l’épendyme est en partie détruit, le tissu péri-épendymaire est sclérosé dans une largeur de 1 è 2 millimètres. — La lésion ne reste pas bornée autour du canal central, elle envahit la partie la plus interne des cordons antérieurs, de sorle que, sur une coupe de la moelle au niveau de la piqûre, on voit d’arrière en avant: — a) une sclérose très-avancée des cordons postérieurs; — b) traces du tissu de l’épendyme qui est en partie détruit, élargissement du canal central; — c) épaississement du tissu péri-épendymaire qui enveloppe le canal central dans une gangue de la sclérose ; — d) sclérose de la partie la plus interne des faisceaux antérieurs. — Les cellules nerveuses de la substance grise paraissent saines. — A mesure que Ton s’éloigne de la piqûre, la lésion se limite autour du canal central et on en trouve encore des traces à 13 centimètres au-dessus et à 6 ou 7 centimètres au-dessous. — A ce niveau, les faisceaux antérieurs ou postérieurs ne présentent plus d’altérations.
Celte observation est intéressante à plusieurs points de vue, j’appellerai surtout votre attention sur le siège des lésions et sur leur extension. Nous avons, par cette injection, déterminé en quelque sorte une myélite péri-épendymaire. 11 y a bien eu une inflammation violente des faisceaux postérieurs au niveau de l’injection; mais celte intlammalion s’est localisée bientôt autour du canal central ; et, tandis que la lésion des faisceaux restait limitée au voisinage de la piqûre, la myélite centrale envahissait une grande étendue de la moelle.
OBSERVATION V
Lorsque l’on administre le bromure de potassium à forte dose pendant un certain temps, on détermine un affaiblissement musculaire considérable et une paraplégie plus ou moins complète, avec incontinence de l’urine et des matières fécales. — Ces accidents sont ordinairement passagers, et si l’on cesse la médication lorsque le malade ne présente encore que de l’affaissement, on évite des paraplégies durables. La force musculaire revient rapidement. On n’est pas fixé sur la cause de cette paralysie (I), et dans le but d’éclaircir ce point, j’ai soumis un chien à de fortes doses de bromure de potassium.
(I) Je vous rappelle, ainsi que je l’ai dit à propos de l’étiologie de la in^élile,
Vous verrez par le détail de l’observation que la faiblesse était devenue très-grande. — Je me proposais de continuer les injections de bromure de potassium le plus longtemps possible, et, après avoir déterminé une paralysie absolument complète et durable, d’examiner la moelle, mais, sous rinlluence de la débilité extrême produite par la médication, et c’est là un point important sur lequel j’appelle votre attention, les animaux, ainsi que je l’ai observé plusieurs fois, sont prédisposés à contracter facilement diverses maladies et entre autres des bronchopneumonies. Ils sont pour ainsi dire dans un état d’opportunité morbide, et une cause qui normalement ne produirait rien sur eux, détermine alors une manifestation morbide.
Ce chien est mort de broncho-pneumonie.
1877. — 10 février.
Chien de chasse de grande taille, mâle, feu et blanc, très-alerte, qui est au chenil depuis plusieurs mois ; il a la gale des chiens; il n‘a pas mangé depuis la veille au soir.
Au moyen de la sonde œsophagienne, on lui ingère dans l’estomac 12 grammes de bromure de potassium dissous dans lOü grammes d’eau. Il est alors 2 heures de l’après-midi.
Une heure plus tard on administre à l’animal, toujours par le môme procédé, 3 autres grammes de bromure de potassium dans 30 grammes d’eau.
Aussitôt après avoir donné cette solution on fait promener l’animal afin d’éviter qu’il soit pris de vomissements.
A 4 heures 30 minutes, l’animal n’a pas vomi ; il mange avec avidité les débris d’aliments qu’on lui donne.
11 février 1877 et lendemain. — Même quantité de bromure de sodium. L’animal mange avec voracité.
13. — L’animal est toujours aussi bien portant. Pour la dernière fois on le badigeonne avec de la benzine (une région du corps seulement est frictionnée chaque fois avec la benzine).
Vomissements muco- spumeux après l’ingestion stomacale des 17 grammes de bromure de potassium. Faiblesse, l’animal se supporte difficilement sur son train postérieur.
13. — La veille on n’a pas donné de bromure à l’animal qui est aujourd’hui parfaitement portant et très-alerte, ün constate la présence du brome dans les urines.
Au lieu de donner le bromure à l’animal à jeun, on commence par donner de la nourriture. L’animal dévore avec avidité des morceaux de muscles de chien. L’ingestion stomacale de 12 grammes de bromure faite quelques minutes après ne détermine aucun trouble apparent.
que chez un chien soumis au bromure de potassium à fortes doses et complètement paraplégique, j’ai trouvé une prolifération cellulaire peu abondante dans le tissu péri-épendymaire.
, ' DOUZIÈME LEÇON
' Pour la seconde fois, on donne à manger à l’animal, puis on lui ingère 3 grammes de bromure de potassium qui ne produisent aucun accident.
IG février 1877. — Même ingestion de bromure, pas de vomissements.
Une demi-heure environ après l’ingestion du bromure de potassium l’animal paraît avoir des coliques.
18 février 1877. — On a oublié la veille d’administrer au chien sa ration de bromure de potassium. Il est du reste fort bien portant. Même opération que celle du IG.
19. — On donne d’un seul coup les 17 grammes de bromure de potassium, en ayant soin toujours de donner d’abord à manger à l’animal.
20. — On donne d’un coup 20 grammes de bromure de potassium dans 100 grammes d’eau, puis 5 grammes dans 30 grammes d'eau. On a pris soin de donner à manger à l’animal avant chaque ingestion de sel de potassium. L’animal est toujours aussi bien portant et aussi vorace. Sa gale guérit évidemment.