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ses dégénératrices, si fatales pour les individus, le sont également pour la famille et pour l'espèce. » (Morel).
Il est bien hasardeux et bien décourageant pour un médecin, qui a en vue la guérison des maladies, de prononcer le mot de fatalité. Mais il y a un bon destin comme il y a un mauvais destin. Si les faibles engendrent des faibles, fortes creantur fortibus, (Horace), peut-être même pourrait-on dire : fortiores creantur fortibus. Mais nous n’envisageons pour le moment que le mauvais destin, c’est-à-dire le résultat de l’état morbide. C’est une réalité devant laquelle il faut s’incliner : nous venons de voir qu'elle a été admise depuis longtemps. De nos jours les doctrines de Darwin l'ont expliquée : la sélection exige, pour le bien de l’espèce elle-même, que les races viciées disparaissent. Les romanciers contemporains ont étudié et compris dans leurs détails les différents modes de la dégénérescence, et parmi eux M. Zola surtout nous a émus de pitié par les tableaux qu’il a tracés de nos semblables, disgraciés de la nature. L'histoire des Rougon-Macquart est en somme le drame de l’hérédité qui finit par prendre conscience d’elle-même. N'est-ce pas l'histoire de l’humanité? Où ne retrouve-t.on pas aujourd’hui l’idée d’hérédité ? Ibsen, un novateur, dit, dans une conversation rapportée par Hugues le Roux (1), que chacun de nous est la résultante nécessaire de ses hérédités. Renan, qui n’a «jamais beaucoup souffert », a le mérite de reconnaître son bon destin. « Tout ce que nous faisons, tout ce que nous sommes est l’aboutissant d’un tra-
(1) HuGues LE Roux. — Le Journal, 15 octobre 1893.