LOIS GÉNÉRALES DE L 'OSSIFICATION DU SQUELETTE
Dès 1819, Serres a donné sur la formation des os symétriques, des éminences et des cavités osseuses les trois formules suivantes :
1° Tout os médian a été primitivement double (loi de symétrie) ;
2° Toute saillie osseuse a un point d'ossification particulier (loi des éminences) ;
3° Toute cavité est formée parla conjugaison de deux ou plusieurs pièces.
Les principales formules de A. Bérard sur l'ossification des os longs paraissent pouvoir se résumer ainsi :
L'épiphyse d'un os qui se soude la première avec la diaphyse ou bien se développe conjointement avec elle, est celle vers laquelle se dirige le conduit nourricier.
Vraie pour les os longs de l'homme, celte formule ne saurait s'appliquer aux côtes qui, comme on le sait, n'ont pas de conduit nourricier.
D'après Sappey le premier point épiphysaire d'un os long apparaît sur son extrémité la plus volumineuse. Vraie pour le radius, cette loi est inexacte pour le cubitus.
Pour Ollier, Wolff l'ossification est plus rapide à l'extrémité delà diaphyse qui se soudera le plus tard avec l'extrémité correspondante. On a fait remarquer que quand un os long manque de point complémentaire à l'une de ses extrémités, c'est vers celle-là que se dirige le trou nourricier. Quanta Kolliker, il admet que les épiphyses croissent avec plus d'énergie du côté de l'articulation que du côté du corps de l'os.
Dans une communication récente (1), notre ami Alexis-Julien s'occupant de l'apparition du premier point épiphysaire d'un os long propose la formule suivante :
Le premier point épiphysaire d'un os long apparaît toujours sur
(1) Académie des sciences, Jl avril 1892. M. Picqué avait déjà dit que le premier point épiphysaire d'un os long mono-épiphysaire apparaît sur son extrémité la plus mobile. Vraie pour les côtes, la clavicule, les phalanges et les premiers métacarpien et métatarsien, cette formule est inexacte pour les quatre derniers métacarpiens et métatarsiens dont les deux extrémités sont également fixes.