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SCARLATINE. ROUGEOLE

Salter (1) a bien étudié les ostéites des mâchoires liées à la variole, à la rougeole, à la scarlatine surtout (exanthe matous yaw necrosis). Ordinairement c'est quelques semaines, ou même deux mois après la scarlatine que survient cette complication, et cela surtout chez les enfants de trois à huit ans. La muqueuse gingivale est décollée par

(1) Salter, Holmes Syst. of surgery, 1864, vol. IV.

OSTÉOMYÉLITES INFECTIEUSES POSTFÉBRILES.

une suppuration abondante, le maxillaire est dénudé, et le bord alvéolaire se nécrose plus ou moins ; il en résulte la perte des germes dentaires. Les lésions de l'oreille moyenne sont bien connues, le rocher peut être le siège d'ostéopériostites avec ou sans nécrose.

Les côtes auraient été atteintes d'ostéite suppurée. Les os courts du pied, de la main, peuvent être touchés. Fischer aurait perdu trois petits malades à la suite de lésions ostéo-articulaires aiguës du carpe et du tarse.

Graves a signalé l'inflammation du tissu osseux des vertèbres cervicales. Kennedy (1), des décollements épiphysaires.

Toutefois, Witzel se demande si dans ces cas comme dans ceux relatés par Hauff (pour le coude), Hamburger (pour le métatarse et le métacarpe), il s'agit réellement de complications primitivement et non secondairement osseuses. A vrai dire, les deux hypothèses nous paraissent acceptables.

Les os longs (fémur et tibia) peuvent être certainement le siège d'ostéites juxta-épiphysaires d'origine scarlatineuse.

Albert (2) en a fait connaître un cas ; nous en avons observé plusieurs, quelques années après la fièvre éruptive, les malades revenant dans les hôpitaux pour se débarrasser de fistules et de séquestres.

Quant à la pathogénie de ces complications, faut-il admettre qu'elles sont dues à des microbes pyogènes ordinaires? Nous le pensons, sans pouvoir formuler une opinion absolue, faute de preuves convaincantes.

Relativement à la rougeole, tous les cliniciens savent combien elle prédispose aux localisations tuberculeuses sur les os ou les articulations ; dans l'immense majorité des cas, elle paraît préparer le terrain pour le bacille de Koch.

Il est rare que des ostéomyélites aiguës, morbilleuses à proprement parler, apparaissent à la suite de cette maladie. Demme en a signalé deux cas survenus chez des enfants de cinq ans et de neuf ans, l'un aussitôt après la disparition de l'éruption, l'autre cinq semaines plus tard. Dans les deux cas, l'extrémité supérieure du tibia étant en cause, la guérison s'effectua assez rapidement après incision de l'abcès, mais sans nécrose.

Les recherches bibliographiques que nous avons faites nous permettent de croire que ce sont là des complications rares de la rougeole.

Les préceptes thérapeutiques généraux déjà formulés permettent de ne pas insister sur le traitement.

(1) Kennedy, Medic. surg. Revievi, 1843.

(2) Albert, Wiener medic. Presse, 1887.

§ 3. — Lésions osseuses consécutives à l'érysipèle, la fièvre puerpérale, la diphtérie, l'influenza, la pneumonie, la blennorrhagie.

SUPPURATIONS OSSEUSES CONSÉCUTIVES A L'ÉRYSIPÈLE, LA FIÈVRE PUERPÉRALE.

L'existence d'ostéomyélites suppurées chez les enfants, peu après la naissance, paraît être en rapport avec l'infection de la mère et la circulation de streptocoques dans le sang. Lebedeff, qui rapporte un cas d'accouchement prématuré survenu huit jours après la guérison d'un érysipèle de la mère, aurait trouvé dans les vaisseaux de l'enfant (mort dix minutes après la naissance), des streptocoques caractéristiques.

La fièvre puerpérale, l'érysipèle peuvent donc être des causes d'infection chez le nouveau-né. Il en est de même des érysipèles qui se développent autour de la petite plaie ombilicale. Les exemples de ces diverses variétés ne sont point d'une extrême rareté; nous en avons observé plusieurs à la Charité ; nous n'avons toutefois aucune donnée à fournir sur leur nature bactériologique. Chez l'adulte nous verrons que l'érysipèle peut être la cause de suppuration de fractures simples, récentes et même consolidées. Comme le dit Mirovitch(l), l'ostéomyélite à streptocoques se différencie delaforme classique (à staphylocoques) surtout bactériologiquement ; la différence symptomatique ou, pour mieux dire, le type clinique est encore à faire.

Nous ne connaissons aucun fait prouvant l'apparition de lésions osseuses dans le cours de la diphtérie et sous la dépendance du bacille de Loffier. La fréquence de formes mixtes à staphylocoques ou à streptocoques, la possibilité d'infection surajoutée au niveau du pharynx ou de la plaie résultant d'une trachéotomie, peut être la porte d'entrée et la cause d'une ostéomyélite aiguë. Lannelongue en a rapporté un bel exemple.

Par contre, on sait que les manifestations articulaires sont assez fréquentes au cours de la diphtérie.

INFLUEXZA.

Dans l'intéressant travail consacré à la grippe-influenza, par M. le professeur Teissier (2), nous n'avons pas trouvé de relation de

(1) Lebedeff, Zeitschrift f. Geburtsch., 1886. — Allard, Th. Paris, 1890. — Chipault, Bull. Soc. anat., 1890. — Mirovitch, Th. Paris, 1890.

(2) Professeur Teissier. La grippe-influenza, 1893. Baillière, p. 134.

OSTÉOMYÉLITES INFECTIEUSES POSTFÉBRILES.

complications osseuses. Ces dernières sont certainement rares. Witzel (1) relate cependant plusieurs cas de périostite du tibia, du fémur, marquée par l'augmentation du volume de l'extrémité osseuse, la douleur; ... dans un cas il y eut un abcès qui fut ouvert au bout de quatre semaines et qui renfermait des streptocoques à l'état pur. Le fémur dénudé en un point ne se nécrosa pas, la guérison fut rapide.

Nous tenons à citer en terminant le fait suivant observé par Teissier ; il s'agit d'une ostéomyélite du genou présentant tous les caractères de l'arthropathie tabétique. La malade présentait une hydarthrose considérable du genou droit avec tuméfaction énorme des extrémités articulaires et distension considérable des ligaments : cette distension permettait d'imprimer au membre des mouvements très accentués de latéralité, de telle sorte que le genou paraissait complètement disloqué. Chose singulière, comme dans l'arthropathie tabétique, ces accidents s'étaient produits sans douleur bien accusée, sans rougeur marquée à la peau : la gène seule que le malade éprouvait pour marcher et la tendance du genou à se déformer en dedans avait attiré l'attention de la patiente. Il y avait en plus de la diminution du réflexe patellaire du même côté, une empreinte plantaire caractéristique, ce qui achevait de compléter le tableau et rapprochait étroitement cette arthropathie des arthrites myélopathiques du tabès dorsal. M. Teissier n'hésite pas à attribuer cette ostéo-arthropathie à l'action sur l'axe spinal de poisons que l'examen de la toxicité urinaire ne permettait pas de nier.

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