‹ Maladies infectieuses et parasitaires des osChapitre 108 sur 163 · EX · texte numérisé non relu

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ficative. La plupart des travaux ayant trait à cette question sont intitulés de manière à bien marquer le caractère clinique si important sur lequel nous insistons; exemples : l'ostéite à forme névralgique de Gosselin, d'Ollier, les abcès douloureux, de Golay...

La cause des douleurs réside, sans doute, dans l'étranglement des filets nerveux intra-médullaires, par suite de processus de sclérose ostéo-fibreuse. Sur un malade du service de M. Ollier (atteint il est vrai d'abcès proprement dit), M. le professeur Renaut a pu reconnaître la richesse en filets nerveux amyéliniques, d'un fragment de tissu médullaire pathologique correspondant à un point particulièrement douloureux. Il serait à désirer que de nouvelles recherches complémentaires fussent tentées dans cette voie.

La trépanation paraît agir par le débridement, la destruction d'éléments nerveux et, comme le pense Ollier, par des changements dans la circulation locale.

Le diagnostic des ostéites névralgiques sans hyperostose doit surtout être établi comparativement avec les douleurs de croissance et les douleurs ostéocopes d'origine syphilitique. L'âge des sujets, la fixité et l'intensité des douleurs sont autant d'éléments importants; de même l'existence d'une fièvre typhoïde antérieure pourra établir le diagnostic.

L'examen du malade, son interrogatoire permettront, comme le succès de la médication spécifique (traitement mixte, iodure de potassium et mercure), de reconnaître s'il s'agit de la syphilis.

Quant au traitement chirurgical, c'est à la trépanation qu'il faudra recourir.

Nous ferons remarquer à ce sujet que l'on ne tombe pas toujours d'emblée, malgré l'indication fournie par la douleur, sur le point qu'il faut débrider, et qu'il peut être nécessaire de faire plusieurs trépanations. 11 est important de les disposer dans le sens longitudinal, de ne pas en multiplier le nombre, car on courrait le risque de diminuer la résistance du levier osseux.

Ollier a vu deux fois des fractures consécutives sur des femmes qu'il avait opérées. Une de ces malades était une fille de vingt ans qui avait eu une ostéite névralgique sur les deux tibias a. la suite d'une fièvre typhoïde. Elle se brisa le tibia droit, dans une chute qu'elle fit en glissant sur le parquet, trois mois après la trépanation.

Sous le nom de forme sclérosante non swppwre'e(sklerosierende nicht eitrige Form), Garré (1) décrit certains faits rares d'ostéomyélite infectieuse, caractérisés par l'épaississement de l'os sans production du

(I) Garré, Beilrâge zur klin. Chiv., 1893.

OSTÉOMYÉLITES ET OSTÉOPÉRIOSTITES INFECTIEUSES. 503

pus. Dans la plupart des cas, la maladie se montre avec tout l'appareil habituel de l'ostéomyélite aiguë : fièvre élevée, tuméfaction d'une extrémité osseuse, douleur, infiltration inflammatoire des parties molles faisant craindre un abcès.. Puis, peu à peu, lafièvre tombe, l'infiltration disparaît et le malade guérit, ne conservant qu'une tuméfaction plus ou moins marquée de l'os atteint. Kliipfel (1) en a publié un exemple typique. Ce fait, comme ceux publiés par Garré, n'a rien qui doive nous surprendre ; ils appartiennent au groupe des ostéomyélites infectieuses chroniques et tiennent le milieu entre la forme bénigne décrite ici-même, et la forme grave, dont le type se trouve assurément dans les observations de Morrant-Baker, Trélat, Berger... étudiées plus loin.

Nous devons faire remarquer en terminant que la forme chronique d'emblée, ci-dessus décrite, peut aboutir aux mêmes lésions (abcès et séquestres) que l'ostéomyélite aiguë. La suppuration peut se manifester très tardivement, et l'on n'est jamais sûr, comme le dit Even, qu'une hyperostose chronique d'emblée ne suppurera pas au bout de longues années, avec ou sans causes déterminantes. Une malade de Even (2) présentait depuis huit à neuf mois une tuméfaction de l'extrémité inférieure de l'humérus; baignée à Lourdes pendant qu'on manipulait son bras, elle fut prise d'une poussée aiguë qui nécessita la trépanation à la gouge et au maillet à son retour à Paris. Ce pus, intra-médullaire, renfermait des staphylococcus aureus à l'état de pureté.

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