DES GREFFES OSSEUSES
La question si intéressante des greffes osseuses constitue une annexe naturelle des notions physiologiques précitées.
Ollier (2) est le premier qui réussit à transplanter des os sous la peau, ou dans des régions où il n'y a pas de tissu osseux. Le 28 mars 1859, il communiquait, à l'Académie des sciences, la relation d'une expérience dans laquelle il avait réussi, sur le lapin, à changer de côté des fragments de la diaphyse des radius, mettant à droite celui du radius gauche, et inversement.
Il a pu échanger des os entre des animaux de même espèce ou d'espèces différentes. Les fragments transplantés continuent de vivre et de s'accroître en épaisseur, grâce au périoste. Cependant, les transplantations, chez des animaux d'espèces différentes et surtout éloignées, ne réussissent pas. Du reste, voici quels sont, en définitive, les résultats présentés par Ollier au Congrès de Berlin :
Les greffes animales s'exercent dans trois conditions différentes :
1° Le transplant peut être pris sur le sujet lui-même dans une autre région du corps. On transplante alors, sur le même individu, un lambeau de sa propre substance; ce sont les greffes autoplastiques ;
2° Le transplant peut être pris sur un sujet différent, mais de la même espèce. On transplante alors un fragment d'os sur un autre individu, mais dans un terrain analogue, on peut même dire identique, si le transplant et le sujet récepteur sont du même âge et dans les mêmes conditions physiologiques; ce sont les greffes homoplastiques ;
(1) Tome III, p. 410.
(2) Ollier, Traité de la régénération des os, t. I et II, 18G7 ; Greffes osseuses. Bull. Acad. méd., 'i avril 1872; Traité des résections, t. î, p. 571-577, t. III, p. 280; Arc/lin. de phys. normale et pathol., 1889; Ostéogenèse chirurgicale . Rev. chirurgicale, 1891.