‹ Maladies infectieuses et parasitaires des osChapitre 137 sur 163 · SIÈGE DES KYSTES SUR LES OS PLATS · texte numérisé non relu

SIÈGE DES KYSTES SUR LES OS PLATS

L'étendue, la structure spongieuse, aréolaire, qui font du diploé de l'os iliaque une sorte de lac sanguin, peuvent être invoquées pour expliquer la prédominance de ses altérations. Peut-être aussi, la circulation subit-elle dans son intérieur un très léger ralentissement, créant des conditions favorables à l'arrêt de l'embryon hexacanthe charrié par le sang.

L'iléum était atteint dans tous les cas, sauf celui de Denonvilliers, où le pubis était seul lésé ; l'ischion était fréquemment intact; au contraire, l'acétabulum presque toujours détruit.

Il n'existe qu'une observation d'échinocoques de l'omoplate développés au niveau de l'angle inférieur de cet os, et ayant nécessité à plusieurs reprises l'intervention chirurgicale. Cruveilhier (1) relate un cas de tumeur hydatique « énorme située en partie dans la fosse sous-scapulaire et partie dans la fosse sous-épineuse. Ces deux parties du kyste communiquaient entre elles par une ouverture étroite creusée aux dépens de l'omoplate. » Mais la lésion a-t-elle débuté par l'os, l'a-t-elle au contraire usé et perforé? Les renseignements précédents sont insuffisants pour nous l'apprendre.

Nous avons mentionné un fait de lésion du sternum. La pièce n'a pas été examinée complètement, et il n'existe aucune relation clinique de ce cas. Dans une communication à la Société de médecine de Berlin, Virchow (2) l'a présentée sans l'accompagner de commentaires, et simplement à titre de curiosité pathologique.

Crâne. — Les lésions du crâne sont rares. Trois fois sur quatre, les kystes se sont développés dans le sinus frontal qu'ils ont fini par remplir et distendre énormément.

Bien qu'ils aient vraisemblablement pris naissance dans la muqueuse du sinus, nous n'hésitons pas à les comprendre dans nos descriptions. Nous avons intentionnellement éliminé l'observation de Dupuytren, souvent citée dans les auteurs. Les détails en sont trop incomplets, pour que l'on puisse dire si ce chirurgien a voulu désigner un kyste développé dans le muscle temporal ou dans l'os de même nom. La première hypothèse nous paraît être la plus vraisemblable. Dupuytren dit, en effet, que « c'était une hydatide qui s'était développée dans le corps du temporal » (3). Heinecke (4), tout en acceptant comme authentique le fait de Dupuytren, récuse

(1) Article Acéphalocystes. Dictionnaire en 30 volumes, p. 267.

(2) Virchow, Berlin, klin. Wochenschr., 1884, p. 824.

(3) Dupuytren, Clinique chirurgicale, t. 1.

(4) Heinecke, Deutsche Chirurg. von Billroth und Luecke (1882). Bd. XXI, p. 200.

celui de Baudeloeque-Guesnard, prétextant qu'il s'agit là d'un kyste développé entre l'os et la dure-mère. Ce motif n'est pas valable, si l'on admet que la dure-mère n'est que le périoste interne du crâne. Nous ajouterons, en outre, que, loin de proscrire ce cas, nous le tenons comme un type remarquable de la forme multiloculaire.

Rachis. — On a fréquemment signalé des lésions du rachis déterminées par des tumeurs hydatiques. Mais l'analyse de ces faits nous a conduit à rejeter la plupart d'entre eux. Sans doute nous trouvons souvent relatée la destruction par usure des diverses parties des vertèbres et des côtes avoisinantes ; mais il n'y a pas là d'envahissement du squelette par le parasite. Aussi, n'avons-nous retenu que les cas dans lesquels les auteurs ont nettement indiqué la présence d'hydatides dans l'intérieur même du tissu osseux.

Les lésions vertébrales occupaient .

La région sacrée 3 fois.

Généralement caractérisées par la destruction plus ou moins étendue d'un seul ou de plusieurs corps vertébraux, elles ne portaient, dans un aucun cas, sur le tissu compact des lames et des apophyses épineuses. Refoulées par la poche kystique, usées, déformées, ces parties n'étaient pas envahies par les vésicules.

Notons, en terminant, que la région sacro-lombaire a été plusieurs fois atteinte (o fois) consécutivement à l'os iliaque.

Côtes. — Dans un cas de Talini il existait un grand nombre de petites vésicules dans le tissu spongieux de la cinquième côte droite, il en était résulté la nécrose de plusieurs fragments osseux.

Sternum. — Yirchow signale seulement un cas d'échinocoque du sternum. La pièce n'a pas été décrite.

Les dimensions des tumeurs hydatiques sont des plus variables. Ont-elles fait éclater la coque osseuse qui les enveloppait au début, leur expansion se fait avec rapidité et, tandis que du côté de l'os les lésions restent assez limitées en apparence, dans les parties molles le kyste se développe et s'étale à son aise. Si l'on ne tenait compte que des dimensions respectives des portions intra et extra-osseuses des lésions, on serait tenté d'admettre que le tissu osseux a été envahi secondairement. Mais, nous le répétons, une telle interprétation reste des plus discutables si l'on tient compte de ce fait, démontré par les nécropsies, que les kystes des parties

dorsale. .

lombaire cervicale

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