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I. LÉSIONS DES ARTICULATIONS

Les articulations ne constituent pas des barrières suffisantes pour arrêter la marche de la maladie. Soulevés par les vésicules, mais non envahis, les cartilages diarthrodiaux finissent par se détacher et disparaître plus ou moins complètement. Les hydatides pénètrent alors dans la jointure et peuvent aller infiltrer l'extrémité osseuse saine, continuant ainsi leur œuvre destructive. Il en résulte des altérations osseuses multiples sur le même sujet (14 cas, 26 lésions). La hanche est-elle envahie? L'extrémité supérieure du fémur est souvent luxée dans le bassin à travers la cavité cotyloïde défoncée ; l'iléum est atteint, puis le sacrum et enfin les dernières lombaires. La cavité articulaire n'est plus alors qu'une dépendance de la poche hydatique, et contient comme cette dernière un liquide puriforme au milieu duquel flottent des vésicules et quelquefois aussi des séquestres.

Treize fois des lésions articulaires ont été signalées, elles se répartissent ainsi :

Articulation sacro-iliaque 5

— coxo-fémorale 6

— féiuoro-tibiale 1

— phalangienne 1

Dans un cas, les deux extrémités articulaires en contact (fémur et tibia) étaient infiltrées de vésicules, offraient dans leur intérieur des excavations avec séquestres, et cependant l'articulation n'était pas envahie.

Ce fait offre un intérêt notable à différents points de vue. En présence de lésions concomitantes de la tête du fémur et de l'acétabulum, la plupart des observateurs pensent qu'il y a eu envahissement secondaire de la tête fémorale après ouverture dans la jointure d'un foyer acétabulaire. Aucun n'émet l'hypothèse d'une infection simultanée des deux surfaces articulaires. Celle-ci est cependant possible, comme le démontre le fait précédent. On voit de plus que des foyers hydatiques très voisins peuvent se développer aux dépens de plusieurs parasites. Cette idée de l'envahissement d'une région osseuse par un plus ou moins grand nombre de parasites a été quelquefois émise, sans être appuyée par aucun fait probant. Les détails précédents en confirment l'exactitude (1).

Lésions des gaines séreuses. — Fricke signale dans son observa-

(1) Chez un malade il survint une arthrite purulente scapulo-huniérale consécutive à la suppuration du canal médullaire.

tion l'ouverture delà bourse synoviale du psoas, « qui était également remplie de petites hydatideset communiquait avec l'articulation par une ouverture grande comme un petit pois ».

Lésions des muscles. — Les masses musculaires qui avoisinent les lésions sont le plus souvent refoulées, atrophiées; par le développement des hydatides hors du tissu osseux. 11 en était ainsi dans le

cas de Fricke cité plus haut. Le psoas iliaque était transformé en un tissu épais comme du cuir et n'était plus représenté que par quelques fibres difficilement reconnaissables.

Dans les observations de Dupuytren, Stanley, Pihan, Kuster, Hahn, les vésicules étaient disséminées en très grand nombre dans les interstices musculaires.

De la grosseur d'une tête d'épingle, d'un pois ou même d'une noix, elles étaient entourées par du tissu cellulaire épaissi sous forme d'enveloppe. Elles n'adhéraient point à celle-ci, sauf quelquefois en un point, par une sorte de prolongement (Trendelenburg).

Lésions des vaisseaux. — A part les lésions déterminées dans les capillaires osseux par le développement même du parasite, on peut dire que les vaisseaux d'un certain calibre sont indemnes dans l'immense majorité des cas. Nous ne possédons qu'un seul exemple d'ulcération artérielle produite par des hydatides osseuses. Dans le fait unique de Dixon (1), on voit un kyste émané des vertèbres cervicales, comprimer la sousclavière et en déterminer l'ulcération.

Fig. 99.

A, extrémité inférieure du fémur infiltrée de petites vésicules bydaliques. Le condjle interne est creusé d'une caverne conlenan t un séquestre.

— B, extrémité supérieure du tibia infiltrée de vésicules et présentant une excavation analogue à celle du fémur. — C, vésicule liydatique volumineuse, allongée, située dans le canal médullaire (Halm).

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