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CHAPITRE VIII

ACTINOMYCDSE DES OS

§ 1. — Historique.

Nous étudierons dans ce chapitre les altérations osseuses déterminées chez l homme par Yaclinomyces.

C'est Bollinger (1) qui démontra le premier, en 187", la nature parasitaire d'une tumeur de la mâchoire du bœuf rapportée jusqu'alors à la scrofule, au spina ventosa, à l'ostéosarcome. Il rattacha nettement la production de ces lésions à la présence d'un parasite végétal, qu'il retrouva du reste dans des formations analogues de la langue, du pharynx, de la muqueuse gastrique.... Toutefois, de 1868 à 1873. Perroncito avait étudié l'ostéosarcome du bœuf et signalé les formes décrites par Bollinger, mais il niait toutes relations entre le champignon et la tumeur. Quant à Rivolta (2), il hésita à rattacher au règne végétal ces productions, et fit sans succès quelques tentatives d'inoculations sur le lapin.

A son avis, le champignon serait un discomycète, il le nomme Sarcomyces bovis. Quant à l'ostéosarcome du bœuf il aurait déjà été parfaitement vu etdécrit parTruetta.à Xaples, en 1785. Comme le fait justement remarquer Longuet ^3;, jusqu'ici l'observation de Bollinger « n'allait pas au delà d'une acquisition de botanique cryptogamique, en vétérinaire d'une portée doctrinale et pratique limitée. L'histoire ultérieure de l'actinomycose peut être citée comme le meilleur exemple de l'utilité des études de pathologie comparée».

Le remarquable mémoire de Ponfik (4), publié à l'occasion du jubilé de Yirchow, devait donner une impulsion nouvelle aux travaux en précisant les notions, encore vagues, éparses dans les publications.

(1) Bollinger, Ueber eine neue Pilzkrankheit b. Rinde [Cenlralbl. f. med. Wiss., 1S77, n° 27)"

(2) Rivolta, Journ. de médec. vétéria. Revue italienne, par Cornevin, 1SS0.

(3) Longuet. Union médicale, 1S83.

(4) Ponfick, Ueber eine eigenthumliche F.... (Rerlin. k/in. Woch., 1879). — Die Actiîiomykose des Menschen,eine neue Infectionskrankheit, 1S32.

ACTINO MYCOSE DES OS.

Ponfick (de Breslau) avait eu l'occasion d'étudier l'actinomycose sur des pièces mises à sa disposition par Esser (de Gœttingue). En 1879, en pratiquant l'autopsie d'un sujet mort dans le marasme à la suite de lésions chroniques du poumon, avec .carie costale, abcès dorsal, il retrouva dans le pus des trajets fîstuleux, des granulations blanc jaunâtre, caractéristiques de la présence de Vactinomyces du bœuf. L'examen histologique ne fit que confirmer cette opinion. Le même parasite qui déterminait l'ostéosarcome du bœuf était donc susceptible de produire des désordres étendus, viscéraux, osseux chez l'homme.

Il résultait de cette découverte qu'une nouvelle maladie infectieuse prenait place dans la nosologie. En compulsant les observations publiées, Ponfick n'hésitait pas à ranger dans l'actinomycose deux faits singuliers d'Israël (1) présentés par cet auteur comme une forme spéciale de pyohémie, sous la dépendance d'un parasite végétal. Bien plus, Langenbeck (2), ayant vu les préparations d'Israël, reconnaissait trait pour trait ce qu'il avait observé lui-même trente ans auparavant àKiel. L'affirmation de Langenbeck mérite qu'on s'y arrête, et nous partageons complètement l'opinion de M. Longuet. L'observation de Langenbeck est très nette et les planches qui l'accompagnent ne laissent aucun doute. De même la description d'Israël est tout aussi probante que celles de Bollinger et de Ponfick. Somme toute, les droits de priorité d'Israël sont indiscutables. Il ne lui a manqué que les références d'un botaniste pour donner au champignon et à la maladie qu'il détermine, la dénomination qui leur convient.

Ponfick a établi l'identité du parasite chez l'homme et chez lebœuf, les conditions cliniques de son apparition, de sa symptomatologie ; c'est à lui que revient l'honneur d'avoir fait le premier travail d'ensemble sur cette intéressante question.

11 serait trop long d'énumérer les différents travaux publiés sur c& sujet; la plupart sont dus à des auteurs étrangers. La fréquence de l'actinomycose en Allemagne, sa rareté en France, nous expliquent cela. A côté des mémoires d'Israël, Ponfick, Moosbrugger, Partsch, Baumgarten, Hochenegg (3), Ullmann (4)... nous citerons spécialement ceux plus récents de Bostrœm (5) et Samter (6). Ces deux derniers travaux sont très importants au point de vue de l'actinomycose chez l'homme.

(1) Israël, Virchow's Archiv, 1878, vol. LXXIX, p. 15.

(2) Langenbeck, voir Virchows' Archiv, 1878, vol. LXXIX, p. 15.

(3) Hochenegg, Wien. med. Presse, 1888, nos 1G-18.

(4) L'ilmann, Wien. med. Presse, 1888, n° 45.

(5) Bostrœia, Beitrïtge s. path. An. und. allg. path., 1891.

(6) Samter, Arch. f. kl. Chir., 1892, t. XLIII, p. 258.

Gangolphe. — Maladies des os. 44

Quant aux lésions osseuses proprement dites elles n'ont été l'objet d'aucune étude spéciale jusqu'à présent.

Nous regrettons de n'avoir pu ajouter de nouveaux faits à ceux publiés, et surtout de n'avoir pu contrôler de visu les altérations déterminées par ce parasite ; malgré nos efforts et notre attention nous n'avons pu avoir entre les mains un spécimen de lésion osseuse actinomycotique chez l'homme. L'examen de mâchoires de bœuf atteintes d'ostéite mycotique nous a permis cependant de nous rendre compte de certains détails, toutes réserves étant faites sur ce point, que l'on ne peut conclure formellement de l'animal à l'homme.

C'est en analysant les détails contenus dans les faits publiés, en les rapprochant, que nous sommes arrivé à émettre les idées exprimées plus loin. Ce n'était pas là, pensions-nous, une besogne inutile : les abcès, les tumeurs pseudo-sarcomateuses des mâchoires ont surtout attiré l'attention ; les localisations sur la colonne vertébrale, la cage thoracique, ont été très superficiellement étudiées. La connaissance plus exacte des altérations anatomiques qui les accompagnent ne peut que contribuer efficacement à leur thérapeutique.

§ 2. — Anatomie pathologique. — Siège. — Caractères des lésions. — Notions générales sur l'actinomyces.

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