LÉSIONS RELEVANT D'UN PROCESSUS DESTRUCTIF
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relativement à leur degré de tolérance par les tissus? Comme le fait remarquer M. Ollier, « parmi les séquestres de nécrose, il faut distinguer deux variétés : les séquestres primitifs et les séquestres consécutifs ou secondaires. Les premiers sont le résultat de la mort rapide d'un os sain, privé de ses vaisseaux par une cause quelconque. L'os est mort sans avoir été malade ou du moins sans avoir eu le temps d'être altéré par la maladie. Il a alors la structure, la consistance, la dureté de l'os sain. Les seconds, ou séquestres secondaires, sont le résultat de la mortification d'une portion de l'os déjà modifiée dans sa structure par la maladie. Ils présentent les caractères anatomiques de l'ostéite qui a précédé et préparé leur mortification ; ils sont le plus souvent raréfiés, quelquefois éburnés. »
Cette classification des séquestres est légitimée par l'observation clinique et anatomopathologique. Les états infectieux aigus dus aux staphylocoques, pneumocoques, streptocoques..., sont la cause ordinaire de ces séquestres primitifs, produits d'emblée, en quelques heures, comprenant quelquefois la totalité d'une diaphyse dont l'aspect parait presque normal à première vue.
Blanc et lisse, l'os apparaît entouré de pus et contenu dans un étui formé par le périoste décollé. Le séquestre peut être ultérieurement incarcéré dans les portions osseuses nouvelles d'origine périostique, il mérite alors le nom de séquestre invaginé. Présentant une surface irrégulière, érodée, il est alors d'une étendue généralement moindre qu'au moment de sa production. Des trous de dimensions variables (cloaques, foramina), permettent souvent d'apercevoir à travers l'os nouveau les parties centrales nécrosées. La figure 34 rend bien compte de cela.
Il est excessivement rare d'observer une disposition inverse, c'est-àdire l'existence d'une nécrose annulaire, ou l'invagination de portions osseuses saines par un séquestre. Il s'agit en pareil cas d'ossifications médullaires centrales avec destruction de la coque diaphysaire.
Sur les os plats (os iliaque par exemple), la nécrose totale ou très étendue, primitive, peut s'observer au même titre que sur les os longs. Gangolphe, — Maladies des os. 7
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Fig. 34. — Ossifications péiïostiques autour de la diaphyse humérale en grande partie nécrosée. Foramina, cloaques.(Musée d'anatomie pathologique.)
La table externe peut même se nécroser isolément; en pareil cas, le séquestre est adhérent, peu distinct de l'os sain ambiant dont il met longtemps à se détacher; ce n'est guère que dans les cas de plaies de tête infectées que celte variété a été observée ; cela s'explique fort naturellement par cette circonstance que la vitalité de l'os a été modérément compromise, la surface extérieure ayant été seule dénudée, en contact avec le pus, alors que le diploé et la dure-mère étaient intacts.
S'agit-il d'un os court (calcanéum par exemple), le séquestre primitif peut être total, formé par l'os entier, baigné par le pus, séparé de son périoste, ou partiel, incarcéré, en grelot, au milieu d'ossifications nouvelles.
Mais, qu'ils siègent sur les os longs, plats ou courts, ces séquestres primitifs sont habituellement étendus, séparés des parties avoisinantes par du pus ou des bourgeons charnus, plus ou moins libres au centre d'un os nouveau volumineux. Examinés au microscope, leur charpente est intacte dans les cas aigus, érodés par un travail de résorption dans les cas plus anciens, mais n'a pas subi d'altération essentielle.
Gosselin, qui attribuait à l'hyperostose un rôle très important dans la production de la nécrose, a dit que la densité des séquestres était moins considérable lorsque la mortification s'était faite rapidement, qu'elle l'était plus lorsque celle-ci avait eu lieu lentement et que l'ostéite avait eu le temps de se condenser. 11 n'en est rien, comme le fait remarquer Poulet, les séquestres ne pèsent pas plus, à proportion égale, que les os macérés; et ainsi que nous le disions, l'examen histologique sur des coupes usées ou après décalcification y montre, suivant les cas, une structure normale ou les traces d'une corrosion lacunaire.
Il n'en est pas de même de la deuxième variété que nous avons à envisager, les séquestres secondaires. Ces derniers résultent d'un processus chronique qui, en modifiant peu à peu la structure anatomique de l'os, en favorise ou en détermine la nécrose.
Habituellement produits par le bacille de Koch, leur siège d'élection est dans les régions spongieuses (épiphyses, os courts, vertèbres). C'est là qu'on rencontre ces tâches blanchâtres, jaune paille, répondant à ï infiltration puri forme de Nélaton. Absolument adhérentes aux parties voisines, ce n'est qu'après un temps plus ou moins long, qu'un sillon d'élimination, accusé par une teinte rougeâtre et des fongosités, tend à séparer le séquestre. Veut-on y enfoncer un stylet, l'instrument est arrêté par une éburnation considérable et très appréciable, surtout si on explore la consistance des parties saines avoisinantes.