LÉSIONS RELEVANT D'UN PROCESSUS DE DÉFENSE
elle seule produire la nécrose? Qu'elle y prédispose, cela peut être, mais c'est tout.
Il n'y a pas de maladie qui, plus que la syphilis, s'accompagne d'hyperostose, et cependant les séquestres sont exceptionnels. Quand on les observe il y a toujours simultanément infection, suppuration plus ou moins abondante. En outre l'examen direct des hyperostoses syphilitiques démontre, comme nous l'avons constaté, leur vascularisation.
Quant aux séquestres tuberculeux éburnés, qui peuvent être observés en dehors de toute infection surajoutée, sans suppuration, à Vélat sec, et sur lesquels nous avons appelé l'attention (1), ne peut-on pas admettre que l'oblitération des canaux de Havers est, au même titre que la mortification cellulaire, un effet de l'action microbienne et non la cause première de la nécrose ? Cette hypothèse est certainement vraisemblable et s'appuie encore sur ces faits d'ostéomyélite insidieuse de Trélat.
Si l'on doit réleguer parmi les explications hypothétiques le prétendu rôle attribué à l'oblitération des canaux de Havers par l'éburnation, il serait absolument inexact de considérer comme tout à fait négligeable le rôle de la circulation. On comprend facilement que la pauvreté en vaisseaux, la sénilité du tissu puissent, comme l'étranglement des canaux de Havers par l'inflammation, contribuer à la nécrose.
LÉSIONS RELEVANT D'UN PROCESSUS DE DÉFENSE OU RÉACTIONNEL (Hyperostose, Régénération).
Toute irritation créée par un foyer pathologique retentit sur les différents éléments constitutifs de l'os et met en jeu leurs propriétés physiologiques. C'est ainsi que la présence d'un séquestre provoque autour de lui la formation de couches osseuses nouvelles, interstitielles, intra-médullaires et surtout sous-périostiques. L'étui osseux invaginant le séquestre peut acquérir une épaisseur considérable; c'estsurtout dans les ostéomyélites anciennes, datant de la jeunesse, que l'on observe ces masses épaisses, éburnées, à travers lesquelles on a de la peine à se frayer un chemin à coups de ciseau et de maillet. Ces propriétés ostéogéniques si remarquables du périoste peuvent même suffire, dans certains cas de nécrose totale diaphysaire, à reconstituer un nouvel os permettant les fonctions du membre. Troja avait déjà constaté la formation et l'organisation d'un
(1) De l'hybridité pathologique dans les affections osseuses d'origine parasitaire, 1888. Lyon médical. — Gangolphe.
étui osseux extérieur, à l'os nécrosé. Bichat, Scarpa, Léveillé, considérant que la plupart des séquestres sont érodés et ne représentent pas la totalité de l'épaisseur du cylindre diaphysaire, attribuèrent la régénération osseuse à l'hypertrophie de l'os restant; pour eux la partie la plus interne seule se nécrosait, la portion extérieure restée vivante se tuméfiait et telle était l'origine de l'étui.
Leur interprétation n'est pas exacte, comme nous l'a démontré Ollier, bien qu'il soit vrai qu'il reste généralement quelques portions osseuses vivantes adhérentes au périoste. Les propriétés ossifiantes de ce dernier, subordonnées à la conservation de sa couche ostéogène, assurent à peu près seules la reconstitution du nouvel os.
Le type des lésions est très différent, suivant qu'il s'agit d'une nécrose superficielle ou d'une nécrose centrale. Dans le premier cas la réaction périostique ne constitue pas le plus souvent une enveloppe complète, résistante, aux séquestres ; dans le second au contraire, ceux-ci sont invaginés, plus ou moins libres, baignés par le pus ou entourés d'un tissu de granulations qui les isole plus ou moins des parties avoisinantes. Toutefois, en pareilles circonstances, il se produit une sorte de trépanation spontanée de la coque osseuse nouvelle. Ces trous, ou cloaques de Weidmann, siègent de préférence à la partie inférieure de l'os; de nombre et de dimensions variables, ils permettent tantôt seulement l'introduction d'un fin stylet, tantôt l'extraction directe, avec les pinces, de séquestres volumineux. Attribués par Miescher à la pression du pus, à la pesanteur, ils résultent sans doute d'un travail de résorption dont les myéloplaxes sont les agents les plus actifs.
Bien que l'irritation puisse, en quelque sorte, rajeunir la couche osléogène, celle-ci produira surtout de telles néoformations chez les jeunes gens et les enfants. Si elle a été détruite par la violence de l'inflammation, la régénération peut, même dans ce dernier cas, faire complètement défaut.
C'est sur les grands os des membres que les plus beaux exemples de régénérations ont été observés, bien que toutes les parties du squelette soient jusqu'à un certain point, susceptibles de reproduction.
Cette dernière est, en quelque sorte proportionnelle à l'épaisseur du périoste ; certaines portions recouvertes de cartilage (tête et col du fémur, astragale...) ne se reproduisent pas.
La régénération est exceptionnelle pour les os courts; plus fréquente pour les os plats ; le maxillaire inférieur, l'omoplate, l'os iliaque sont quelquefois partiellement enveloppés par des lames osseuses d'origine périostique.
La régénération est la plus haute expression de la réaction du