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DÉFORMATIONS DIVERSES

tissu osseux en présence d'agents pathologiques; à côté d'elle prennent place, comme nous le disions, les ossifications interstitielles ou intra-médullaires, cloisonnantes, qui opposent une barrière souvent absolument efficace à l'extension de la maladie.

Nulle en présence des hydatides, assez marquée dans les cas de tuberculose, plus vive dans les autres affections (staphylocoques, streptocoques..., etc.), la défense de l'os est tout à fait remarquable dans la syphilis. Les hyperosloses si fréquentes dans cette affection ne sont pas autre chose que le reflet de gommes centrales intra-médullaires dont elles permettent de mesurer pour ainsi dire l'étendue. Loin d'être constituées par du tissu morbide, elles représentent la partie saine, utile, créée par le périoste pour parer au déficit subi profondément par la coque diaphysaire.

En même temps que disparaissent les couches les plus centrales, il s'en dépose de nouvelles à la surface; c'est ainsi que des os doublés ou triplés de volume ne sont souvent pas plus résistants, et peuvent même quelquefois, si la néoformation est inférieure à l'activité destructive, être le siège de fractures spontanées.

DÉFORMATIONS DIVERSES RÉSULTANT DE TROUBLES SURVENUS DANS L'ACCROISSEMENT ET LA CONSISTANCE DE L'OS MALADE.

La localisation fréquente des lésions infectieuses dans la région juxta-épiphysaire, au voisinage du cartilage de conjugaison, entraîne comme conséquence des troubles fréquents et très variables dans l'accroissement de l'os.

L'inflammation a-l-elle été assez violente pour amener la destruction de la zone cartilagineuse, il en résultera un arrêt d'accroissement, un raccourcissement quelquefois excessif du membre. Une ancienne ostéite juxta-épiphysaire de l'extrémité supérieure de l'humérus ayant débuté vers l'âge de deux ans et demi, observée sur un adulte, avait déterminé un raccourcissement de 12 centimètres (Vincent).

Lorsqu'il s'agit d'un segment de membre à deux os parallèles, il en résulte des déformations curieuses. Par exemple, le cartilage conjugal inférieur du radius est-il détruit, le cubitus continuant de s'accroître est retenu par ses attaches au radius et obligé de se courber en arc. Les épiphyses étant unies au radius qui ne croît plus, la diaphyse cubitale continuant de s'allonger est obligée de prendre une forme sinueuse.

Une portion seulement d'un cartilage est-elle détruite, l'autre continuera à proliférer et amènera une déformation très marquée. Si, par exemple, la moitié externe du cartilage conjugal inférieur

du fémur est détruite, la moitié interne, produisant incessamment de nouvelles couches, déterminera l'apparition d'un genu valgum.

Un résultat inverse peut résulter d'une irritation continue, prolongée et surtout indirecte du cartilage d'accroissement.

L'allongement pathologique peut atteindre des proportions énormes, 7 ou 8 centimètres, et, comme dans les cas précédents si ce travail de prolifération exagérée n'a pas été réparti également sur les différents points de la ligne d'accroissement, il se produira des déviations latérales.

Peut-on observer l'allongement pathologique à l'âge adulte? En un mot, la période d'accroissement finie, l'activité des cartilages éteinte, l'os peut-il s'accroître inlerslitiellement? Quelques faits relevant de la syphilis osseuse permettent de le croire. Il est évident que l'on peut observer la coexistence de ces deux phénomènes si dissemblables d'arrêt d'accroissement d'une part, d'allongement d'autre part : résultant d'une même cause, ils sont la conséquence, le premier de l'intensité de l'irritation, le second de son retentissement modéré et indirect.

Les modifications apportées dans la consistance du tissu osseux par le développement des phénomènes inflammatoires sont la cause de déformations bien mises en évidence par Ollier et plus récemment par Oberst (1).

Ce dernier auteur a réuni dans son travail les faits de Volkmann, Schede et Stahl, et Diesterveg. Que la continuité de la colonne osseuse soit partiellement interrompue par l'élimination d'un séquestre, ou que ses trabécules raréfiées aient été en partie résorbées, il en résulte une diminution de sa solidité. La pesanteur, les contractions musculaires pourront en pareil cas déterminer l'affaissement, la déformation de ce segment du squelette. Les ostéites juxta-épiphysaires en donnant lieu à des décollements diaphysaires créent à ce niveau une espèce d'articulation, une arnphiarthrose (Ollier), qui permet à ces parties disjointes de glisser l'une sur l'autre.

C'est ainsi qu'au genou, par exemple, on peut observer le déplacement, en avant et surtout en arrière, de l'épiphyse fémorale sur la diaphyse ; l'articulation reste absolument intacte. L'épiphyse tibiale a présenté des déplacements analogues relativement à l'axe de sa diaphyse.

L'inclinaison latérale des épiphyses peut même simuler jusqu'à un certain point le genu valgum ou le genu varum. Il n'en est rien, puisque les formes, les dimensions et les rapports des surfaces articulaires n'ont pas changé.

(1) Oberst, Ueber Knochenverbieyinigm beiakuler Osleomyélith. Schmidt's Jahrbiicher. S. 245, 1890.

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