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DEUXIÈME PARTIE

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

§ 1. — Tuberculose circonscrite. Tuberculose diffuse. Lésions tuberculeuses secondaires des divers tissus de l'os. Tuberculose du périoste. Tuberculose des cartilages.

Le tubercule se développe dans l'immense majorité des cas dans le (issu spongieux. Nélaton classe les os comme il suit au point de vue de la fréquence relative des affections tuberculeuses : 1° vertèbres ; 2° tibia, fémur, humérus; 3° phalanges, métatarsiens, métacarpiens; 4° sternum, côtes, os iliaques ; 5° os courts du tarse et du carpe ; 6° apophyse pétrée du temporal.

Il estime que les tubercules se développent plus souvent dans le noyau osseux épiphysaire que dans l'extrémité renflée de la diaphyse. Ollier, Volkmann, Lannelongue, Kônig sont d'un avis unanime sur ce point : toutefois, comme le fait souvent remarquer Ollier, il importe de ne pas être absolu. Les ostéomyélites aiguës dites infectieuses ne possèdent pas le privilège exclusif de se développer dans le tissu juxta-épiphysaire. La tuberculose peut s'y rencontrer ; nous en citerons ultérieurement plusieurs exemples.

Le foyer tuberculeux peut être : 1° sous-chondrique, à la périphérie de l'épiphyse et au-dessous du cartilage d'encroûtement ; 2° sous-périchondrique ou sous-périostique lorsqu'il affleure la portion de l'épiphyse revêtue de périchondre ou de périoste; 3° central, situé au milieu du tissu spongieux ; 4° épiphyso-diaphysaire, lorsque après avoir détruit le cartilage de conjugaison il est pour ainsi dire à cheval sur celui-ci, mi-partie dans l'épiphyse, mi-partie dans la diaphyse.

Arrive-t-il souvent qu'il n'existe qu'un foyer dans les extrémités articulaires? Certainement, surtout si les dimensions en sont considérables. L'examen de cent cinquante-quatre préparations a permis à Konig d'établir les proportions suivantes :

« Au genou le chiffre des foyers uniques dépasse du double celui des foyers multiples ; pour la hanche la proportion est presque égale ; au coude les foyers multiples n'existent que dans un tiers des cas. »

Ajoutons que la loi établie par Ollier reçoit ici une confirmation complète; l'extrémité d'élection pour l'accroissement du membre

est aussi l'extrémité d'élection pour les affections pathologiques. Dans une description générale nous étudierons d'abord les localisations épiphysaires de la tuberculose, consacrant un paragraphe distinct à l'exposé de nos connaissances actuelles sur les altérations diap/tysaires infiniment plus rares. Les lésions des organes et tissus avoisinant le foyer tuberculeux, celles qui peuvent survenir à distance, les dégénérescences viscérales, feront l'objet d'autant d'études distinctes. Nous compléterons enfin cet exposé anatomopathologique en rappelant les particularités que peut présenter le développement de la tuberculose dans les divers segments du squelette.

SOMMAIRE. — 1° TUBERCULOSE CIRCONSCRITE. INFILTRATION PURIFORME. TUBERCULE ENKYSTÉ. CARIE SÈCHE.

On peut ranger les formes anatomiques de la tuberculose osseuse en deux groupes différents suivant que les lésions sont circonscrites ou diffuses.

Cette division fort simple permet d'encadrer sous ces deux dénominations génériques des variétés de lésions dont le caractère commun est soit la localisation, soit l'extension illimitée aux tissus avoisinants.

Nous avons évité les termes anciens de tubercule enkysté et de tubercule infiltré; parce que la première de ces formes, considérée comme distincte par Nélaton, n'est en réalité qu'une conséquence de la seconde. L'infiltration puriforme, loin d'être diffuse, comme pourrait le faire supposer, a priori, la terminologie, est nettement

circonscrite.

Kiener et Poulet se basant sur la marche, l'évolution du tubercule osseux, en reconnaissent trois formes : 1° le tubercule primitif et chronique ; 2° le tubercule tardif à évolution rapide ; 3° l'ostéite tuberculeuse aiguë.

Notre classification, plus simple, suffisamment précise, permet d'englober les diverses variétés précitées et celles décrites par Virchow, Volkmann, Kônig sur les noms de caries sicca, caries carnosa...

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