‹ Maladies infectieuses et parasitaires des osChapitre 40 sur 163 · TÉGUMENTS · texte numérisé non relu

TÉGUMENTS

Dès que les foyers tuberculeux atteignent la surface cutanée, leur action destructive s'exerce sur elle comme sur les autres tissus. Nous ne nous attarderons pas à décrire l'aspect bleuâtre, l'amincissement, le décollement du pourtour des orifices fîstuleux, ou encore leur aspect bourgeonnant, plus ou moins gris blanchâtre dans certains cas.

Le derme et l'épiderme disparaissent par suite de leur infiltration tuberculeuse, pour faire place à de véritables surfaces ulcérées. Généralement l'existence de l'affection osseuse, facile à constater, montre quelle est la véritable origine de l'ulcération. Mais dans dautres cas, sur lesquels Ollier (1) a appelé l'attention, le diagnostic peut varier.

L'épithéliome, le papillome, le lupus, sont le plus souvent les maladies avec lesquelles on peut les confondre : nous avons vu plusieurs

(1) Ollier, t. III, p. 717.

sujets pour lesquels on aurait pu penser à une amputation, si l'examen attentif de la lésion n'en était venu révéler la nature exacte.

C'est sur le dos du métatarse ou du métacarpe que l'on observe ordinairement ces ulcères torpides, quelquefois végétants, papilliformes, d'étendue variable, mais quelquefois plus larges qu'une pièce de cinq francs.

On les prendrait pour des scrofulides ou même des épithéliomes. Ce qui peut induire en erreur, c'est que le point osseux qui a inoculé la peau peut être de très petites dimensions. Nous nous souvenons avoir vu un sujet admis pour une ulcération du cou-de-pied, et chez lequel l'exploration de celle-ci ne révélait pas le moindre trajet osseux. L'examen comparatif des deux régions plantaires, en rendant très appréciables la disparition de la concavité du côté malade et la sensibilité de cette région ainsi tuméfiée, nous permit facilement d'affirmer le point de départ osseux (tarso-métatarsien).

Chez certains opérés dont le traitement consécutif a été mal surveillé, la repullulation fongueuse peut occasionner les mêmes lésions.

Dans tous les cas le curettage, la cautérisation, et par-dessus tout l'ablation du point osseux malade permettront d'obtenir la guérison.

Nous ajoutons que le retentissement de ces ulcérations sur le système lymphatique est souvent marqué : nous avons observé non seulement l'adénopathie habituelle, mais encore de petits foyers tuberculeux suppurés sur le trajet des vaisseaux lympathiques. Plus récemment Adénot, Poncet (1) ont apporté de nouveaux faits confirmant la description d'Ollier.

Les muqueuses, au niveau desquelles viennent s'ouvrir des trajets fistuleux, peuvent présenter des altérations secondaires résultant de leur inoculation.

§ 6. — Lésions éloignées. Atrophies osseuses, musculaires. Troubles trophiques. Déformations pelviennes, rachidiennes, thoraciques.

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