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TUBERCULOSE VERTÉBRALE. DÉFORMATIONS SECONDAIRES

Les courbures de compensation observées dans les cas de gibbosités consécutives au mal de Pott, sont souvent nulles ou à peine marquées et en tout cas toujours moindres que celles observées dans les déviations du racbis, telles que la scoliose, la lordose, la cyphose.

Lorsque l'affection s'est développée pendant l'enfance ou la jeunesse elles sont plus marquées.

Existent-elles, on en trouve généralement deux : l'une au-dessus, l'autre au-dessous de la déviation, toutes deux dans le même sens qui est opposé nécessairement à celui de la gibbosité.

Dans les cas de mal de Pott dorso-lombaire, le sacrum peut luimême prendre part à la correction et présenter une modification plus ou moins considérable dans sa forme et sa direction. Malgré l'existence possible de courbures latérales, il est exceptionnel d'éprouverquelque hésitation. Comme le faitremarquer Lannelongue(2), dans l'ensemble des courbures d'apparence scoliotique propres au mal de Pott, la courbure primitive aune prédominance antéro-postérieure dont on doit tenir un grand compte.

La cage thoracique subit le contre-coup des modifications survenues du côté du rachis. Non seulement les çôtes peuvent offrir des changements dans leur courbure, leur consistance, mais aussi dans leur direction; plus la maladie a été précoce et de longue durée, plus sont marquées les déformations du thorax et même du bassin. Contrairement aux courbures de compensation qui seraient constantes, celles-ci appartiendraient exclusivement, au dire de Lannelongue, au mal de Pott survenu pendant la période de développement du squelette. En outre le thorax n'est dévié et déformé que dans les gibbosités dorsales ; il se différencie du thorax scoliotique en ce que la gibbosité étant ici médiane, les déformations sont symétriques. Dans les cas de mal de Pott dorsal supérieur, le thorax s'aplatit d'avant en arrière, il devient plutôt globuleux, avec augmentation du diamètre antéro-postérieur, si la partie inférieure ou moyenne est lésée.

On comprend, sans qu'il soit besoin d'insister, l'influence néfaste que peut avoir sur la santé l'existence de cette gène dans les fonctions des organes respiratoires et circulatoires.

(1) Lannelongue, loc. cit., p. 47.

(2) Lannelongue, Tuberculose vertébrale.

Alors que la croissance est achevée, la carie vertébrale ne déforme nullement l'excavation pelvienne ; il n'en est pas de même si la maladie s'est développée pendant l'enfance. Herbiniaux, Rokitansky, Chantreuil (1), Mme Conta (2)... ont étudié le bassin cyphotique du mal de Pott.

Comme on le sait, la cavité pelvienne prend la forme d'un entonnoir par suite de l'agrandissement du détroit supérieur et du rétrécissement de l'inférieur : symétrique ordinairement, le bassin peut être à la fois cyphotique et oblique ovalaire, s'il y a en même temps une coxalgie, ou une sacro-coxalgie. Ainsi que l'a bien exposé Chantreuil le bassin cyphotique survient chez les jeunes sujets atteints de mal de Pott dorso-lombaire par suite de la transmission irrégulière du poids du corps. La charge, en se transmettant au tronçon rachidien sous-jacent à la gibbosité, la repousse en arrière et en bas; de là un tiraillement d'avant en arrière de la base du sacrum. Le même tiraillement est transmis aux os iliaques par les ligaments ilio-sacrés. Les trois pièces du bassin basculent de telle sorte que leur partie supérieure s'écarte excentriquement et que leur partie inférieure se rapproche de l'axe pelvien.

§ 7. — Lésions viscérales et séreuses.

La tuberculose osseuse détermine trois sortes de lésions viscérales et séreuses :

1° Par envahissement de proche en proche ;

2° Par généralisation ;

3° Par suppuration prolongée.

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