‹ Maladies infectieuses et parasitaires des osChapitre 44 sur 163 · LÉSIONS PAR GÉNÉRALISATION · texte numérisé non relu

LÉSIONS PAR GÉNÉRALISATION

On a longtemps considéré comme offrant une gravité particulière les ostéites tuberculeuses du pied. Comme le dit Ollier, c'est qu'elles sont soignées d'une manière plus défectueuse qu'ailleurs et que par sa structure le pied est plus exposé aux récidives. Quoi qu'il en soit, les chiffres suivants, contenus dans la thèse de M. Audry, peuvent servir de points de repère : Sur 185 sujets atteints de tuberculose du pied (dont 6 seulement étaient âgés de moins de dix ans) 75 au moins ont présenté à une période quelconque de leur maladie les lésions tuberculeuses suivantes en dehors de l'affection du pied :

38 ont présenté des lésions pulmonaires;

28 étaient atteints d'autres lésions osseuses isolées ou associées à la phtisie ;

3 ont eu une péritonite tuberculeuse;

1 a présenté de la tuberculose uro-génitale ;

4 avaient des kératites et des adénites cervicales suppurées. Cette proportion, au dire d'Ollier, ne diffère pas beaucoup de celle

qu'on observe dans les autres tuberculoses articulaires.

Ce court tableau statistique donne une idée approximative de la fréquence des généralisations. Nous ferons remarquer toutefois qu'il n'est pas absolument complet. La méningite tuberculeuse n'est pas signalée. Or dans les services d'enfants c'est la complication par excellence, la généralisation typique ; alors que chez l'adulte on voit plus souvent la granulie siéger sur le poumon.

A vraie dire les sujets âgés sont loin d'être à l'abri de la méningite et même de la péritonite ; nous avons vu deux sujets, âgés de plus de soixante-dix ans, atteints de mal de Pott succomber l'un et l'autre à ces complications. Nous renverrons aux ouvrages d'anatomie pathologique pour la description de ces lésions de généralisation, qui n'ont rien de spécial dans le cas où elles se présentent dans la tuberculose osseuse.

Chez les enfants l'auscultation révèle rarement des symptômes pulmonaires. Lannelongue a insisté depuis longtemps sur la multiplicité des localisations articulaires et osseuses, contrastant avec l'intégrité des viscères. En '1881 il a publié un cas délocalisations externes multiples chez un enfant de douze ans, sans aucune

altération pulmonaire appréciable. Dans un autre fait, il n'a trouvé qu'un seul tubercule pulmonaire crétacé. Coudray (1) a rapporté dans sa thèse plusieurs observations de lésions graves et multiples de tuberculose externe sans localisations viscérales chez des enfants. Broca, Richelot (2), Nicaise (3), Phocas (4) ont publié des observations analogues. Les viscères jouissent pendant fort longtemps d'une incontestable intégrité.

Ce fait est en rapport avec la nature de la maladie dont la virulence serait atténuée.

Dans le cours de lésions suppuratives tuberculeuses, les lésions pulmonaires relèvent- elles constamment du bacille?

D'après Babès et Stoïcescu (o) Tinfection par les plaies serait la cause de certaines formes de pneumonies fibrineuses. Sur neuf cas de pneumonies atypiques, six fois ils ont constaté pendant la vie et quelquefois à l'autopsie des plaies d'ancienne date.

Dans un cas d'adénite inguinale avec fistules, avec pneumonie massive, l'examen bactériologique montra la même bactérie capsulée dans le foyer inguinal et dans le poumon qui ne renfermait pas d'autres microbes.

Dans plusieurs autres cas (kyste de l'ovaire suppuré, abcès du foie, ulcérations des membres inférieurs...) le poumon bépatisé renfermait les mêmes microbes que la plaie primitive. Mauclaire se demande s'il n'en serait pas de même pour les lésions pulmonaires qui disparaissent si vite après une amputation ou une résection pour de vieilles suppurations osseuses? Nous pensons comme lui que l'on pourrait trouver dans ces faits une partie de l'explication des bons résultats si fréquemment constatés dans les interventions pour tuberculoses locales.

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