DÉFORMATIONS DES DOIGTS
Dans une communication au Congrès français de chirurgie de 1890, M. Lannelongue a insisté sur les déformations permanentes des doigts et de la main déterminées par la tuberculose de ces organes.
Les phalanges peuvent être plus longues (ce qui est rare), plus
courtes, incurvées, tordues et même présenter des luxations pathologiques.
L'allongement peut se manifester au cours d'un spina ventosa, par irritation des éléments d'accroissement de l'os; il est accompagné d'hypertrophie, et le plus souvent momentané. D'autres fois il existe sur une phalange voisine d'une congénère malade; la propagation de l'ostéite à l'articulation retentit sur la phalange saine et excite sa croissance. Dans certains cas, l'os s'incurve comme un os rachitique.
Le raccourcissement est beaucoup plus fréquent, il résulte de la destruction d'une portion osseuse et de la disparition du cartilage d'accroissement.
Le doigt rentrant désigne la déformation produite par la destruction d'une partie d'un métacarpien. Quand la tuberculose a détruit en partie la charpente ostéo-fibreuse, on a un doigt ballant. Enfin les ankyloses, les luxations pathologiques peuvent avoir pour conséquence des incurvations, des torsions phalangiennes.
Nous avons vu plusieurs malades présentant les types catégorisés ci-dessus. Nous pensons que dans certains cas ils peuvent être difficiles à distinguer des résorptions phalangiennes de la dactylite syphilitique (Taylor).
§ 4. — Troubles fonctionnels. Troubles trophiques
Nous n'avons pas besoin d'insister sur la gravité variable des troubles fonctionnels qui sont produits par l'ostéo-tuberculose. Qu'elle siège sur une articulation ou la colonne vertébrale, ses effets nocifs ne tardent pas à se faire sentir et à entraîner une impotence plus ou moins marquée. Les énumérer en détail ce serait passer en revue la totalité des lésions articulaires avec leur physionomie si particulière pour chacune d'elles : nous renvoyons aux articles spéciaux.