Partie Partie Partie
supérieure. inférieure. moyenne.
Fémur 28 107 65
Tibia 54 64 123
Péroné 2 9 9
Humérus 28 11 16
Radius » 7 18
Cubitus 5 9 4
Total 324 235
Comme on le voit, le fémur à son extrémité inférieure, l'humérus à son extrémité supérieure, sont les sièges de prédilection de l'ostéomyélite; quant au tibia, ses deux extrémités seraient à peu près également atteintes, la partie moyenne l'emportant de beaucoup.
Le péroné dans la statistique de Haaga est également frappé à sa partie inférieure et à sa partie moyenne (9 fois), tandis que deux fois seulement, l'extrémité supérieure était lésée.
Le radius prêle à des considérations analogues, puisque, touché dix-huit fois dans sa partie moyenne, il l'était sept fois à son extrémité "inférieure, la supérieure restant indemne (0.). Pour le cubitus la prédominance des localisations aux extrémités a été nette (supérieure S fois, inférieure 9 fois), la partie moyenne n'était affectée que quatre fois.
OSTÉITE BIPOLAIRE.
Ollier (1) a désigné sous le nom d'ostéite bipolaire, une variété d'ostéite qui consiste dans une double ostéite juxta-épiphysaire, le centre de l'os étant ou paraissant intact.
D'après Ollier une ostéite, développée dans une zone juxta-épiphysaire, pourrait se propager à l'autre pôle de l'os sans laisser de traces bien appréciables. L'inflammation a passé, dans ce cas, d'une extrémité diaphysaire à l'autre sans qu'il soit possible souvent de retrouver des lésions sur la région intermédiaire.
Mais dans d'autres cas cette intégrité de la portion intermédiaire n'est qu'apparente et il s'est formé du pus sous le périoste, le long d'une crête osseuse ou bien dans le canal médullaire le long d'une de ses parois. C'est alors une pandiaphysite suppurée, ouverte aux deux extrémités juxta-épiphysaires de l'os. La compacité du tissu osseux au centre de la diaphyse et la rareté des ouvertures vasculaires à ce niveau expliquent, d'après Ollier, la marche de l'inflammation, par l'intermédiaire de la moelle, sans qu'elle se communique au périoste correspondant. Au niveau des régions juxta-épiphysaires, au contraire, le grand nombre et le volume des trous vasculaires rendent compte de la facilité de la propagation de l'inflammation de la moelle au périoste et réciproquement.
Nous pensons que dans certains cas l'ostéite bipolaire peut être non pas l'indice d'une propagation successive d'une ostéite d'une extrémité à l'autre pôle de la diaphyse, mais l'expression d'une infection simultanée et indépendante des deux régions juxta-épiphysaires.
A notre grand étonnement nous n'avons pas vu que cette forme, décrite par Ollier, ait frappé l'assistant de Bruns. On ne saurait en méconnaître l'importance anatomo-pathologique et clinique. Point de départ de pandiaphysite, elle peut donner lieu à l'extraction totale de la diaphyse. Si elle n'est pas envahissante à ce point, elle peut par les troubles dans l'accroissement porter atteinte au fonctionnement du membre... ; bref, l'ostéite bipolaire mérite une mention spéciale dans la description des lésions infectieuses des os.
(1) Traité des résect., t. I, p. 428.
L'ostéite bipolaire du fémur, dont OUier a pu observer plusieurs exemples, peut occasionner des raccourcissements de 10 à 12 centimètres malgré l'intégrité du cartilage sous-trochantérien. Dans un cas de résection de la tète et du col du fémur pratiquée à l'âge de sept ans sur un sujet qui avait eu une suppuration juxta-épiphysaire inférieure de cet os, Ollier a trouvé onze ans plus tard un raccourcissement de 11 centimètres pour le fémur seul, mesuré du sommet du trochanler au rebord inférieur du condyle.