‹ Maladies infectieuses et parasitaires des osChapitre 76 sur 163 · LA · texte numérisé non relu

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Fig. Gl. — Fractures du fémur et du tibia produites sur des os atteints d'ostéomyélite. La fracture du fémur siège dans la région sous-trochantérienne ; celle du tibia à la réunion du quart inférieur avec les trois quarts supérieurs (d'après Ollier).

directement ou indirectement pour amener la solution de continuité :

1° Lorsque la diaphyse d'un os long est nécrosée, le périoste qui la recouvre réagit vigoureusement. De nouvelles couches osseuses, sans cesse édifiées, forment une coque dont la résistance, insuffisante d'abord, sera plus tard assez grande pour supporter le poids du corps. Mais pendant une assez longue période la solidité du membre n'est guère assurée que par l'os malade plus ou moins mortifié ; celui-ci forme une véritable attelle interne à la surface de laquelle se modèle et se dépose l'os périostique. Que le sujet se lève, marche à un moment où la raréfaction de la diaphyse en a diminué la consistance, et alors que l'ostéogenèse n'a pas achevé sa tâche, et l'os se brisera à la fois dans le séquestre et la coque nouvelle.

2° La formation des cloaques destinés à l'élimination du pus et des séquestres peut, si elle est marquée par la largeur des orifices, diminuer la solidité de l'os et être la cause de fractures. Souvent aussi l'insuffisance de la réaction périostique, due soit aux conditions générales du sujet, soit à la destruction du périoste, joue un rôle analogue.

On ne peut guère présenter une description didactique de telles lésions ; le trait de fracture présente souvent une grande irrégularité ; sur une pièce que nous reproduisons l'os ancien est fracturé alors que la couche osseuse périostique encore molle s'est incurvée seulement sans se rompre... Le foyer renferme des séquestres baignant dans un liquide purulent... ou quelquefois un peu hémorrhagique : bref nous renvoyons à ce qui a été dit à l'anatomie pathologique. Les douleurs souvent très violentes, le gonflement du membre aussi bien que l'impossibilité de le remuer, les commémoratifs permettent un diagnostic facile. Quant au pronostic, il doit certainement toujours être réservé.

Pour Aubry la consolidation serait la règle; il n'est malheureusement pas possible d'envisager cette proposition comme absolue. A côté de sujets guéris en quelques semaines (Berger, Picqué), il en est d'autres qui seront immobilisés pendant trois, six, huit mois (Bceckel); il en est d'autres enfin chez lesquels on a dû avoir recours à l'amputation ou à la désarticulation. La mort peut survenir soit par affaiblissement progressif du sujet, soit par l'apparition de phénomènes septico-pyohémiques.

§ 4. — Lésions des os plats et des os courts. Particularités qu'elles présentent suivant les diverses

régions.

Les lésions des os plats et des os courts méritent une étude spéciale.

Malgré l'identité des causes qui les déterminent, elles diffèrent des altérations des os longs. Plus rares, moins faciles à diagnostiquer, souvent plus profondes, elles sont d'autre part remarquables au point de vue anatomo -pathologique par l'étendue généralement moindre de la nécrose.

Lucke sur 24 cas d'ostéomyélite en a rencontré 6 portant sur des os courts ou plats; Volkmann, sur 29, deux seulement, comme Schede et Stahl (sur 24). Kocher l'aurait observée 3 fois sur 30 et Lannelongue 4 fois sur 24. En réunissant ces diverses statistiques on voit que 131 faits d'ostéomyélite aiguë ont donné 137 localisations sur lesquelles 17 seulement, soit 8, 2 pour 100, siégeaient sur les os courts et les os plats. Frôhner nous a fourni une nouvelle et importante série de faits recueillis à la clinique de Tubingue depuis une quarantaine d'années. Parmi les 4^70 lésions osseuses (sur 403 sujets) étudiées dans le mémoire de Haaga, il se trouve 23 cas d'ostéomyélites des os courts et plats, Frôhner ajoute 11 nouvelles observations, qui réunies aux 23 précédentes donnent un total de 34; ce qui permet d'établir le rapport de 13, 8 pour 1 relativement à la fréquence comparée des localisations sur les os longs et sur les os plats et courts.

Le tableau suivant dressé par Frôhner permet de se rendre compte, à première vue, du siège et de la fréquence relative des lésions que nous étudions.

Il comprend les statistiques de quelques chirurgiens ajoutées à celle de Bruns :

(1) Frôhner, Beilriige z. Kenntniss der akut. infect. Osteom. der kurz. und plaît. Kn. (Arch. z. klin. Chir., (889, p. 78).

Liicke.

Yolkmann .

Scliedc.

Rocher. Lannelongue. Bruns.

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