‹ Maladies infectieuses et parasitaires des osChapitre 82 sur 163 · AGE · texte numérisé non relu

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Les cinq premières années après la naissance nous donnent 3,81 p. 100; les cinq suivantes 20,34 p. 100; pendant la première enfance l'ostéomyélite est donc peu fréquente, mais la proportion augmente à mesure que s'effectue la croissance du squelette.

La première dizaine avait fourni 26,15 p. 100; la seconde donne 59,56 pour 100.

Si l'on étudie de plus près la répartition des cas d'ostéomyélite pendant cette période, on voit que l'âge le plus prédisposé est compris entre 13 et 17 ans; à lui seul il nous représente les 42 p. 100 de l'ensemble des malades observés. A partir de 20 ans, la prédisposition s'éteint brusquement.

La troisième dizaine nous donne 9,2 p. cent. La quatrième dizaine 2,67 p. 100, la cinquième 1 ,94 p. 100 ; au delà il n'y a aucun fait à signaler. Nous ferons remarquer que dans les chiffres précédents, il n'est question que de la date du début de la maladie et non des récidives.

L'éclosion de l'ostéomyélite s'effectue donc habituellement entre 13 et 1 7 ans ; plus tard, après 25 cas, c'est une véritable rareté.

Lohmann (1) a étudié récemment l'ostéomyélite survenant à l'âge adulte ; son mémoire est basé sur 21 cas, dont deux personnels. Les deux plus âgés avaient 50 et 54 ans : fait curieux, six d'entre ces sujets présentèrent des lésions de l'épiphyse avec suppuration articulaire consécutive. Citant les 14 faits observés à Tûbingue (sur 500 cas), Garré montre qu'aucun âge n'est à l'abri d'une poussée pri-

(1) Lohmann, Inaug. Dissert. Greifswald., 1892.

mitive d'ostéomyélite ; quant à la fréquence des lésions épiphysaires et par suite des complications articulaires, elle tient à la disparition de l'obstacle naturel créé par le cartilage de conjugaison à l'égard de l'extension du processus. De là, le caractère éminemment grave d'un grand nombre de ces faits. Kraske, Berger, Albert (1) ont publié des faits d'ostéomyélites des adultes.

Quant au sexe, la proportion serait tout en faveur du sexe masculin, les ostéites étant à peu près trois fois plus fréquentes chez l'homme que chez la femme. Cela peut s'expliquer par la fréquence plus grande des traumatismes, la turbulence des jeunes garçons, et les travaux plus pénibles des jeunes gens et des adultes.

Les diverses statistiques publiées par les auteurs précités, par Billroth (118), nous donnent une proportion de 77,7 p. 100 pour le sexe masculin, 22,3 p. 100 pour le sexe féminin.

Les résultats sont à peu près les mêmes pour Haaga, 77,17 p. 100 sexe masculin, 22,83 p. 100 féminin.

Madelung (2) considère les ostéomyélites infectieuses comme plus fréquentes dans le nord de l'Allemagne; Lûcke désigne Berne, les régions montagneuses, les hautes vallées comme le siège classique de ces affections; Volkmann les croit plus fréquentes à la campagne qu'à la ville.

Nous ne reproduirons pas les détails fournis sur cette question par l'assistant de Bruns; il démontre, par ses recherches, qu 'aucune localité ne peut être considérée comme indemne et qu'il n'y a aucune différence entre les citadins et les habitants des campagnes. Néanmoins, si nous interrogons nos souvenirs, il nous semble que la plupart des enfants atteints d'ostéomyélites appartenaient à des familles de paysans.

Le surmenage, les efforts de traction, l'action de soulever, notés douze fois, jouent un rôle absolument démontré ; le fémur, l'humérus, le tibia étaient, dans ces observations, les os lésés.

Quant à la profession, elle ne paraît jouer aucun rôle prédisposant à l'ostéomyélite. C'est ce que démontrent les recherches de Haaga sur 116 individus adolescents ou adultes; 143 de ses sujets étaient des écoliers et 33 avaient moins de 7 ans.

Kocher, Lûcke, admettaient l'influence d'une température basse ; Haaga arrive aux résultats suivants :

22,40 p. 100 se sont montrés au printemps. 27,47 — - Tété.

26,37 — — l'automne.

24,80 — — l'hiver.

(1) Berger, loc. citât. — Albert, Wien. medic. Presse, 1837.

(2) Madelung, Versammlung der Naturfors. Kôln, 1888.

Dès lors, aucune saison ne peut être regardée comme fournissant particulièrement à l'éclosion de l'ostéomyélite. Ce résultat est contraire à l'opinion de Pertik(l), pour qui les saisons froides peuvent figurer comme cause occasionnelle de la maladie, le tégument et les muqueuses étant intacts.

Sur 403 cas, 37 fois (soit 9,2 p. 100) le refroidissement est indiqué comme cause de l'ostéomyélite ; la plupart du temps à propos de bains froids pris pendant le mois d'août. Sept fois, il existait un rapport absolument certain et évident entre l'impression du froid et l'apparition des symptômes.

L'action du traumatisme est signalée dans 58 cas (14,4 p. 100), sur lesquels 18 peuvent être considérés à coup sûr comme relevant d'une telle cause.

L'importance delà chute (5 à 10 pieds), de la violence exercée sur l'os malade, est ici manifestement l'origine de l'ostéomyélite. Dans 4 cas, celle-ci s'est montrée à l'extrémité inférieure du tibia deux ou trois jours après une entorse du cou-de-pied. Nous avons déjà insisté sur l'importance des désordres décrits par Ollier, sous le nom d'entorse juxta-épiphysaire ; il est certain qu'ils doivent intervenir bien souvent dans la pathogénie de l'ostéomyélite.

Nous avons dit dans quelles conditions générales s'effectue la localisation des microorganismes, ainsi que les phases de la lutte qui s'engage entre eux et les éléments normaux. Les désordres qui en sont la conséquence contribuent comme les phénomènes réactionnels à donner à ces divers cas d'ostéomyélites infectieuses leur physionomie particulière. Bien des points sont encore obscurs, nous ne possédons à ce sujet que des documents insuffisants.

Une première question se pose, encore indécise, mais dont on peut prévoir la solution : Les microbes agissent-ils par leur présence, et cela sur les éléments anatomiques en contact immédiat avec eux, ou peuvent-ils produire les effets pathologiques à distance, et même en leur absence, par les produits solubles qu'ils ont fabriqués? Ces deux opinions semblent vraies ; les produits solubles injectés sans traumatisme ou avec traumatisme, peuvent, croyons-nous, donner les mêmes résultats que l'inoculation des cultures qui les fournissent. L'influence de ces produits sur la mortification du tissu osseux est évidente ; dernièrement M. Dora obtenu des décollements épiphysaires parla simple injection de produits solubles.

Un autre point, dont l'importance est capitale, est le degré d'atténuation de ces produits solubles. En se basant seulement sur les faits cliniques, il est à prévoir que l'on arrivera à doser la virulence des pro-

(1) Pertik, Pesth. medic. Press, 1890.

duits solubles, de manière à obtenir toute la série des variétés d'ostéomyélites, depuis les formes suraiguës avec nécrose et suppuration abondante, jusqu'à l'ostéomyélite chronique d'emblée sous son aspect le plus simple, l'hyperostose. Diverses circonstances ne nous ont pas permis jusqu'à présent de vérifier expérimentalement ces hypothèses; nous espérons le faire plus tard.

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