QUATRIÈME PARTIE
SYMPTOMATOLOG1E
§ 1. — Symptomatologie générale. — Forme foudroyante. — Formes graves. — Complications. — Formes bénignes.
L'expérimentation et la bactériologie nous donnent aujourd'hui la clef des différences cliniques que peut présenter l'ostéomyélite infectieuse aiguë juxta-épiphysaire. L'état de virulence de l'agent pathogène, son mode d'introduction, sa nature, sa dose, comme la résistance plus ou moins efficace que lui oppose l'organisme, interviennent dans des proportions variables pour imprimer des
caractères fort dissemblables aux accidents, si bien que les termes extrêmes de leur série, envisagés isolément, paraissent relever d'entités morbides distinctes. Ceci apparaîtra plus clairement lorsque nous étudierons les formes atténuées ou chroniques. Afin de nous rapprocher le plus possible de la vérité, nous envisagerons successivement plusieurs types cliniques. Grâce à ce moyen, quelque peu schématique, il sera facile d'ordonner autour de chacun d'eux les faits observés.
Gosselin a décrit les cinq variétés suivantes : 1° ostéomyélite sans abcès laissant seulementde l'hyperostose ; 2° ostéomyélite avec abcès sus-périostique ; 3° avec collection sous-périostique au niveau du cartilage conjugal ; 4° avec envahissement articulaire ; 5° avec destruction du cartilage (décollement aigu de Klose).
Cette classification, basée sur la nature des désordres anatomiques, a l'inconvénient de laisser dans l'ombre les symptômes généraux ou du moins de subordonner leur importance à celle des troubles locaux. Or, on voit souvent succomber des sujets chez lesquels l'intoxication arrivée d'emblée à son maximum ne s'accompagne pas de localisations bien marquées. Sans prétendre qu'elle échappe à tout reproche, nous proposons la classification suivante :
1° Forme foudroyante. — - Les symptômes généraux dominent la scène; le sujet peut être emporté avant qu'il y ait des lésions accentuées.
2° Forme grave, par suite du siège, de la multiplicité des localisations, des complications articulaires... viscérales.
3° Forme bénigne, comprenant les faits terminés par la guérison rapide, complète et définitive.
Avant d'étudier chacune de ces trois catégories, indiquons à grands traits les symptômes cliniques les plus souvent notés :