‹ Maladies infectieuses et parasitaires des osChapitre 91 sur 163 · CRANE · texte numérisé non relu

CRANE

L'ostéomyélite des os du crâne survient chez de jeunes sujets (2 à 14 ans, Gérard Marchand) ; Chippault l'aurait vue après la rougeole avec un abcès sus et sous dure-mérien. Le début de l'affection

est brusque, marqué par une céphalalgie intense, des douleurs atroces, lancinantes ; la fièvre s'élève d'emblée à 39, 40°. L'état général devient grave ; le malade est plongé dans la somnolence, la torpeur ou le subdélirium . Dans un cas il y avait du délire avec agitation, carphologie . L'aspect des malades rappelle celui des typhiques, ou mieux « des maladies typhiques et septicémiques ».

Finalement les malades atteints d'ostéomyélite du crâne ne tardent pas, si une intervention active ne survient, à tomber dans le coma ; leur respiration devient stertoreuse, leurs pupilles largement dilatées ne réagissent plus et la mort arrive.

Quant aux symptômes locaux, masqués quelquefois par l'intensité des troubles généraux, ils sont constitués au début par la douleur ; mais celle-ci est souvent diffuse, il n'y a pas trace de rougeur, et ce n'est qu'au bout de trois ou quatre jours que surviennent le gonflement, la fluctuation et les signes évidents de lésion locale. L'abcès s'ouvre-t-il ou est-il ouvert, un pus fétide s'écoule, l'os apparaît dénudé ; la rapidité avec laquelle il se nécrose esl tellement remarquable que certains auteurs anglais indiquent ces cas sous le nom de nécrose aiguë du crâne (i). La maladie évolue très rapidement, huit, quinze jours au plus. Les complications locales (méningite, phlébite des sinus), ou générales (pneumonies, épanchements pleuraux, péricardiques), l'endocardite, la pyohémie... peuvent déterminer la mort. Le pronostic est si grave que Lannelongue a pu écrire : « Au crâne l'affection n'a d'autres terminaisons qu'une mort promptement survenue. »

La maladie peut être méconnue, mais le diagnostic, une fois l'attention attirée sur la lésion crânienne, ne peut rester longtemps hésitant. Quant au traitement, il est d'une urgence absolue; nous pensons avec Gérard Marchand que la résection, par la gouge et le maillet ou mieux encore la pince-gouge, des parties malades est la méthode de choix. C'est le meilleur moyen de faire une désinfection suffisante du foyer et de se mettre à l'abri des complications cérébrales.

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