LES GLUCOSES, SOURCE DES FORMIATES ET DU MOUVEMENT MOLÉCULAIRE
Partis des peptones, nous avons suivi les formiates dans leur évolution et leurs transformations en albumines de plus en plus denses, enfin en leucocytes ou fibrines jeunes, en fibrines adultes ou membrane enveloppante des cellules. De celle-ci, nous sommes passés au protoplasma, à la membrane hyaline, aux filaments chromatiques et enfin au nucléole.
Mais il faut que ce mouvement moléculaire soit ininterrompu. Comment donc va se produire la poussée continue de bas en haut? Comment les albumines jeunes s'adjoindront-elles de nouveaux formiates pour mûrir et évoluer incessamment?
C'est la substance glycogène et les glucoses dissous dans le sang qui, sous l'action de l'oxygène du globule rouge et des ferments
solubles répandus dans le torrent circulatoire par le leucocyte, vont se transformer en acide formique et produire ce mouvement ascensionnel constant. Ce sont les atomes constitutifs de l'amidon qui, revenant à leur état premier, vont rendre la chaleur et la force qu'ils avaient emmagasinées en se condensant, pour arriver jusqu'au sommet des composés ternaires.
Nous verrons que si la trame même de tous les organismes vivants est faite de formiates, V énergie, la force, le mouvement leur est donné par le soleil ayant pour intermédiaire encore un composé formique : la formaldéhyde.
LA GRAINE GERMANT PRODUTT DES FORIOATES QUI, EN SE CONDENSANT, GRÉENT LES ALBUMINOlbES
Pour bien saisir l'immense rôle de la formaldéhyde et des glucoses dans les organismes vivants, approfondissons leur organisation et leur désorganisation.
Sous l'influence de la chaleur et de l'eau, facteurs indispensables, la graine du végétal pendant la germination consomme d'abord
beaucoup d'oxygène et rend peu d'acide carbonique. Celui-ci parait avoir été soustrait sous forme d'oxyde de carbone C O.
(Boussingault). Une proportion assez forte d'hydrogène se dégage aussi. (Schultze).
A cette période de son développement, le végétal ne prend pas d'acide carbonique à l'air, il lui est même nuisible. (Saussure).
Le germe tire donc des cotylédons tous les éléments nécessaires à son évolution, c'est l'œuf de la plante.
Par quel mécanisme physico-chimique se produit cette évolution ?
Sous l'influence de l'humidité et de la chaleur, le ferment contenu dans la graine agit sur l'amidon et le dédouble. Les cellules qui composent le germe bénéficiant de l'énergie potentielle, résultat de ce dédoublement, prolifèrent. Comme cette énergie potentielle est utilisée au fur et à mesure de sa production, les dédoublements continuent et l'amidon se transforme en glucose, acides lactique, acétique, enfin, formaldéhyde.
A ce moment, le groupement C O H* dont le pouvoir chimique est augmenté par la température, conséquence de la régression
des glucoses, prend à Tair un atome d'oxygène et fait C 0* H^ acide formique, dont une partie se fixe sur les sels alcalins contenus dans la graine et fait des formiates; tandis que l'autre, continuant à s'oxyder, se transforme en 0* + H* 0, qui s'élimine partiellement.
Cet acide carbonique a été enlevé à la plante, comme le pensait Boussingault, sous forme de C 0. C'est ainsi que la graine perd du carbone pendant cette période fœtale.
Sous cette première poussée, les cellules du germe vont sécréter leur première chlorophylle dont MM. Gautier et Mitiriazeff ont montré l'énergique pouvoir réducteur.
Celle-ci réduit alors H^O et met H* en liberté. Or, on sait que l'hydrogène naissant en présence des bicarbonates alcalins donne desformiatesH2+C03HKrzC02HK+H20.
Nouvelle production de formiates.
Mais cette chlorophylle pourra aussi réduire la potasse si abondante dans la graine. K O H va être disloquée. se fixera sur la chlorophylle, H s'éliminera et sera L'hydrogène trouvé dans l'atmosphère entou-
— Gérant la graine» K sera ramené à Tétat de potassium.
Or, MM. Kolbe et Schmitt ont montré que K, en présence de l'acide carbonique et de l'eau, forme des formiates et des bicarbonates.