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LA FÉCONDATION ET LE SPERMATOZOÏDE

L'œuf à maturité est une cellule en équilibre parfait. 11 tombe, lorsque toutes ses parties constituantes sont au complet. Aussi, devra -t-il être fécondé sur l'oyaire. Pendant qu'il sort de la vésicule de de Graaf, les spermatozoïdes le pénétreront. C'est par analogie moléculaire que se fera cette pénétration.

Elle est rendue possible par le mouvement moléculaire qui va de dedans en dehors et qui a commencé au moment de l'arrivée de la vésicule de Balbiani dans l'ovule. Sans ce phénomène chimique la fécondation serait impossible. C'est ainsi que le spermatozoïde sera bu par la membrane vitelline, qui prendra à la couche externe de ce dernier les

éléments nécessaires à réparer les pertes que lui font subir les plastides qui cèdent incessamment au noyau de quoi évoluer.

Que peut être le spermatozoïde ?

Nous savons qu'il provient du morcellement des cellules des canaux spermatiques.

Ces cellules, appelées suivant la période de leur évolution, du nom des savants qui les ont étudiées (Henle, Kolliker, Sertoli) ont très probablement l'organisation de toutes les autres cellules; les éléments constitutifs peuvent varier légèrement de forme, mais au fond c'est toujours la même disposition.

Il n'est donc pas téméraire de penser que chaque spermatozoïde sera formé (Tune partie de chacun des milieux de la cellule mère. Il sera donc composé d'un collier de plastides de la cellule mâle amenant avec lui un collier de plastidules et, au bout de celui-ci, un fil chromatique.

La tête du spermatozoïde serait composée des plastides rétractées, parties les plus volumineuses de la cellule. La zone de protoplasma que l'on voit entre la tête et le point d'implantation de la queue, ne sera que le vestige de la membrane hyaline à laquelle.

nous l'avons dit, viennent s'implanter les colliers de plastides. La queue est composée des plastidules faisant suite aux plastides, enfin d'un fil chromatique.

La cellule de Sertoli, à notre avis, serait la cellule à maturité, au moment où elle se morcelle pour libérer les spermatozoïdes.

CELLULE DE SERTOU A HATURrTÉ

Figure I.

1«> Membrane d'enveloppe de la cellule ;

2* Membrane hyaline ;

3<> Collier de plastides suivi d'un collier de plastidules, et d'un fil chromatique; le tout compose un spermatozoïde dont nous allons suivre les mouvements ;

40 Comme le précédent;

5« Pied de la cellule. Cette cellule ne recevant d'alimentation que par ce point, il est tout naturel que lorsqu'elle sera à maturité elle se rompe sur le point diamétralement opposé qui sera le moins nourri ;

6« Suc nucléaire ;

70 Suc plastidien.

Figure II,

Cette figure montre la cellule de Sertoli après la rupture de la membrane hyaline. Les sucs plastidiens et r.ucléaires venus en contact ont produit de l'acide formique qui, agissant sur les colliers de plastides et plastidules, les rétracte. Sous cette traction la membrane d'enveloppe s'est rompue, et, par l'orifice ouvert, les sucs nucléaires et plastidiens sont expulsés, divisant et entraînant les extrémités internes de ces colliers.

Les extrémités externes fixées sur la membrane enveloppante vont suivre le mouvement de rétraction de cette membrane.

Figure III,

La membrane enveloppante se rétractant vers le pied de la cellule, on voit la tête des spermatozoïdes réunis sur ce pied.

Figure IV, ,

La rétraction de cette membrane a continué, et la cellule de Sertoli, au moment où les spermatozoïdes vont se détacher, a cette apparence.

Voici comment on pourrait expliquer cette

libération, en appliquant à cette cellule la théorie sur la karyokinèse générale.

 maturité» la membrane hyaline de cette cellule se rompt; immédiatement après, la membrane d'enveloppe en fait autant à la partie diamétralement opposée à son pied.

Cette membrane se rétracte vers sa partie fixe, entraînant les extrémités des plastides (qui ne seraient autres que les têtes des spermatozoïdes), les sucs plastidien et nucléaire sont expulsés par l'orifice ouvert. Dans ce mouvement d'éjaculation, ces liquides entraînent et divisent les colliers de plastidules et les fils chromatiques. Ainsi les têtes des spermatozoïdes se trouvent ramenées sur un même point, le pied de la cellule, à laquelle ils adhéreront encore quelque temps. Leur queue ou fil chromatique flotte librement dans la lumière du tube testiculaire.

Mais de même que dans l'œuf chaque système de plastides, plastidules et fil chromatique doit avoir sa spécificité, pour servir, dans le développement de l'embryon, de point de concentration à des molécules de même composition, de même la cellule ou ovule mâle aura une série de spermatozoïdes

dont chacun correspondra à cette spécificité et dont chaque molécule aura un poids immédiatement inférieur à celui de la plastide femelle à laquelle elle est destinée.

Il est logique de penser que la cellule ou ovule mâle a la même disposition que Tœuf femelle. Par conséquent, nous pouvons déduire de cette opinion qu'à chaque plastide spécifique de l'œuf doit correspondre un spermatozoïde de même nature, que pour chaque système de plastides spécifiques il doit y avoir un .fil chromatique spécial. Ten conclus donc qu'il doit y avoir dans la cellule mâle autant de spermatozoïdes que de fils chromatiques dans l'ovule. C'est dire que pour la fécondation tous les spermatozoïdes d'une cellule me paraissent indispensables. La cellule mâle se fond tout entière dans la cellule femelle.

Ce spermatozoïde va laisser une de ses enveloppes à chaque milieu correspondant de l'œuf et, continuant son voyage vers le noyau, il créera des traînées de molécules qui resteront toujours liées entre elles. De ce fait, chaque plastide qui avait déjà un lien chimique avec ses voisines, et par elles de

proche en proche avec le noyau, en aura un nouveau.

Mais ce nouveau lien sera orienté d*une façon inverse au premier, c'est-à-dire que la molécule laissée par le spermatozoïde le long de chaque plastide opposera son bout basique au bout acide de cette dernière. En effet, l'orientation moléculaire de ce spermatozoïde est dirigée de sa tête vers sa queue, le bout acide tourné vers la tête puisqu'il n'est qu'un morceau de la cellule spermatique.

Et nous savons que la tête correspond aux plastides, partie la plus externe de la cellule, tandis que la queue ou fil chromatique correspond à sa partie interne.

Or, le spermatozoïde pénètre l'œuf la tête d abord et va jusqu'à la partie la plus centrale.

Nous voyons donc que la partie du spermatozoïde qui formait la partie externe de la cellule mâle va s'adapter à la partie interne de la cellule femelle et vice versa.

En un mot, la cellule mâle s'adapte à la cellule femelle, en opposant l'orientation de ses éléments. Ce sera là l'origine des phénomènes centrifuges de la vie de relation.

Le spermatozoïde créera donc le système nerveux.

De la fusion de ce spermatozoïde avec le noyau, résultera un composé formique ayant une activité chimique plus considérable, qui augmentera le mouvement moléculaire déjà commencé de dedans en dehors, et l'œuf, ainsi pourvu de provisions et d'énergie, pourra entreprendre son voyage, privé du secours de la tension artérielle qui apportait, sans efforts, à son noyau, tous les éléments nécessaires à son développement.

Le spermatozoïde joue ici le rôle du leucocyte vis-à-vis de la cellule. Mais ce rôle est plus élevé, puisqu'il va alimenter tous les milieux de l'œuf et donner à celui-ci l'énergie nécessaire à traverser une nouvelle phase de son évolution vers l'être parfait.

On ne saurait admettre que le spermatozoïde soit l'être tout entier qui se développerait dans un milieu favorable, l'œuf.

Dans ce cas, un seul spermatozoïde suffirait à la fécondation, tandis qu'il est démontré aujourd'hui qu'il en faut un certain nombre.

C'est à cette organisation qu'est dû le

partage en quatre du fil chromatique au moment de la segmentation de la cellule. A maturité, en effet, il sera composé de deux traînées de fibrilles centrifuges et de deux centripètes. Chaque couple de colliers, dont l'un est centrifuge et l'autre centripète, entraînera vers l'aster correspondant une traînée de ceë fibrilles. Le nucléole sera ainsi en relations parfaites avec toutes les granulations protoplasmiques, puisque les spermatozoïdes, en les traversant, se sont combinés avecchacune d'elles.

Le spermatozoïde a donc apporté à l'œuf l'énergie nécessaire pour continuer son évolution et passer de l'état de cellule fixe à celui de cellule libre, se suffisant à elle-même. En tendant des fils sur son passage, il donne au nucléole, tête de l'être futur, la possibilité de transmettre aux extrémités des impressions nées de lui, tandis que jusqu'alors, le centre subissait fatalement les phénomènes de la chaleur, de la pression et de la lumière, sans intervention de sa part.

La meilleure preuve que l'on puisse donner de la réalité des fonctions du spermatozoïde, comme créateur du système nerveux, est

dans le fait du partage en quatre du fil chromatique dans la cellule animale, tandis qu'il se partage seulement en deux dans la cellule végétale.

Dans celle-ci, en effet, il ne se produit que des phénomènes centripètes. La fécondation de l'ovule végétal n'est en rien semblable à celle de l'œuf et le grain de pollen n'est pas l'homologue du spermatozoïde.

A mon avis, ce grain de pollen remplit les fonctions de la vésicule de Balbiani ; il fixe l'orientation moléculaire des éléments constituant l'ovule et détermine comme chez l'animal la production d'une membrane d'enveloppe; mais de fécondation au sens habituel du mot, je n'y crois pas dans le végétal.

La fécondation est un phénomène nouveau dans l'échelle des êtres; avec lui la vie monte d'un degré. Tandis qu'elle n'est jusque-là que le résultat fatal, brutal de phénomènes physiques et chimiques, elle va pouvoir sinon s'en affranchir, du moins les modifier à sa convenance lorsque, des orientations moléculaires de deux cellules superposées et dirigées en sens contraire^

naîtra le phénomène réflexe, d'où le mouvement.

L*organisatîon de Tœuf animal est semblable à celle de l'ovule végétal jusqu'au moment de la fécondation.

Mais, dès que les spermatozoïdes, en traversant cet œuf, ont pris contact avec les plastides et les ont reliées par des traînées de molécules nouvelles à un point central, tout change.

Tout phénomène chimique qui se produira dans une plastide, ébranlera le centre où elle est attachée, et de ce centre cet ébranlement moléculaire sera transmis à toutes les autres plastides.

A partir de ce moment l'œuf se développe harmonieusement, si je puis m'exprimer ainsi. Les phénomènes extérieurs viennentils impressionner un point quelconque de sa surface, immédiatement l'ensemble en reçoit le contre-coup. Aussi l'œuf évoluera toujours de la même manière dans une même espèce.

Les plastides de l'ovule végétal, au contraire, n'étant pas reliées à un centre commun par les spermatozoïdes, donneront

naissance à des cellules que rien ne mettra en relation.

Elles évolueront cependant suivant un rythme défini et créeront le végétal. Mais les phénomènes extérieurs agissant localement sur telle ou telle partie de ce végétal y détermineront des réactions chimiques localisées qui en modifieront la croissance et la forme.

Aucune partie du végétal n'est indispensable à l'ensemble, puisque chacune évolue indépendamment de sa voisine; dans l'animal, au contraire, les réactions chimiques de chaque partie concourant, grâce au système nerveux, à un but commun, toute lésion grave de Tune des parties retentira sur l'ensemble; si cette lésion porte sur le système nerveux central, elle sera mortelle.

Enfin, on pourrait trouver une autre preuve de la formation du système nerveux par le spermatozoïde dans la composition chimique de ces deux éléments.

Gobley, dans un travail très complet sur la laitance des poissons osseux, démontre que cette substance, en dehors de l'aspect macroscopique très semblable à celui de la

substance cérébrale, est d'une composition chimique identique.

L'œuf en évolution roule dans les trompes et va vers l'utérus. Il continuera son voyage jusqu'au moment précis où le supplément de vie apporté par les spermatozoïdes sera épuisé. Le noyau, en effet, continue de puiser dans le protaplasma environnant, celui-ci dans la membrane vitelline ; cette dernière, à son tour, puisera dans l'épithélium utérin et s'y fixera. Cet épithélium deviendra alors la partie externe de la membrane vitelline.

On comprendra ainsi comment l'œuf, retenu en route par une raison quelconque, se fixera sur n'importe quelle muqueuse, dans les trompes ou dans la cavité péritonéale, dès que ses provisions seront épuisées.

A ce moment, la tension artérielle recommence à se faire Sentir pour envoyer les albumines vers le nucléole de l'œuf et tuméfier la muqueuse autour du premier point d'attache, ce qui facilite le contact de la vitelline avec cette muqueuse. Le même phénomène continuant à se produire, l'œuf est bientôt entièrement enveloppé, la face externe de la vitelline se confond avec l'épi-

thélium utérin. Ainsi entouré de toutes parts par la muqueuse et recevant par le fait de la tension artérielle les principes indispensables à son développement, il continue son évolution.

Comme toutes les cellules de l'organisme proviennent du dédoublement de celle-ci, il nous est permis de croire que les molécules constituant chaque cellule auront la même orientation*

Nous voyons donc : 1** Que ces corps albuminoîdes si différents en apparence ne sont que des condensations, des modifications de la même substance en évolution; 2° Qu'ils forment une chaîne ininterrompue allant des peptones aux nucléoles ; 3« Que celte évolution se fait grâce à des phénomènes physiques et chimiques. Les premiers poussant la molécule albumine de bas en haut, orientent toutes les molécules de dehors en dedans. Les seconds maintiennent cette orientation et la rendent indépendante des premiers. Enfin, les spermatozoïdes en déterminent une nouvelle, en sens contraire, juxtaposée à celle-ci.

Ainsi, l'organisme tout entier ne formera

qu'un tout admirablement uni. Les moindres changements apportés par les phénomènes extérieurs à Tune quelconque de ses parties retentiront immédiatement sur l'ensemble.

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