EN ÉQUILIBRE UTILISATION DES GLUCOSES POUR LEUR DÉFENSE
Nous connaissons assez maintenant le mécanisme physico-chimique de la vie, pour comprendre comment un organisme est invulnérable tant qu'il garde son équilibre, comment il le perd, et comment on peut bien le lui rendre.
A l'état d'équilibre parfait, le sang, ce liquide demi-vivant, est saturé d'albumines, qui évoluent vers la vie cellulaire. Ces albumines, condensations de formiates, sont poussées dans leur marche ascendante par la chaleur, la lumière, la pression, en présence de r oxygène.
Celui-ci détermine dans le sang avec les glucoses et un ferment soluble une production continue d'acide formique. Aussi, le sang est-il comme on le sait depuis longtemps, bactéricide.
Par conséquent, de ce côté, rien à craindre.
Les ennemis entreront-ils par la bouche avec l'alimentation? C'est bien difficile. La salive contient un ferment soluble qui va se dédoubler, à peine sécrété, et donner naissance à des formiates qui transforment l'amidon en glucoses.
S'ils échappent à cette première décharge formique, ils arrivent dans l'estomac où ils vont subir de nouveau le contact de l'acide formique, principe actif du suc gastrique, et cause de sa puissance bactéricide.
Le microbe sera-t-il aspiré pendant la respiration nasale, il passera sur la pituitaire, ou sur la muqueuse du rhinopharynx, il y sera englué dans un mucus caustique, contenant un composé formique et deviendra inoffensif.
Pendant la respiration buccale, l'air passe sur les amygdales qui stérilisent par leur sécrétion les poussières venues du dehors.
Du côté de la peau, l'organisme est protégé par l'épitliélium et aussi par l'acide formique contenu dans la sueur.
Celui-ci n'est qu'un très faible témoignage de l'activité formique considérable qui se produit dans toute son étendue.
C'est à la périphérie du corps, en efifet, que l'activité formique sera la plus grande :
1° Parce que la tension artérielle y est moindre que dans les parties centrales du corps; nous savons que la tension règle cette production;
2° Parce que la peau recevra l'oxygène par le contact de l'air et les apports du sang; d'où plus grande facilité pour la régression des glucoses;
3<^ Elle est la partie la plus immédiatement impressionnée par la lumière et celle-ci augmente l'activité des sels formiques. (C'est la cause des effets thérapeutiques des rayons de Roetgen et de Finsen.)
Les conséquences de cette suractivité formique de la peau sont :
1° La formation de l'épithélium corné. Les cellules épithéliales sont durcies par les vapeurs incessamment renouvelées d'acide formique;
2° Son aseptie. Les microbes peuvent bien reposer sur l'épithélium, mais ne peuvent pénétrer sous peine de mort rapide.
C'est à la disparition de cette active pro-
duction formique que sont dues la plupart des maladies microbiennes des téguments externes.
Cette production considérable de formiates, grâce au contact de l'air et aux diverses causes déjà énumérées, nous expliquera les conséquences si graves des lésions très étendues de la peau.
Mais comment l'organisme va-t-il se défendre si l'épithélium protecteur se rompt et si les microbes pathogènes tombent sur la plaie?