GENÈSE DE LA CELLULE CANCÉREUSE
Nous venons de voir les effets d'une toxine produisant des réactions vives avec prolifération cellulaire, et, quelquefois même, avec mortification des cellules.
Supposons maintenant l'arrivée d'un microbe très petit, à toxines très peu actives, sur un point quelconque d'un organisme très anémié.
Aucune réaction ne se produira. Cet organisme est pauvre en glucoses, en ferments solubles, pauvre en fibrine et albumine, pauvre en oxygène. Les toxines que va sécréter ce microbe, en apparence indifférent, imprégneront les tissus dans lesquels il colonise. Sur ces points, les glucoses seront plus activement transformées que dans le reste de l'organisme et les cellules voisines, bénéficiant de leur énergie potentielle, proliféreront rapidement. Elles utiliseront les leucocytes dégénérés que les cellules normales n'assimilent que péniblement. Ces leucocytes.
à poids moléculaire inférieur, vont donc créer une cellule inférieure et ajouter l'activité de leur noyau à celle de la toxine.
Cette première cellule dégénérée donnera naissance à une fille, qui dégénérera à son tour, parce qu'elle est nourrie avec des leucocytes qui baissent graduellement de poids moléculaire et ainsi de génération de cellules en génération. Le cancer est né.
Du centre de la tumeur à la périphérie, nous devons donc trouver des cellules diminuant graduellement de poids moléculaire.
Elles ont suivi la marche descendante du leucocyte, celui-ci des albumines, celles-ci de la tension artérielle. La cellule adulte est redevenue fœtale.
M. Cornil nous apprend que toutes les tumeurs, sans exception, peuvent se développer dans le tissu conjonctif. Cet éminent histologue a montré qu'au début de presque toutes les tumeurs on trouve une irritation du tissu conjonctif, caractérisée par V hypertrophie et la multiplication des cellules plasmatiques, en même temps que par la présence de leucocytes en plus ou en moins grande abondance.
Ces faits pourraient s'expliquer ainsi par la théorie que nous venons d'exposer.
Les cellules plasmatiques paraissent avoir une composition chimique neutre, c'est-àdire qu'elles ont la trame commune à toutes les cellules (formiate d'albumine et de soude, par exemple) ; elles pourront devenir spécifiques en assimilant les molécules d'un sel formique, créant une spécificité.
Leur poids moléculaire est le plus faible puisque ce sont les premières cellules qui disparaîtront par l'autophagisme. Nous savons comment le leucocyte pourra résorber ces cellules inférieures, donner, grâce à son noyau, une spécificité à leur substance, la mûrir et la repasser ensuite aux cellules nobles de Vorganisme.
Au début des tumeurs, ces cellules plasmatiques, dont l'activité est considérablement accrue par la toxine du microbe, boivent avidement les leucocytes que l'on voit autour d'elles.
Ces leucocytes ont une spécificité qui correspond à celle du ganglion générateur.
Le type du leucocyte qui prédominera sera donc celui qui correspondra au groupe gan-
glionnaîre le plus actif. Si nous supposons que, dans ce cas, le ganglion à type chaux est le plus énergique, les leucocytes de même type vont donner leur spécificité aux cellules plasmatiques en suractivité. Ainsi sera créée la cellule dégénérée à type chaux, point de départ de la tumeur osseuse. Celte cellule nouvelle donnera naissance à d'autres cellules de même type qui dégénéreront progressivement, comme il a été dit.
Suractivité ou mortification cellulaire sont produites par la même réaction chimique, la transformation des glucoses par les toxines; il n'y a qu'une différence de plus ou de moins. Une toxine violente sur des glucoses abondantes produit, en présence de l'oxygène, une décharge formique mortelle pour la cellule et le microbe; les glucoses et l'oxygène, au contraire, sont-ils rares et la toxine modérément active, c'est la suractivité cellulaire locale. Ici, comme dans la tuberculose, le point de départ est le microbe, l'arme, la toxine ; les résultats sont identiques au début. Mais ils diffèrent ensuite à cause du poids moléculaire des albumines, plus élevé en général chez les tuberculeux que chez les
cancéreux, et surtout à cause de l'activité de la toxine du bacille plus grande que celle du microbe du cancer. Pour ces raisons, la suractivité cellulaire dans la tuberculose est toute locale. La tuberculine déterminera de temps en temps des révoltes de l'organisme, des poussées fébriles avec élimination des tubercules.
Dans le cancer, jamais de révolte; plus les glucoses s'usent sur les points envahis, plus il y en arrive, en vertu de la tension de dissociation des liquides de l'organisme. Plus il en arrive, plus l'activité cellulaire va s'accroître sur ces points. Les cellules se multiplient si rapidement, grâce aux nombreux leucocytes dégénérés qui les entourent, qu'elles n'ont pas le temps de mûrir. Leur poids moléculaire baisse progressivement, elles ne produisent plus que des tissus fœtaux.
L'organisme, déjà affaibli, s'amoindrit encore. Une bonne partie des glucoses destinées à l'ensemble se dépense au seul profit du néoplasme et d'une façon inutile. En effet, cette régression se faisant dans une lymphe désoxygénée ne peut être que partielle. Les glucoses ne rendent qu'une partie de leur
énergie et sont éliminées sous forme d'acétates, oxalates, lactates, etc.
Il ne ne forme pas d'acide formique pour mûrir les albumines et défendre l'organisme.
La régression anaérobie des glucoses, dans le cancer comme dans toutes les maladies, est donc une perte considérable pour le sujet envahi.
Les albumines vont donc, de ce fait, se raréfier et perdre encore de leur poids moléculaire; le leucocyte ne sélectionnera que des albumines inférieures, et bientôt la fibrine leucocytaire sera plus en rapport avec le poids moléculaire de la cellule néoplasique qu'avec celui de la cellule normale*
A ce moment, ce n'est plus le cancer qui est Fintrus, le tissu étranger, mais bien les éléments premiers qui ne sont plus dans un milieu viable, tout échange moléculaire leur étant devenu sinon impossible, du moins très difficile. C'est la cachexie et la mort.
C'est alors que nous verrons se produire cette anomalie apparente des leucocytes augmentant de nombre pendant que la fibrine du sang diminue. Us augmentent» non
parce qu'il s'en produit davantage, mais parce qu'ils restent inutilisés.
Tout s'est passé sans aucune réaction, M. Brault nous apprend que c'est là un fait constant; la cellule normale se laisse déplacer, étouffer par sa nouvelle sœur, sans qu'on puisse trouver trace de lutte, de réaction.
C'est ainsi que procède le cancer à marche rapide; mais il n'en est pas toujours de même. La vitesse avec laquelle évolue cette maladie ne tient pas à son essence, qui est toujours la même (action d'une toxine faible sur une lymphe pauvrefen glucose et désoxygénée), mais seulement à la résistance que lui oppose l'organisme.
Si ce même travail se produit chez un sujet moyennement affaibli, le résultat sera bien différent. Les leucocytes gardant un poids moléculaire encore élevé, ne favoriseront que très médiocrement le développement des cellules néoplasiques ; les glucoses étant encore abondantes et déjà bien ébranlées par le ferment soluble que ces leucocytes vigoureux répandent, produiront avec les toxines et l'oxygène rare, mais non ab-
sent, des décharges formiques suffisantes, sinon pour annihiler le microbe, du moins pour en ralentir la reproduction. Moins follement utilisées sur ces points, les glucoses y viendront moins abondantes; aussi, la quantité de glucoses trouvée dans les tumeurs est-elle proportionnelle au degré d'activité de celles-ci.
Les cellules néoplasiques, dans ce milieu impropre à leur évolution, végètent; les décharges formiques étant insuffisantes pour les désorganiser, elles se momifient, et forment des noyaux durs, privés de toute activité : c'est le squirre/
Si l'organisme remonte encore et reprend tout son équilibre, le squirre se momifie entièrement, le microbe est phagocyté ou transformé en spore et reste emprisonné.
Cette production de cellules anormales se tasse et reste sur place comme un corps étranger aseptique : c'est le cancer guéri.
C'est là le mode de guérison qui suit les réactions violentes de l'organisme. Un érysipèle, par exemple, survenant chez un cancéreux encore énergique, pourra arrêter momentanément la prolifération néopla-
sique, par la poussée de fibrine qu'il détermine. Le poids moléculaire des leucocytes augmentant très rapidement, la cellule cancéreuse meurt dé faim; elle se momifie. Il y a une trop grande distance chimique entre elle et ce leucocyte, pour qu'il puisse y avoir échange entre eux.
Maissi,par un traitement bien dirigé, nous élevons doucement et progressivement le poids moléculaire de ce leucocyte, il arrivera un moment où il sera d'abord égal, puis légèrement supérieur à celui de la cellule dégénérée; alors les échanges entre ce leucocyte et cette cellule recommenceront, mais en sens inverse. Cette fois, c'est le leucocyte qui, chimiquement supérieur, désagrège et reprend à la cellule ce qu'il avait donné. C'est ainsi que le leucocyte fait disparaître les cellules inférieures. Comme le même travail se produit dans toutes les maladies qui ont déterminé des suractivités cellulaires, on comprendra combien il est utile, nécessaire, indispensable, capital, de marcher lentement au début. Il faut élever progressivement le poids moléculaire des albumines pour ne pas couper toutes relations entre le leuco-
cyte et le tissu de nouvelle formation. Sans quoi, il ne régressera jamais, il se momifiera.
C'est pour cela que la méthode des injections hypodermiques, qui est brutale et donne des résultats violents, immédiats et intermittents, est tout à fait mauvaise.
Un organisme qui a baissé lentement, uniformément et continuellement doit être relevé par un effort lent, uniforme et continu. On ne peut arriver à ce résultat que par les formiates pris par ingestion.
Ce qui est vrai pour le néoplasme luimême, l'est aussi pour le ganglion cancéreux. S'il n'est déjà momifié en partie au début du traitement, en marchant lentement, il pourra rétrocéder. Mais si, pendant le cours de la maladie, l'organisme s'est révolté sous l'influence d'une toxine nouvelle plus active, des parties du cancer ou du ganglion cancéreux auront pu déjà se momifier; ces parties régresseront très lentement ou même pas.
Mais alors, où reconnaîtra-t-on que le cancer est en voie de guérison ?
Le cancer sera en voie de guérison lorsque le traitement aura élevé suffisamment le
poids moléculaire du leucocyte pour que le sens des échanges entre les cellules néoplasiques et ce dernier soit renversé. Ce résultat s'obtiendra rapidement si le malade n'est pas à la fin de sa course, si on traite un malade et pas un moribond.
Pour pouvoir mûrir des albumines, élever leur poids moléculaire, encore faut-il que ces albumines existent. Or, à une période très avancée de la maladie, le sang des cancéreux est comme de l'eau. Comment en serait-il autrement puisque la maladie n'a pu naître que chez un organisme dont la lymphe est pauvre en glucoses et dépourvue d'oxygène.
M. Quinquaud nous apprend, en effet, que si pour un kilo de sang desséché d'individu normal, on trouve 125 gr. d'hémoglobine, le même poids n'en contient plus que de 50 gr.
à 40 gr. pour le cancéreux déjà avancé.
Et si l'on songe à la quantité de sang si fluide de cancéreux qu'il a fallu pour faire un kilo de sang desséché, on verra que la somme d'hémoglobine restant à ce malade, par rapport à son poids total, est peut-être six ou sept fois inférieure à celle de l'homme
sain. Dans ces conditions, il n'y a pas de défense possible.
Le cancéreux perd donc son hémoglobine, et partant, tous les éléments nobles du sang, puisque ces éléments sont dans un rapport constant, plus facilement que le tuberculeux.
Ce fait s'explique par la marche même de ces deux maladies. La toxine du bacille très active, produisant de temps en temps des accès de fièvre, détermine des poussées Aématoblastiques.
 ce moment, tous les éléments nobles du sang augmentent, l'organisme se remonte et lutte.
La toxine du microbe du cancer, au contraire très peu active, ne détermine jamais de fièvre, les éléments nobles du sang faiblissent donc d'une façon continue et ininterrompue.
N'oublions pas que le traitement par les formiates ne s'adresse pas aux microbes directement, on rend à l'organisme les armes dont il se sert à sa façon pour lutter contre l'invasion. Mais encore faut-il qu'il ne soit pas si débile qu'il ne puisse plus même utiliser ses armes coutumières.
J'insiste, parce qu'on ne manquera pas de dire qqe pour qu'un traitement soit souverain, il faut qu'il guérisse absolument tous les cas. Le traitement par les formiates les guérira tous quand il sera appliqué dans les premiers mois et même longtemps après, mais non pas lorsqu'il s'adressera à uneloque humaine, qui non seulement est envahie de partout, mais même n'est plus complète, les opérations chirurgicales les plus diverses ayant encore augmenté le manque d'équilibre.
Il va sans dire que si les ganglions lymphatiques sont envahis dans leur presque totalité, le malade est irrévocablement perdu. Le rôle de ces ganglions est considérable, nous le savons maintenant : vouloir guérir un cancéreux dans cet état, c'est vouloir ramener à la santé un tuberculeux qui aurait expectoré la presque totalité de se§ poumons.
Quand on traitera un cancéreux encore valide, la marche du cancer sera arrêtée très rapidement, en 24 ou 48 heures.
On agira aussi vite sur le cancer que nous agissons sur une syphilide ou une gomme;
mais de même que dans la syphilis la disparition de la gomme n'indique pas la giiérison de la maladie, de même dans le cancer V arrêt, la régression même des tissus nouveaux n'indique pas la disparition de la cause du mai
Nous avons bien rendu, presque instantanément, inoffensîfs pour l'organisme les effets du microbe, mais nous n'avons pas encore atteint ce microbe. Si nous arrêtons là le traitement, dès que le mouvement ascensionnel de l'organisme sera arrêté, dès que le poids moléculaire des albumines aura baissé, de nouvelles productions néoplasiques se formeront.
Le traitement du cancer comprend donc deux périodes.
Dans la première, en élevant le poids moléculaire des leucocytes, on arrête la prolifération cellulaire, on la fait régresser ou elle se momifie.
Dans la deuxième, on débarrasse l'organisme du microbe, cause de cette prolifération, par l'oxygénation de sa lymphe.
Je viens de dire que l'arrêt de cette prolifération cellulaire est très rapide chez les sujets encore valides; ce fait est très facile à
constater pour les néoplasmes accessibles à rœil.
Quelques heures dans certains cas, deux jours au plus dans les autres, suffisent à produire une congestion proportionnelle à Tintensité du traitement autour du néoplasme.
A partir de ce moment, son évolution est arrêtée.
Les cellules néoplasiques vont être résorbées par les leucocytes, si le traitement est sagement entrepris, ou se momifier s'il est trop rapide. Dans ce cas, elles s'élimineront très lentement si elles sont en contact avec l'air; sinon, elles resteront dans l'intimité des tissus sous forme de squirre.
Le malade ne sera souvent, dans ce cas, qu'à demi guéri, car il y a de grandes probabilités pour que ce squirre se réveille dès que l'organisme aura faibli de nouveau.
En voici la raison :
En élevant trop rapidement le poids moléculaire des leucocytes par un traitement intensif, nous avons d'abord momifié les cellules néoplasiques de la périphérie de la tumeur. Nous savons que celles-ci s'écartent
beaucoup plus du type normal que celles du centre, point de départ de la dégénérescence.
Par conséquent, la périphérie de la tumeur va se momifier, tandis que le centre pourra encore vivre. Si l'on continue violemment le traitement, cette périphérie durcira de plus en plus, les échanges entre les liquides internes de la tumeur et le sang seront rendus très difficiles. Le microbe du cancer sera ainsi emprisonné, affaibli, mais incomplètement détruit. Dès que le poids moléculaire des albumines du sujet redescendra, l'hémoglobine et partant l'oxygène se raréfiant, les toxines de ce microbe produiront de nouvelles suractivités cellulaires. La tumeur, dans ce cas, recommencera par le centre, ainsi qu'il m'a été donné de le constater.
Si cette tumeur momifiée est en contact avec l'air, elle pourra s'éliminer. Ce travail d'élimination est très variable comme temps, toujours long; mais qu'importe, le malade est guéri, il revient à la pleine santé, sans crainte du mal.
Des compresses d'eau légèrement oxygénée appliquées sur le cancer momifié en faciliteront l'élimination. Lorsqu'elle sera com-
plèle, on activera la réparation des parties atteintes par Tapplication de poudre légèrement formolée.
A cet effet, on pourra utiliser la poudre de tourbe formolée qui donne de très bons résultats. C'est là la première partie du traitement.
L'observation quotidienne de cette période de réparation est poignante, passionnante et d'un intérêt considérable ; suivons-la.
Nous traitons un cancer récidivé du sein déjà ulcéré. La cicatrice est à vif sur un espace assez étendu, et bourgeonnante. Après deux ou trois jours d'un traitement trop énergique, les bourgeons cancéreux se flétrissent et disparaissent en partie. Nous triomphons; le traitement est poursuivi, la plaie se rétrécit par les bords qui sont rouges et tuméfiés et le fond rebourgeonne. De vrais bourgeons, bien rouges, bien vivants, c'est évidemment la réparation complète, à brève échéance. Quelle joie ! L'état général du malade suit une marche ascendante. L'appétit est superbe, les nuits excellentes, les douleurs très atténuées ou disparues : enfin, c'est bien la guérison du cancer I I
La plaie a diminué d'une façon considérable d'étendue, quinze jours ou trois semaines ont suffi : pourquoi le même travail ne se poursuivrait-il pas jusqu'au bout sous l'influence du même traitement ?
Nous nous congratulons lorsque, à la visite du lendemain, nous trouvons le malade nerveux, agacé, déconfit. Il avait si bien lu notre joie dans nos yeux qu'il se croyait sûr delà guérison et... pendant la nuit, sans qu'il ait rien senti, sa plaie, cette plaie, objet de toutes ses préoccupations, a repris subitement son étendue première. Les beaux bourgeons du fond se sont évanouis comme neige d'avril au soleil, et, à leur place... un trou. Or, comme il est persuadé, suivant l'opinion du vulgaire, que le cancer ronge, il se voit dévoré vivant, en un instant, par l'hydre horrible.
Après l'avoir consolé de notre mieux, nous regardons, convaincus que le malade exagère.
Las 1 las I las I il a à peine dit la vérité. Toxit
le travail de réparation s'est évanoui
Quelle cruelle déception 1 Nous rassemblons nos idées en déroute, et, après avoir fait la salutaire réflexion que le cancer ne ronge
pas, maïs au contraire prolifère et hypertrophie, nous continuons le traitement en apportant quelques modifications.
L'état général du malade continue à s'améliorer, et la plaie recommence à bourgeonner et à se rétrécir Il n'en reste pas
plus gros qu'un pain à cacheter; cette fois, c'est bien la fin. Mais comme la cicatrisation de ce pain à cacheter nous paraît à présent lente à se faire, nous augmentons un peu l'intensité du traitement et nous annonçons la guérison complète pour la quinzaine. Pour un rien, nous l'eussions promise pour le lendemain.
Nous revenons deux jours après. La pellicule si mince qui paraissait jetée comme un voile sur les bourgeons nous paraît moins solide, elle glisse sur eux plutôt qu'elle n'y adhère. Diable I nous quittons le malade péniblement impressionné et nous avons hâte d'être au lendemain pour revoir la plaie.
Il arrive, ce lendemain, et, avec lui, quelle nouvelle déception I Tout est à recommencer... Je passe sur les moments de cruel abattement, de rage, d'hypertrophie de la volonté.
que Ton traverse jusqu'au moment de l'éblouissante lumière.
Enfin 1 nous pouvons nous expliquer comment cet organisme, à Tinstar de Pénélope, va défaire et refaire vingt fois son même travail avant qu'il ne soit définitif.
Au début du traitement, le poids moléculaire des leucocytes de ce malade augmentant et devenant supérieur à celui de la cellule cancéreuse, cette dernière est résorbée. Première fonte des bourgeons cancéreux. Les mêmes leucocytes qui ont résorbé cette cellule inférieure vont en créer une autre plus élevée en poids d'un degré, second bourgeonnement. L'organisme continue sa marche ascendante, les leucocytes suivent le même mouvement; ils vont redevenir supérieurs aux cellules composant cette seconde flore de bourgeons et les résorber de nouveau, et ainsi de suite jusqu'à ce que l'organisme, ayant reconquis le poids moléculaire qui correspond à son âge, fasse une cicatrice durable. Chaque bourgeonnement correspond à la naissance d'une génération de cellules plus élevées, continuellement résorbées par les leucocytes qui augmentent pro-
gressîvement de poids ; aussi sont-elles très éphémères.
Nous avons eu là sous les yeux le travail qui se passe, en même temps, dans l'orga* nisme tout entier. Cet organisme qui a baissé peu à peu de génération de cellules en gêné* ration revenant vers l'état fœtal, remonte sous rinfluence du traitement; les cellules augmentent de poids de génération en gêné* ration. Or, dans l'organisme, comme sur cette plaie, dès que les cellules deviennent inférieures aux leucocytes elles sont résorbées pendant que de nouvelles se créent, supérieures. On voit donc que l'organisme de ce malade va être le terrain de mutations incessantes; une génération de cellules disparaissant est aussitôt remplacée par une nouvelle, plus élevée. Cette déchéance et cette nouvelle ascension suivront mathématiquement les variations de la tension artérielle. C'est elle qui tient sous son influence le poids moléculaire des tissus. Ce poids augmente proportionnellement à la tension, du fœtus à l'adulte. Il revient vers son point de départ dans les maladies chroniques, pendant que baisse progressivement cette tension. Le
cancéreux adulte in extremis a des tissus d'enfant. De ces faits il est aisé de déduire la marche du traitement. Trop violent, nous activons Tautophagisme qui détruira plus de cellules qu'il ne s'en créera : le malade maigrira, quelquefois horriblement.
Sagement conduit, il rendra à cet organisme la maturité de ses éléments, le remettra en équilibre et le rendra, par conséquent, invulnérable.
Si nous procédons avec lenteur, nous n'assisterons pas, il est vrai, à la disparition rapide des tissus cancéreux, mais nous ne verrons pas de cicatrisations apparaître et disparaître brutalement. Elle se fera lentement. Pendant que les cellules inférieures de ces tissus de réparations seront résorbées, d'autres, plus denses, auront eu le temps de les remplacer et le mal se réparera lentement et uniformément.
Ce que nous disons pour le cancer, est également vrai pour le tubercule. Si nous poussons à la résolution rapide de cette néoformation, la cicatrisation sera peu solide ; elle pourra se faire rapidement, mais l'organisme continuant sa marche ascensionnelle.
elle se défera brutalement, et tel malade, que Ton considérait comme complètement cicatrisé, redonnera, à l'auscultation, tous les signes perçus pendant le cours de la maladie. Les expectorations, seulement, ne contiendront plus de bacilles.
Mais, nous le répétons, mûrir des albumines, enrichir le sang en glucoses, en fibrines, en globules rouges et blancs est énorme, mais ce n'est pas tout ; il faut, pour que ces éléments puissent avoir leur maximum d'effet, qu'ils soient en contact avec l'oxygène. Sans quoi nous agissons comme un chasseur qui bourrerait jusqu'à la gueule son fusil de poudre et de plomb et ne mettrait pas d'amorce, le coup ne part pas.
L'oxygène est l'amorce du fusil vivant.
Comme pour la tuberculose, et encore plus que pour la tuberculose, puisque le sang du cancéreux est encore plus pauvre, oxygénez vos malades. Sans air et sans air continu, pas de guérison possible. La lymphe de vos cancéreux ne s'oxygénera jamais ; même si vous arrivez à la régression des tissus cancéreux vous ne guérirez pas vos malades puisque le microbe n'est pas tué.
Le malade n'est guéri que lorsque par les moyens déjà indiqués nous sommes arrivés à oxygéner sa lymphe pendant une période assez longue.
Aucun microbe ne peut vivre aérobiquement dans un milieu sucré sous pression et à 38^
Ainsi donc que se produira-l-il quand nous traiterons un cancéreux très anémié.
Comme nous agissons sur des albumines rares et d'un très faible poids moléculaire, les tissus cancéreux régresseront très lentement. Au fur et à mesure que s'élèvera leur poids, la régression s'activera, mais le microbe, lui, continuera de pulluler et de se propager, l'organisme n'étant pas encore en état de défense. Ses toxines feront toujours régresser localement, anaérobiquement et partant partiellement, les glucoses qui donneront une suractivité aux cellules voisines ; celles-ci proliféreront abondamment utilisant les leucocytes qui les entourent. Mais comme ceux-ci vont, grâce au traitement, augmenter incessamment de poids moléculaire, les cellules néoplasiques nouvelles seront résorbées aussitôt que produites.
Le microbe cependant s'étendra toujours,
nous verrons bientôt loin du foyer central se produire des phlyctènes ou de petites nodosités indiquant qu'une colonie microbienne a pu s'installer sur ce point, mais nous n'assisterons pas à la création de lésions graves. Les organes internes, les viscères étant mieux défendus par une lymphe plus riche en glucoses et en oxygène que les parties périphériques.
Jusque-là nous avons empêché les effets du microbe d'être trop nocifs, sans toutefois arrêter sa marche. Mais l'organisme a récupéré de l'énergie ; le sang augmente de densité, les globules rouges de nombre, et l'hémoglobine, étant plus abondante, oxyde mieux les glucoses.
Continuons patiemment le même traitement et nous arriverons alors au moment où l'organisme, ayant récupéré la maturité de ses éléments et la dose d'hémoglobine qui correspond à son poids, peut puiser dans l'air le quantum d'oxygène nécessaire à l'oxygénation de la lymphe. A ce moment, l'oxygène arrivant au contact des toxines du microbe qui se sont amassées sur les points contaminés sans y produire de sérieux désordres.
permet la régression complète des glucoses avec production formique. Si l'étendue des parties contaminées est grande, le malade est pris de violent frisson, les parties se tuméfient et rougissent, on dirait un érysipèle occupant toute l'épaisseur des tissus. La fièvre générale violente s'allume.
Nous avons transformé une maladie chro^ nique en maladie aiguë. J'ai vu bien Souvent ce phénomène se produire et durer des semaines. Le malade est pris tous les soirs d'un accès de fièvre plus ou moins violent.
Ces accès ne disparaissent que lorsque l'organisme s'est stérilisé.
Plus que jamais il faut oxygéner le malade ; laisser les croisées de sa chambre, nuit et jour, ouvertes. I^a tuméfaction des tissus disparait, peu à peu la rougeur s'éteint. Si l'infection a envahi l'épiderme, la peau desquame comme dans la scarlatine.
La possibilité de transformer le cancer en maladie aiguë est la preuve absolue de sa curabilité.
Qu'on ne dise pas qu'une infection nouvelle s'est greffée sur le cancer et a déterminé ,un érysipèle vrai, puisque j'ai vu souvent
cette réaction se produire sur des caûcers du sein non ulcérés. Les tissus profonds seuls se tuméfient dans ces cas. Mais il n'y a pas de guérison possible sans air — et sans air d'une manière continue.
Les cas de cancer qui demanderont la plus rapide intervention, sont ceux que l'on rencontrera chez les jeunes sujets, avant la puberté. A ce moment, le poids moléculaire des albumines n'a pas encore atteint son maximum; les colliers d'albumines, ces centres vitaux dont il a été parlé, ont des grains encore petits, si ces colliers eux-mêmes sont rares, le cancer est chez lui de suite.
Les tissus de l'enfant, jusqu'à la puberté, sont très voisins, comme poids moléculaire, des tissus fœtaux, et partant des tissus cancéreux. Aussi, chez eux, verrons-nous surtout les cancers à marche rapide, ostéosar-
come, encéphaloïde, etc Si Tonne traite
pas ces cas dans les premiers mois, on sera bien souvent sans action sur eux. Le traitement n'aura pas de base.
Que l'on m'excuse de me répéter, mais comme les succès thérapeutiques, dans ce traitement, sont absolument dépendants de
la façon précise dont on l'applique, il me paraît indispensable d'en montrer de nouveau les dangers. Si on donne à ce cancéreux qui n'est plus qu'une demi-vie, des doses élevées et soutenues de formiates, on poussera rapidement à maturité les rares albumines qui lui restent ; ces albumines utilisées alors par les cellules donneront au malade l'apparence de la santé réelle, mais comme celles qui se créent chaque jour sont rares, il va arriver un moment où les plus mûres seront utilisées complètement, alors que les nouvelles n'auront pu encore les remplacer.
C'est à ce moment que peut se produire la débâcle. Le malade maigrit, faiblit tout à coup, sa vie est en danger. Si vous allez lentement, méthodiquement, au contraire, le succès est certain. Aller lentement c'est aller sûrement. Si l'on se rappelle la comparaison faite au sujet des albumines, ces colliers dont les perles augmentent progressivement de grosseur, les plus grosses croissant au dépens de leurs voisines inférieures, on comprendra comment un traitement trop intense, après avoir donné toutes les apparences de la santé au malade, prépare de cruelles déceptions.
Par ce traitement violemment appliqué, on épuise rapidement les 9/10^* des grains du collier au seul profit du 1/10* supérieur. Tant que celui-ci suffira à reconstituer les cellules, la santé va sembler presque parfaite; mais lorsqu'il sera épuisé, les grains de la partie inférieure du collier n'ayant pas eu encore le temps de reprendre une densité suffisante, il y a chute brusque, perte d'équilibre. Le malade ne garde plus que des albumines de poids moléculaire très inférieur, // redevient un terrain merveilleux pour le cancer. Avec un peu de prudence et de patience on évite très facilement ces dangers.