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TUBERCULOSE A FORME FÉBRILE

Nous arrivons maintenant aux cas difficiles et graves, je veux dire aux formes fébriles.

Ces tuberculeux ont des côtés communs ; ils sont presque toujours jeunes, de quinze à vingt-cinq ans et ils sont très anémiés. Ces organismes non mûris n'opposent aucune résistance à l'infection.

Parmi eux, deux catégories : ceux dont la fièvre est intermittente et ceux dont la fièvre est continue. L'intermittence de la fièvre chez les premiers indique que l'organisme est capable encore de quelque eff'ort utile.

En effet, la poussée fébrile est due à l'entrée des tuberculines dans le torrent circulatoire; celles-ci produisent une régression plus rapide des glucoses, d'où élévation de température et production plus grande de

fibrine; comme conséquence, les globules rouges se multiplient; grâce à eux, l'oxygène est puisé dans l'air plus abondamment; la lymphe s'oxygénise et les parties contaminées se stérilisent momentanément sous l'influence de l'acide formique produit par la régression des glucoses au contact des tuberculines. Les bacilles ne prolifèrent plus, ils sont réduits à l'état de spores.

Si ce malade n'est pas très affaibli, cette poussée fébrile aura été assez forte pour arrêter un certain temps la marche de la tuberculose.

Mais les mêmes causes d'affaiblissement persistant, le malade va perdre peu à peu le bénéfice de sa poussée fébrile, les globules rouges vont rebaisser de nouveau, la lymphe ne va plus être oxygénée, les spores du bacille vont se retransformer en bacilles actifs, de nouvelles toxines vont être produites qui détermineront une nouvelle poussée fébrile, suivie d'un nouvel arrêt de l'infection.

On voit donc : 1° que la tuberculose va marcher par à-coups, par périodes de relèvement suivies de périodes de chutes, l'organisme luttant et se relevant par la fièvre;

2** Que ces périodes de relèvement, ces efforts faits par l'organisme pour se stériliser vont aller en décroissant d'énergie.

Les poussées fébriles vont se rapprocher de plus en plus, jusqu'à ce qu'elles deviennent continues.

A ce moment, l'organisme est pieds et poings liés devant l'infection. Il ne résiste plus, sa fièvre n'a plus d'effet utile, parce que la régression des glucoses se fait dans une lymphe qui ne peut plus s'oxygéner et ne donne, par conséquent, pas lieu à de l'acide formique, mais bien à des produits intermédiaires : oxalates, lactates, acétates, etc.

Nous voyons donc qu'il sera facile de juger de la gravité de ces cas par la fréquence des poussées fébriles. Plus les poussées fébriles se rapprocheront, plus l'état du malade sera grave.

Comment traiter ces cas?

// suffit de nous rappeler que les formiates introduits dans l'organisme produisent tous les phénomènes que détermine la fièvre, et même, à haute dose, ils donnent la fièvre.

Nous avons donc là un moyen de maintenir le terrain conquis par la fièvre en en maintenant les résultats.

Pour cela donnons le même traitement déjà indiqué, mais à faible dose : 2 gouttes de Nectol C chaque six heures; le fer et le phosphate comme il a été dit et surveillons la température.

Si la fièvre devient de plus en plus rare, c'est bien : la dose est suffisante ; nous la maintiendrons et nous traiterons ces malades comme les précédents.

Si la fièvre, au contraire, paraît augmenter et devenir plus fréquente, diminuons la dose : 1 goutte d'abord, chaque fois, puis 2 gouttes par jour.

Les malades seront au repos absolu dans des pièces aérées nuit et jour, on leur donnera 100 grammes de sucre par jour en dehors de l'alimentation ordinaire.

Le repos absolu est indispensable pour ces malades, parce que, nous l'avons dit, la contraction musculaire use beaucoup de glucoses et d'oxygène et, par conséquent, raréfie ces éléments dans le sang où ils sont de première nécessitépour la défense de l'organisme.

Si malgré ces précautions la fièvre reste continue, le malade est irrémédiablement perdu, et alors il faut faire pour prolonger sa vie un traitement opposé.

Jusqu'à présent nous avons activé la lutte, mais puisqu'elle est sans effets utiles, prolonger l'effort est sûrement le moyen de précipiter le dénouement.

Pour prolonger ces malades il faut supprimer le Nectol et toute médication, ne donner que du sucre, éviter de les oxygéner continuellement, car l'oxygène va encore activer la combustion de cet organisme et l'user plus vite ; les pièces chauffées seront favorables; surtout les pays d'altitude ou l'air raréfié, ne permettra qu'une oxygénation lente.

Ne transportez pas ce malade de la ville, par exemple, à la campagne; vous verriez sa situation empirer très vite. Il est voué à la mort ; si vous voulez qu'il meure lentement, qu'il ne soit qu'une pâture lente aux bacilles désorganisateurs, éteignez en lui toute tentative de lutte; ne lui donnez que très parcimonieusement ce qui fait la vie

Les doses de Neclol indiquées jusqu'à présent sont celles qui sont utiles pour un adulte, elles devront être rarement supérieures.

Pour un enfant, jusqu'à sept ans, 1 goutte quatre fois par jour suffit en général; à partir de cet âge jusqu'à quinze ans, 2 gouttes sont nécessaires. On diminuera fer et phosphates dans les mêmes proportions.

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