‹ Maladies par ralentissement de la nutritionChapitre 131 sur 194 · TRAITEMENT DE L'AGGÈS DE GOUTTE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE L'AGGÈS DE GOUTTE

aussi la fièvre, car, dans réconomie de l'accès de gouUe, la fièvre est utile, comme est utile le travail inflammatoire local. Cependant, si la température s'élève au-dessus de &(f , ce qui n'est pas rare, on peut administrer la quinine. On peut donner d'emblée 1 gramme de sulfate de quinine. Ce médicament est bien toléré dans la goutte; il abaisse nettement la température, mais il n'a d'action ni sur les fluxions, ni sur la douleur,

A l'intensité des douleurs, on opposera, «'il est possible, la patience et la résignation. En tout cas, on ne conseillera pas l'opium à l'intérieur et on ne pratiquera pas les injections de morphine. On doit en eflet éviter dans la goutte tout ce qui peut entraver la sécrétion rénale. On pourra administrer le chloral. Enfin on aura recours au salicylate de soude à doses modérées et peu prolongées. C'est un médicament précieux, qui, le plus souvent, amortit la douleur, qui abrège parfois l'accès, mais qui peut diminuer l'intensité des fluxions et qui risque de les supprimer; c'est un médicament dangereux, surtout si le cœur est déjà graisseux et si les reins sont malades.

Le délire n'est jamais assez intense pour créer une indication. L'agitation nocturne fatigue beaucoup les malades; si elle dépend du mouvement fébrile, on pourra la réduire par Tusage de la quinine. Aux vomissements on opposera la glace; aux hoquets, la glace, le chloroforme; à la cardialgie, les applications révulsives. La pleurésie, la bronchite capillaire réclament le traitement habituel de ces maladies. La congestion pulmonaire, l'apoplexie pulmonaire seront traitées par les révulsifs, les ventouses, les sangsues appliquées, même en un point éloigné du siège de la congestion.

La durée excessive d'un accès devient une source d'indications. Il ne faut pas qu'un accès dure trop longtemps; il affaiblit le malade, rend la convalescence moins franche et conduit en quelque sorte à la goutte chronique. Il est vrai que, si Ton coupe un accès qui n*est pas à son déclin, on voit renaître un accès peu de temps après la disparition provoquée du premier. Il est entendu que si vous êtes encore en présence de poussées fluxionnaires franches, aiguës, vous ne devez pas intenenir

INDICATIONS DU COLCHIQUE. 3t7

d'une façon active. Mais, à partir du douzième jour, si les manifestations de Taccès ne sont plus actives, si rien ne révèle un travail qui va aboutir à une détermination fluxionnaire noucelle, vous pouvez arrêter Taccès, au risque de le voir se renouveler dans trois semaines. Il vaut mieux avoir deux accès courts et rapprochés qu'un accès traînant. C'est à Taide du colchique que vous pourrez abréger une attaque de goutte, et c'est, à mon sens, le seul emploi légitime qui puisse être fait de ce précieux médicament dans le traitement de la goutte.

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