LES MALADIES RHUMATISMALES
caractérisées par Tépithèle rhumatismales. C'est ainsi qu'on a rinflammation de la plèvre à évolution rapide et de nature rhumatismale» ou, plus simplement, la pleurite aiguë rhumatismale, de même la névrite chronique rhumatismale, de même rœdëme aigu rhumatismal, de même la dermite hémorrhagique aiguë rhumatismale, etc.
Parmi ces maladies rhumatismales, il en est qui occupent les articulations et qui ne sont pas le rhumatisme articulaire aigu. II y a des arthrites chroniques qui succèdent volontiers au rhumatisme articulaire aigu, au cours desquelles il n*est pas rare de constater une attaque de rhumatisme articulaire aigu; elles s'accompagnent fréquemment des autres maladies de la même série ; elles se relient à elles par l'hérédité. On dit que ces arthrites chroniques sont rhumatismales. De ce nombre sont le rhumatisme monoarliculaire chronique et les nodosités d'Heberden. Je n'en dirai pas autant du rhumatisme chronique progressif, ou rhumatisme noueux, qu'on a bien fait de séparer de la goutte, mais qui me paraît avoir usurpé son nom de rhumatisme. En effet, ses liens de parenté avec le rhumatisme articulaire aigu, si l'on croit parfois les découvrir, sont toujours fort obscurs et singulièrement relâchés.
Si l'analyse des observations fait reconnaître des relations intimes et presque constantes entre les maladies dites rhumatismales et le rhumatisme articulaire aigu, elle fait découvrir aussi d'autres relations plus indirectes et moins fréquentes avec les maladies que nous avons étudiées jusqu'à ce jour : avec la goutte, la gravelle, le diabète, l'obésité, la lithiase biliaire, maladies qui, en raison de ce lien de parenté avec le rhumatisme et avec la goutte, ont mérité d'être désignées sous le nom de maladies arthritiques. Gomme toutes ces maladies dérivent d'un vice général de l'économie, caractérisé par le ralentissement des mutations nutritives, et comme elles ont avec le rhumatisme et les maladies rhumatismales des relations que nous avons eu déjà l'occasion de mettre souvent en évidence, il nous a paru naturel de terminer l'étude de la nutrition retardante par quelques considérations pathogé-
niques sur le rhumatisme et les maladies rhumatismales. Ici, le vice de la nutrition aboutit à quelque chose de nouveau, que nous avons à peine entrevu dans la goutte et qui fait défaut dans les autres maladies dont nous avons esquissé les conditions pathogéniques. Nous n*avions rencontré comme conséquences^ du ralentissement des mutations nutritives que des changements chimiques dans la composition des humeurs ou dans la constitution des éléments anatomiques. Dans ce rhumatisme, nous allons assister à la formation des éléments nouveaux, à la lésion histologique. Le trouble nutritif poussé à son summum aboutit à la prolifération.