PARENTÉS MORBIDES DE LA MIGRAINE
début de Tattaque, ne soulagent pas; ceux qui surviennent dans le deuxième stade sont le prélude de la guérison. A part le vomissement, il n'y a pas de trouble profond des fonctions gastriques dans la migraine ; et, inversement, on n'observe pas la migraine dans les affections sérieuses de Pestomac. Il en est de la migraine comme du vertige, qui peut provoquer la nausée et le vomissement, qui peut être provoqué par les troubles fonctionnels légers de l'estomac, qui fait totalement défaut dans les maladies organiques.
On a dit aussi que la migraine pouvait être le prodrome de Taliénation, de la paralysie générale, des néoplasies cérébrales ou méningées. Ces maladies peuvent provoquer la céphalalgie ou la céphalée; la douleur peut être plus forte ou moins forte que celle de la migraine; elle n'est pas la même. On le sait par le témoignage de migraineux chez lesquels se sont développées ces affections cérébrales; ils savent faire la distinction. Des troubles oculaires très variés peuvent se montrer au cours de Taccès de migraine. Liveing, qui les a étudiés, a insisté surtout sur les fantômes et sur les sensations subjectives de Tune des formes delà maladie. Inversement, la fatigue visuelle peut provoquer l'accès ; mais les maladies oculaires n'engendrent pas la migraine. Trousseau a parlé de fièvres larvées qui simuleraient la migraine. Je crois que dans ces cas la céphalée et les vomissements se rapprochent beaucoup plus de Tencéphalopathie saturnine ou urémique que de la véritable migraine.
En résumé, la migraine est une maladie qui s'individualise, qui conquiert son autonomie à un plus haut degré qu'aucune des maladies que nous avons déjà étudiées. Ses fréquentes parentés morbides avec les maladies arthritiques prouvent que sa condition pathogénique peut être provoquée ou préparée par des troubles nutritifs communs à toutes ces maladies. Mais cette condition pathogénique peut être réalisée aussi dans d'autres conditions et sous d'autres influences, la migraine gardant sa physionomie propre dans l'un et dans l'autre cas indépendamment de sa cause.