‹ Maladies par ralentissement de la nutritionChapitre 2 sur 194 · CHAUFFARD. K · texte numérisé non relu

CHAUFFARD. K

des écrivains qui ont développé renseignement doctrinal de Barthez et de Lordat; mais il n'est pas une des œuvres de Chauffard où Ton ne puisse trouver une critique respectueuse et sympathique des tendances de cette École, et la dissidence s'accuse quand on lit les appréciations moins réservées portées sur la philosophie médicale de Chauffard par les défenseurs autorisés de ce qui fut la doctrine de Montpellier.

Mais notre illustre Faculté du Midi n'est plus la gardienne jalouse d'un dogme, ni la dépositaire exclusive de vérités traditionnelles ; de même, l'École de Paris n'est plus la citadelle de Torganopathie. Le mouvement scientifique, qui diffère suivant les temps et dont la formule varie avec les siècles, n'est plus influencé aujourd'hui par les latitudes. Tous les savants, à la surface de notre planète, vivent en état de communion intime et constante, et, si quelques individualités peuvent faire abstraction du progrès actuel et échapper au tourbillon qui nous entraîne, pour s'absorber dans une contemplation immobile du passé, il n'est pas une collection d'hommes et surtout pas une corporation enseignante qui puisse rester indifférente et étrangère au mouvement scientifique contemporain. Il n'y a plus des écoles dans le sens historique du mot; mais il y a, par toute la terre, un fonds commun de connaissances légué par les siècles et enrichi par le travail de chaque jour; il y a aussi une méthode générale de recherche, une discipline scientifique communes, qui ne sont pas d'invention moderne, mais qui résument dans leur forme la plus simple, la plus sûre, la plus expéditive et la mieux appropriée aux besoins du temps présent, les modes divers d'investigation qui ont profité aux époques antérieures.

Cette discipline médicale universelle est la fille et l'héritière des écoles des temps passés, et je ne crains pas d'affirmer qu'elle est le développement et l'épanouissement de cette école hippocratique, qui avait pour base l'observation et qui, pour ce motif, contenait en puissance toutes les découvertes des siècles ultérieurs.

Messieurs, ce qui caractérise une école, c'est tantôt une méthode, tantôt une doctrine.

6 MÉTHODES BT DOCTRINES.

La méthode de Técole hippocratique est inébranlable, et, s'il n'y avait dans l'œuvre d'Hippocrate que la méthode et les faits constatés par l'application de cette méthode, on ne trouverait pas un médecin digne de ce nom qui ne se fit gloire de se déclarer hippocratiste. C'est que les conquêtes de l'observation sont indestructibles; c'est que les faits bien observés prévalent contre tous les systèmes. Je ne sais si c'est la médecine de Cos que visait Platon lorsqu'il dit : « La médecine recherche la nature du sujet qu'elle traite, la cause de ce qu'elle fait, et sait rendre compte de chacune de ces choses. » Mais je sais qu'Hippocrate n'aurait pas accepté cet éloge, lui qui, dans son Traité de C Ancienne médecine^ s'élève si énergiquement contre l'hypothèse et préconise exclusivement la recherche du fait, du réel, de ce qui est (to èov). « On est bien obligé de se servir d'hypothèse, dit-il, si l'on veut discourir sur les choses occultes, parce que toute vérification est impraticable... mais la médecine n'a pas besoin d'hypothèse. » Et ailleurs : « Si la médecine pouvait être déduite de l'hypothèse, il n'y aurait pas de bons et de mauvais médecins ; ils seraient tous également instruits ou également ignorants. » L'observation dont Hippocrate fait le fondement de la médecine, c'est tout ce que le médecin peut constater, c'est tout ce que le malade ressent, c'est ce que d'autres ont pu voir, ce sont « ces nombreuses et excellentes découvertes accomplies dans le long cours des siècles » ; et il ajoute : a Le reste se découvrira si des hommes capables, instruits des découvertes anciennes, les prennent pour point de départ de leurs recherches. »

Hippocrate a aussi sa doctrine. Deux principes dominent dans toute son œuvre. L'un, qui ne lui appartient pas, qu'il a emprunté aux pythagoriciens, c'est cette idée que la santé est maintenue par le juste mélange des humeurs et que la maladie est produite par leurs inégalités. La science a répudié cette doctrine.

L'autre principe, c'est ce qu'il appelle la nature médicatrice. C'est le fondement de toute médecine naturiste, c'est Tidée mère de toutes les théories patbogéniques de l'époque moderne

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