RMPÉGHBR LA PRÉCIPITATION DE LA GH0LE8TÉRINE
Ces conditions défavorables peuvent dépendre de vices de Talimentation, de la digestion, de la fonction hépatique, de la nutrition générale et de la respiration. Le médecin devra donc veiller à l'intégrité de ces cinq fonctions.
U devra veiller à Talimentalion, parce que certains aliments, comme la substance cérébrale, le sang, le jaune d'oeuf, sont très riches en cholestérine ; parce que les graisses sont nécessaires, mais parce que leur excès est nuisible, de même que tout excès alimentaire, Toxygène trouvant trop de combustible et faisant défaut pour brûler totalement les addes ; parce que le sucre et Tamidon pris en trop grande quantité pourraient, de plus, subir la fermentation acide, parce qu'il faut que le corps reçoive une quantité sufQsante d'alcalis et qu'il ne reçoive au contraire qu'une quantité médiocre de chaux; parce que l'eau enfin doit être prise en abondance, attendu qu'elle active les combustions, qu'elle dilue la bile et qu'elle diminue relativement la chaux.
Le médecin devra veiller à la digestion, parce qu'il faut que les graisses s'élaborent et que l'intestin ne contienne pas et ne fournisse pas d'acides.
Il faut veiller à la fonction du foie, afin que la cholestérine trouve en quantité suffisante les sels biliaires qui doivent la dissoudre; afin que la bile sécrétée en abondance dilue à la jois et la cholestérine et la chaux. Et, dans cette surveillance de l'appareil hépatique, il convient de ne pas négliger la vésicule elle-même, non pas tant parce qu'elle peut s'enflammer que parce qu'elle peut être inerte et qu'il peut résulter de cette inertie une stagnation favorable à la cristallisation de la cholestérine; parce que son active contraction peut au contraire expulser les grumeaux muqueux ou pigmentaires qui serviraient de centre de génération aux calculs.
Le médecin devra veiller à la nutrition générale, parce que son ralentissement peut empêcher l'utilisation de la cholestérine par les éléments anatomiques et la fixation de la chaux dans ces éléments ; parce que la désassimilation viciée peut livrer en excès la cholestérine et la chaux; parce que la nutrition ralentie
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a pour effet raccumulation des acides et, peut-être, Tinsuffisance d'oxydation de la cholestérine.
Le médecin devra enfin veiller aux fonctions respiratoires, dont les troubles peuvent entraver les oxydations et retarder la destruction des acides ou aussi permettre à Tacide carbonique de s'accumuler, ce qui, par un autre procédé, amoindrit Talcalinité des humeurs et facilite encore la dissolution de la chaux.
U faut maintenant transformer ces indications générales en préceptes hygiéniques et thérapeutiques.
Pour ce qui concerne Talimentation, le médecin devra conseiller des repas peu copieux, espacés, réguliers, deux repas par jour devront suffire. On donnera strictement la quantité d'aliments azotés réclamés par un régime normal, c'est-à-dire une quantité modérée de viande; mais on devra exclure les cervelles, le boudin, le jaune d'œuf; on donnera également la quantité strictement nécessaire d'aliments ternaires, en restant même au-dessous de la moyenne que je vous indiquais dernièrement; mais, parmi ces aliments ternaires, ce seront les graisses qu'on donnera de préférence aux sucres ou aux féculents. Les farineux n'entreront que pour une faible part dans Talimentation, de même que les légumineuses, parce que ces substances sont trop riches en amidon et en chaux. On compensera ce qu'il peut y avoir de trop exigu dans le régime par l'adjonction des végétaux verts et des fruits, malgré la chaux ou malgré les acides végétaux qu'ils contiennent, mais parce qu'il faut rétablir le volume accoutumé des aliments et aussi parce que les végétaux et les fruits introduiront la potasse en large proportion. On supprimera les boissons gazeuses, sucrées ou fortement alcooliques et, par conséquent, les vins mousseux ou liquoreux, la bière, le cidre, les sirops, les liqueurs ; mais on recommandera le vin rouge et le café. On accordera une attention particulière au choix des eaux; on devra proscrire totalement l'usage des eaux séléniteuses, et souvent les particularités géologiques de la région obligeront à conseiller certaines eaux minérales pour l'usage de la table, non pas les eaux gazeuses, à cause de leur acide carbonique
EMPÊCHER LA PRÉCIPITATION DE LA CHOLESTËRINE. lOS
et aussi à cause de la chaux qu'elles contiennent presque toujours, mais les eaux à très faible minéralisation et mieux encore peut-être Teau distillée, que l'on a soin d*aérer et que Tesr tomac supporte à merveille. C'est dire que Teau de citerne ne devr^ pas être dédaignée. Pendant longtemps elle a été recherchée par les calculeux, et je puis vous affirmer qu'elle est également utile dans. le traitement des calculs biliaires et des calculs rénaux ou vésicaux.
Pour ce qui a trait à la surveillance du tube digestif, s'il existe une acidité exagérée de l'estomac ou une insuffisante alcalinité du tube digestif, on pourra prescrire la magnésie calcinée ou les alcalins, qui pourront être pris une heure avant le repas et deux heures après le repas ; mais souvent on agira tout aussi bien en modifiant le catarrhe gastro-intestinal par d'autres modificateurs, même par les acides minéraux.
En vue d'activer la sécrétion biliaire, l'eau est le premier médicament, mais on lui adjoindra avec avantage les sels neutres, les chlorures ou les sulfates de soude ou de magnésie; on pourra également prescrire les eaux de Friedrichshall, de Hombourg, de Kissingen, de Marienbad, de Brides. Pour une cure minérale régulière, on adressera le malade à des eaux chaudes, qui, à ce titre, activent la nutrition et sont moins diurétiques, qui permettent par conséquent aux substances salines de séjourner plus longtemps dans la circulation et d'agir sur le foie. Ce sont les eaux de Carlsbad que la théorie indique de préférence et dont Texpérience a démontré l'incontestable utilité. Cependant, à défaut de la théorie, l'expérience dépose aussi en faveur des eaux alcalines. Si elles agissent utilement, si la Grande-Grille de Yichy a guéri des inilliers de malades, ce n'est pas en activant la fonction du foie, car les alcalins diminuent la sécrétion de la bile; c'est en améliorant les fonctions digestives, c'est aussi en augmentant l'alcahnité du sang et par conséquent de la bile. Et si le Sprudel de Carlsbad jouit, chez nos voisins, d'une plus grande faveur, c'est peut-être parce qu'il joint à sa thermalité Inaction simultanée des sels neutres et des alcalins.
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Pour ce qui concerne la nutrition générale et les mutations respiratoires, vous devrez avoir recours à ces grands stimulants du système nerveux qui, comme je vous Tai déjà dit, activent les métamorphoses de la matière. Vous conseillerez les frictions de la peau, les affusions froides, les bains salés chauds^ les bains de mer froids, la vie au grand air, l'air marin comme Tair des montagnes, Texercice corporel qui sera fait à jeun et quelques heures après chaque repas.
Tout ce que je viens de dire concerne la prophylaxie, a pour but d'empêcher la production des calculs, mais convient encore pour s'opposer à Taugmentation du nombre ou du volume des calculs. Une autre indication qui n*est plus préventive, mais qui est curative, c'est de faciliter la redissolution des calculs. On arrive sans doute à ce résultat quand on diminue les condî* tions qui peuvent faciliter la précipitation; mais, aux moyens déjà indiqués, il convient d'en ajouter d'autres. On pourra faire usage des savons, du savon médicinal, des carbonates alcalins ou même des alcalis et en particulier de la potasse; on insistera sur les cures thermales par des eaux chaudes alcalines; on administrera aussi l'éther et la térébenthine, ce vieux remède de Durande qui a promis de dissoudre les calculs et qui, je puis l'afflrmer, a tenu sa promesse. Sous Tinfluence de ces moyens, les calculs ne disparaissent pas totalement, sans doute, mais ils se dépouillent en grande partie de leur cholestérine ; ils provoqueront encore des coliques hépatiques, mais ces coliques sont utiles, puisqu'elles sont le signe de l'expulsion d'un calcul. Les coliques qui surviendront alors ne seront pas moins douloii* reuses que les précédentes car les calculs sont devenus rugueux, mais en tnèihe temps ils ont acquis une sorte de porosité, et ils se fragmentent facilement.
Ce que je viens de vous dire de l'utiUté de la colique hépatique m'amène naturellement à aborder la troisième de ces quatre indications que j*ai énumérées en commençant cette leçon et que j*ai formulée ainsi : faciliter l'élimination des calculs. Pour arriver à ce résultat, il faut augmenter la quantité de la bile, il faut rendre plus actifs les déplacements de
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liquides qui s'opéreront dans la vésicule. Ce résultat sera obtenu par des moyens qui ont une autre action favorable et que j'ai indiqués déjà : c'est l'usage des boissons aqueuses abondantes ; c'est l'usage des sels purgatifs et des eaux salines. L'exercice corporel aussi peut avoir ce bon résultat que n'ambitionnent pas les malades; les grandes secousses du corps, la gymnastique, les sauts, les promenades en voiture, mais surtout réquitation pourront être et sont en réalité quelquefois les circonstances accidentelles qui forcent le calcul à s'engager dans les voies d'excrétion.
La dernière indication qui se propose de combattre les accidents de la migration, comprend le traitement de la colique hépatique sur lequel je vous dirai peu de chose, parce qu'il sort de Tobjet de ce cours ; elle com{h*end aussi le traitement des troubles généraux de la nutrition qui se relient aux ictères chroniques. Pendant la colique, Tintensité de la douleur ou les accidents convulsifs pourront réclamer l'emploi de Fopium, de la belladone, du chloral, des bains tièdes prolongés. Les lipothymies ou les syncopes réclameront les stimulants, le café, l'éther, les frictions. A l'inflammation de la vésicule on pourra opposer l'action locale des cataplasmes, de la glace, des sangsues, des applications mercurielles. On hâtera la disparition de l'ictère par les boissons diurétiques, c'est-à-dire par les boissons froides.
Pour aborder la thérapeutique de l'ictère chronique, il faut que nous nous remettions en mémoire les conséquences qu'entratne l'enclavement d'un calcul dans le canal cholédoque. La bile ne peut plus remplir dans Tintestin son rôle physiologique; la bile introduite dans la circulation peut produire une action délétère sur le sang et sur les muscles ; la dégénération des cellules hépatiques entraîne enfin la suppression de la fonction du foie.
Quand la bile ne pénètre plus dans l'intestin, la digestion des graisses se trouve sinon supprimée, au moins compromise. Il conviendra donc de donner peu de graisse aux malades ou de la leur donner sous une forme soluble. Le jaune d'oeuf, qui était
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interdit dans le traitement de la lithiase, devient maintenant utile, non pas tant, comme on Ta dit, parce qu'il est capable d'émulsionner les graisses, mais parce qu'il contient lui-même des graisses dissoutes à la faveur de la lécithine. On peut d'ailleurs administrer les graisses dans Tétat où elles se trouveraient après Taction du suc pancréatique, c'est-à-dire donner le savon médicinal et la glycérine. On pourra encore suppléer à Tindigence d'alcalis de l'intestin en faisant ingérer des eaux alcalines deux heures au moins après les repas, et, si l'on soupçonne que le milieu intestinal ne permet pas une parfaite élaboration des matières albuminoîdes par le ferment pancréatique, on peut administrer les peptones toutes préparées. On luttera enfin contre les accidents de putridité en administrant le charbon qui, lorsqu'on sait le donner à haute dose, désinfecte absolument les matières intestinales.
Aux effets défavorables que peuvent exercer sur la fibre musculaire les sels biliaires introduits dans le sang, on opposera les stimulants, le vin, le caré, et surtout les diurétiques, qui, en facilitant l'élimination, diminueront la proportion des sels toxiques dans le sang.
Il sera plus difficile de lutter contre les accidents qui résultent de la suppression de la fonction hépatique, ou plutôt, on ne peut pas les combattre, on peut tout au plus leur opposer quelques palliatifs. Si le glycogène ne se forme plus et si les organes ne reçoivent plus, pour la récrémentition et pour la combustion, la quantité considérable de sucre qu'ils consomment chaque jour, on devra leur fournir artificiellement ce sucre, soit le sucre de canne, qui, dédoublé dans l'intestin, fournil deux sucres utilisables, soit plutôt le miel, les sucs de fruits. On peut encore pallier l'insuffisance du sucre par l'usage de la glycérine. Pour l'entrave apportée aux autres métamorphoses que la matière subit dans le foie, nous sommes absolument désarmés et nous n'avons pas d'autre ressource que de favoriser, à Taide d'une large sécrétion rénale, l'issue de matériaux mal élaborés.