‹ Maladies par ralentissement de la nutritionChapitre 4 sur 194 · AGENTS INFECTIEUX · texte numérisé non relu

AGENTS INFECTIEUX

Or, il s'est rencontre qu'une querelle s'éleva entre deux savants sur une question de biologie transcendante qui semblait d'abord ne pouvoir intéresser en rien la médecine. Il s'est trouvé que M. Pouchet croyait à la génération spontanée et que, M. Pasteur n'y croyant pas, la controverse fut poursuivie avec Tardeur et l'entratnement qui appartiennent aux grands caractères et aux grandes convictions ; les savants se divisèrent en deux camps, et le public se passionna pour le débat. La question était posée de telle sorte qu'elle ne pouvait être close que par une solution déflnilive. Les recherches se multiplièrent, les expériences furent variées à l'infini, et l'on arriva à cette démonstration : c'est que partout naissent des êtres, mais que toujours ils ont des générateurs. On fit voir que les fermentations sont produites par des ferments figurés, par des êtres vivants, par des organismes inférieurs; mais le panspermisme, qui a tant agité notre époque, prouva que ces êtres avaient leurs générateurs dans l'atmosphère. Il fut établi aussi que la putréfaction n'est qu'une fermentation et que la matière morte est détruite par ces organismes minuscules; mais on arriva également à celte découverte que, parmi ces êtres, il en est qui peuvent vivre et se multiplier dans la matière vivante et entraîner sa mort. Une des plus grandes révolutions de la médecine fut l'une des conséquences, et la moins prévue, de cette dispute des deux savants.

Cette doctrine, qui justifiait les prévisions des chirurgiens, introduisit une réforme logique dans les procédés opératoires et permit d'instituer des méthodes rationnelles de pansement. Elle a diminué la mortalité des blessures et rendu innocentes les plus graves opérations. Mais la chirurgie n'est pas seule à bénéficier des nouvelles doctrines; la médecine proprement dite s'en empare pour éclairer la pathogénie, pour formuler une hygiène nouvelle, pour rectifier la thérapeutique. Voilà donc un système nouveau en médecine, une notion directrice, dont il nous appartient de déterminer le domaine où elle peut trouver son application. Je ne crois pas qu'aucune époque ait assisté à une plus grande et plus fructueuse réforme de la

doctrine médicale, et je me plais à reconnattre que notre génération ne lui a pas opposé les résistances obstinées qui ont si souvent retardé Tavènement des vérités scientifiques.

Une autre notion moins brillante , mais peut-être plus féconde encore, s'introduit lentement et presque silencieusement dans la science : c'est la notion des troubles généraux de la nutrition. Il semble qu'on ne les eût pas soupçonnés à l'époque où l'on discutait avec tant de véhémence, dans celte École même, sur les maladies sine materid. Il est hors de doute qu'il existe des états morbides de tout l'organisme dans lesquels l'anatomie même la plus délicate ne peut démontrer aucune modification anormale dans la forme, dans la structure, dans l'arrangement des éléments anatomiques; il se peut même que la chimie n'arrive pas à démontrer la moindre difiérence entre ces éléments et ceux d'un organisme sain. Mais si, considérée à l'état statique, la composition de telle cellule est normale, il se peut qu'à l'état dynamique elle dévie notablement du type physiologique. Il y a en elTet à considérer dans la cellule vivante autre chose que la quantité de matière constituant cette cellule morte. La vie d'une cellule, c'est l'instabilité et la mobilité de la matière qui la compose. C'est un incessant mouvement de pénétration et d'expulsion de matière, de métamorphose assimilatrice et de transformation désassimilatrice ; c'est un tourbillon dont la rapidité peut osciller à l'état normal dans des limites déterminées, mais dont l'intensité ne peut être exagérée ou réduite sans qu'il en résulte un trouble physiologique. La maladie garde pour caractères une altération chimique et physique, mais cette altération n'existe que pendant la vie de l'élément, et peut ne pas laisser de vestiges après la mort. Les accélérations, les ralentissements, les perversions de ce mouvement nutritif peuvent avoir pour conséquences un changement dans les propriétés physiologiques des particules élémentaires ; elles retentissent secondairement sur la constitution des humeurs ; elles mettent anormalement en jeu les grands appareils, soit qu'une plus grande quantité d'oxygène devienne nécessaire pour des com-

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