DESTRUCTION DU SUCRE PAR LES TISSUS
c'est dans les capillaires de la circulation générale que doit s'opérer surtout la combustion. D'ailleurs Bernard lui-même, puis Fornara ont confirmé cette assertion de M. Ghauveau : le sang artériel est plus riche en sucre que le sang veineux. Vous trouverez dans les leçons de Bernard la relation de très nombreuses expériences où le sucre a été dosé dans le sang extrait simultanément d'une arlère et de la veine correspondante. La moyenne fournie par ces expériences serait de 1*^^,30 de sucre pour 1000 de sang artériel et 0*'',90 par 1000 de sang veineux. Le rapport est !,&&&. S'il fallait appliquer ce rapport à la richesse en sucre des sangs veineux et artériel chez Thomme, et s'ij fallait se baser sur les déterminations de la richesse en sucre du sang veineux de Thomme d'après les recherches de Abeles, Ewald, v. Mering, qui ont trouvé l'%2 et 2«'',4 de sucre pour 1000 de sang veineux, cela ferait supposer que le sang artériel de Thomme renferme de 1*^',73 à 3*%&6. Ces chiffres pourraient sembler exagérés, et, comme le dosage du sucre chez Thomme a été fait trop rarement pour qu'on puisse adopter une moyenne, je préfère rester au-dessous de la vérité et m'en tenir à ce fait établi par de très nombreuses expériences de Bernard sur des espèces animales variées : c'est que 1 kilogramme de sang artériel perd, en devenant sang veineux, &0 centigrammes de sucre. J'admettrai même que cette perte n^est que de 20 centigrammes, dans l'hypothèse que la destruction du sucre s'opère chez l'homme comme chez les animaux chez lesquels elle est le plus faible.
' Si la masse totale du sang est le treizième du poids du corps, le sang total d'un homme du poids de 65 kilogrammes perdra 1 gramme de sucre en passant de l'état de sang •artériel à rétat de sang veineux, et vous remarquerez que je ne tiens pas compte de la destruction qui pourrait s'opérer encore dans les poumons. Un gramme de sucre, c'est la quantité de sucre qui se détruit pendant une révolution circulatoire totale. Pour apprécier la rapidité de la destruction du sucre, il faut savoir combien de révolutions totales s'effectuent en vingt-quatre heures. Bien des méthodes ont été imaginées ; on a cherché le débit
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(le la pompe cardiaque gauche, puis, divisant par ce nombre la masse totale du sang et multipliant le quotient par le nombre des pulsations, on pensait arriver au résultat. Cette méthode est entachée de trop de causes d'erreur; et en particulier on ne sait rien de positif sur le débit du cœur gauche pendant une systole. On ne sait même pas ce qu'est la capacité du ventricule gauche en diastole, parce qu'il n'est pas facile de déterminer ce qu'est, à l'état de fonctionnement, la capacité d'un organe extensible. Les mensurations de Harvey, non plus que les estimations de Abegg, n'ont pas paru capables de servir de point de départ pour le calcul. J'ajoute que, si l'on ignore la capacité pendant la diastole, on ne sait pas jusqu'à quel degré le cœur sq vide pendant la systole. Dans une première série de recherches, Vierordt avait imaginé de multiplier l'aire de l'aorte par la vitesse du sang ; mais, si cette vitesse peut être appréciée à un moment déterminé, elle est trop variable aux diverses heures de la journée et aux divers instants d'une même révolution cardiaque. Une méthode plus régulière, qui avait déjà permis à Hering, en 1827, d'établir que la révolution totale du sang se produit chez le cheval en 27,3 secondes, a été reprise par Vierordt. On injecte une solution de ferrocyanure dans le bout central d'une veine, et on note Tinstant précis où ce sel apparaît dans le sang qui s'écoule par le bout périphérique de la même veine. Vierordt est arrivé pour le cheval à un chiffre très voisin de celui de Hering ; il a trouvé 28'',8 et il estime, en se basant sur des calculs dans l'analyse desquels je ne puis pas entrer, que la durée d'une révolution totale, chez l'homme, est de 23^1. Mais il est des parties du corps où la course du sang est plus lente ; un globule de sang parti d'une veine mésaraîque met plus de temps à traverser le foie, la veine cave, le cœur droit, les poumons, le cœur gauche, Taorte, l'artère mésentérique, les capillaires intestinaux pour revenir à son point de départ dans la veine mésaraîque, qu'un autre globule parti de la veine jugulaire pour gagner le ccrar droit, franchir les poumons, passer par le cœur gauche, l'aorte, la carotide, les capillaires cérébraux et revenir à son point de