‹ Maladies par ralentissement de la nutritionChapitre 49 sur 194 · SUCRE DÉTRUIT PENDANT UNE RÉVOLUTION TOTALE · texte numérisé non relu

SUCRE DÉTRUIT PENDANT UNE RÉVOLUTION TOTALE

départ. Yierordt estime que, dans les parties du corps où la circulation est le plus lente, la révolution totale dure 105'^5. Si l!on considère que cette lenteur de la circulation appartient surtout aux viscères abdominaux et à la moelle des os, et que Taire des artères qui se rendent à ces parties n'est pas supérieure au septième de Faire des autres artères; si, pour ne pas commettre une erreur par excès, on attribue à ces parties les deux septièmes de la masse totale du sang, on pourra admettre, comme durée moyenne de la révolution totale effectuée dans Tensemble du système vasculaire, 46",7, ce qui fait 1850 révolutions totales pour une période de vingt-quatre heures.

Le sang de Thomme, perdant au moins 1 gramme de sucre par révolution totale, perdra donc en un jour 1850 grammes au minimum. Or 1 gramme de sucre exige, pour se transformer en eau et en acide carbonique, 1*',066 d'oxygène. Si la totalité du sucre qui disparait en un jour était brûlée, elle emploierait pour cette combustion 1973 grammes d*oxygène, ce qui dépasse le double de la consommation normale de l'oxygène. L'homme sain, en effet, ne consomme jamais plus de 850 grammes d'oxygène; la moyenne normale serait, d'après Valentin et Brunner, 720 grammes seulement. Si, chez l'homme qui consomme le plus d'oxygène, tout cet oxygène était employé exclusivement à brûler du sucre, s'il ne s'en fixait pas un atome sur les acides, ou sur les graisses, ou sur la matière azotée, cet homme ne détruirait que 798 grammes de sucre ; il y aurait donc encore 1052 grammes de sucre au moins qui disparaîtraient par un procédé autre que l'oxydation.

Ainsi, chez Thomme à Tétat normal, il y a chaque jour plus d'un kilogramme de sucre qui n'est pas brûlé, qui n'est pas éliminé et qui cependant disparaît. Que ce soit ou non dans le sang qu'elle se transforme, une telle masse de matière, incessamment fournie, ne reste pas dans le saug; c'est donc dans les tissus qu'elle disparaît. Elle s'y fixe pour y subir de nouvelles métamorphoses; elle est donc utilisée par l'assimilation.

S'il disparaît en un jour près de 2 kilogrammes de sucre, c'est que, dans le même temps, ces 2 kilogrammes ont été

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formés par le foie. C'est dire que la production du glycogène hépatique ne peut être attribuée que pour une part insignifiante au sucre ingéré ou à tous les autres générateurs de glycogèoe d'origine alimentaire. Ainsi se trouve justifiée cette affirmation que le foie fabrique surtout le glycogène à Taide de matières circulantes fournies par les tissus ; que le glycogène est ainsi un stade intermédiaire par lequel passent certaines substances de désassimilation pour redevenir assimilables.

S'il me parait certain que, chaque jour, une quantité de sucre notablement supérieure à un kilogramme se fixe dans les tissus sans y subir de combustion, il n'est pas moins certain que, dans le même temps, cette masse de matière quitte les tissus en égale quantité. Nous savons que ce qui est entré à l'état de sucre dans les éléments n'en sort pas à Tétat de sucre, ni à l'état de glycogène, ni à l'état d'acide carbonique. En quittant les cellules, le sucre est dénaturé, de même qu'il est déjà métamorphosé au moment où il s'y fixe. Gomme ce n'est pas par les poumons que peut s'éliminer la portion non oxydée du sucre, on est tenté de rechercher dans les grands émonctoires quelque substance ternaire représentant le sucre qui a été temporairement utilisé dans les tissus. Or le foie et les reins n éliminent rien qui puisse être considéré comme un produit de transformation de ce sucre. La totalité des matières fixes contenues dans les sécrétions de ces organes est à peine la vingtième partie du sucre qui a disparu sans être brûlé. Ce sucre, tout en quittant les tissus, reste donc dans l'organisme. Il a été livré aux tissus par le sang; il est restitué, sous une autre forme, au sang par les tissus. Plus d'un kilogramme de cette substance nouvelle est fourni chaque jour au sang par la désassimilatioD. Elle ne s'élimine pas, elle ne s'accumule pas non plus; elle est donc à son tour transformée, utilisée, assimilée. La matière circulante et la matière constitutive des éléments anatomiqucs sont donc soumises à d'incessantes et très actives métamorphoses. La matière assimilable est saisie, transformée, rejetée par les cellules ; mais, en quittant les cellules, cette substance de désassimilation n'est pas pour cela excrémentitielle :

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