‹ Maladies par ralentissement de la nutritionChapitre 59 sur 194 · HÉRÉDITÉ · texte numérisé non relu

HÉRÉDITÉ

de 2 kilogrammes de^ sucre dans une période de vingt-quatre heures, nous savons que son organisme est capable d'en élaborer une masse plus considérable encore, sans que Thyperglycémie en résulte, sans que le glycosurie survienne. Si sa nutrition est ralentie, la quantité de sucre que l'organisme est capable de transformer pourra rester égale ou même supérieure à la quantité du sucre ingéré ou produit. Il n'y aura pas diabète, mais seulement acheminement vers le diabète. Cependant le retard de la nutrition, intéressant également la métamorphose d'autres principes immédiats, produira Taccumulation de la cholestérine, ou de la graisse, ou des acides organiques, ou de l'acide urique, ou de plusieurs de ces principes simultanément, et donnera naissance à la lithiase biliaire, à l'obésité et aux autres maladies que je viens de signaler ou à plusieurs de ces maladies. Si enfin le ralentissement de la nutrition s'accuse davantage, si la quantité de sucre que l'organisme peut tranformer devient inférieure à la quantité du même corps qui est journellement introduite ou fabriquée, alors on verra succéder ou s'ajouter aux maladies précédentes une nouvelle maladie, le diabète sucré. Dans ce cas, Tinfluence du système nerveux, pour être réelle, ne sera cependant pas plus spéciale pour le diabète qu'elle ne Test pour la goutte ou pour la colique hépatique. Elle ne sera pas non plus exclusive, car toutes les causes du ralentissement de la nutrition, et plusieurs d'entre elles sont étrangères au système nerveux, peuvent aboutir au diabète comme à la goutte et à la lithiase biliaire. L'influence nerveuse n'est que Tune des causes; elle n'est pas la cause prochaine; elle est un des éléments étiologiques, elle n'est pas la circonstance pathogénique. Ce qui importe dans la production du diabète, c'est le retard de la nutrition, quelles que soient les causes de ce retard. Aussi l'histoire du diabète se trouve-t-elle reliée cliniquement à celle de ces autres maladies, parce que, comme elles, il dérive d'un même trouble nutritif.

Ici encore, nous retrouvons donc entre des maladies différentes un lien originel commun, un mode spécial de la nutrition, et comme, lé plus souvent, ce qui est héréditaire dans les

184 ËTIOLOGIE DU DIABÈTE.

maladies, e'est le vice nutritif qui les engendre, vous devrez tenir un égal compte de chacune de ces maladies dans la recherche des influences héréditaires qui peuvent aboutir au diabète, et ne pas limiter vos investigations à la détermiDalioD du diabète chez les ascendants. C'est cependant ce que Ton fait généralement. On sait depuis longtemps que le diabète est héréditaire. Rondelet a signalé le diabète chez le père et chez la fille. Morton Ta signalé chez le père et chez le fils ainsi que chez quatre frères ou sœurs. Isenflamm Ta constaté chez huit enfants d'une même famille. Cependant Griesinger dit n'avoir noté rhérédité que trois fois sur cent vingt-cinq cas de diabète; au contraire, Seegen Ta relevée dix-huit fois sur cent quarante malades, soit 13 0/0, et ma statistique personnelle assigne à l'hérédité un chiflre encore plus élevé, puisqu'il est de 25 0/0.

Le diabète s'observe à tous les âges; rare chez les enfants, il présente chez eux une extrême gravité; c'est entre trente et soixante-dix ans qu'on le rencontre le plus fréquemment. Il est plus commun chez l'homme que chez la femme.

Yous savez que l'alimentation excessive est une des causes de la nutrition retardante. Aussi les repas trop copieux sont-ils signalés parmi les causes du diabète, et je trouve dans ma statistique que A3 fois sur 100 cas de diabète le régime alimentaire était surabondant ; je ne parle pas seulement de l'abus du pain ou des farineux, mais de toute alimentation trop plantureuse,, et j'incrimine surtout les féculents, les viandes, le sucre et les graisses. Suivant les pays, l'abus des aliments peut produire la fréquence du diabète par des procédés variés. Si l'Anglais devient souvent diabétique, c'est en partie parce qu'il est gros mangeur, parce qu'il fait largement usage de la viande, du lard grillé, de la graisse de bœuf, des pommes de terre, tandis qu'il mange peu de pain et de sucre. C'est peutêtre aussi parce qu'il ne dédaigne pas de généreuses rations d'alcool, cette substance qui ralentit à un si haut degré les actes nutritifs. Si le diabète est extraordinairement fréquent dans l'Italie méridionale et à Malte, bien que, dans ces pays, Talimentation soit peu copieuse, bien que Tusage des boissons

Page 1