HÉRÉDITÉ. 18S
spiritueuses y soit exceptionnel, c'est parce que les pâtes et les sucreries sont la base de ralimentation.
L'insuffisance du travail musculaire, la vie sédentaire sont également des causes qui ralentissent la nutrition, et c'est surtout dans les classes sociales qui par leurs loisirs ou par leurs travaux sont privées de l'exercice corporel, que l'on observe le plus souvent le diabète. 20 fois sur 100 cas j'ai pu constater l'influence de cette cause.
L'hérédité des modes nutritifs vicieux, l'influence du régime, rinfluence de la vie sédentaire expliquent, je crois, la singulière fréquence du diabète chez les Israélites, que M. Bouchardat avait déjà reconnue et que Seegen a mise en évidence, puisque, sur 1^0 diabétiques observés par lui à Garlsbad, 36 appartenaient à la race juive. Remarquez que les Juifs, dans nos contrées au moins, sont presque tous citadins ; ils ne recherchent pas la possession du sol et répugnent au travail de la terre. Cette race industrieuse excelle dans le commerce et dans la banque. Ils ont donc pour milieu presque exclusif les cités populeuses où cette exploitation peut être plus lucrative. Leur hygiène est celle des gens des villes, avec cette aggravation que la [nature particulière de leur négoce les prive à un plus haut degré de l'air, de la lumière et de l'exercice. Ce sont des hommes de bureau et de comptoir. S'ils ne se prodiguent pas à Textérieur, beaucoup d'entre eux aiment la bonne chère. Us réalisent ainsi l'ensemble des conditions qui créent la nutrition retardante ; et ces conditions défavorables s'accumulent chez eux par le' fait de l'hérédité, car, citadins, ils sont fils et petits-fils de citadins. Enfin ces influences héréditaires défavorables ne sont pas corrigées chez eux, comme pour le reste de la population, par la fréquence des croisements entre gens de 'a ville et gens de la campagne. Us se marient exclusivement entre eux, et, du côté paternel comme du côté maternel, le jeune Israélite reçoit en naissant des influences héréditaires accumulées qu'il développera à son tour et qui aboutiront aux maladies qu'engendre la nutrition ralentie, et en particulier au diabète.
Revenons à l'hérédité. Je l'étudierai à l'aide des documents
i86 ÉTIOLOGIB DD DIABÈTE.
statistiques fournis exclusivement par mes observations personnelles qui sont au nombre de 75 et que pour la commodité des comparaisons je rapporte à 100.
J'ai dit que dans 25 cas sur 100 le diabète peut se recootrer chez d'autres membres de la famille d^un diabétique. Recherchons quelles autres maladies s'observent également dans cette famille. Je trouve :
Le rhomatisme 54 fois sar 100
L'obésité 36 » »
Le diabète 25 » «
. La gravelle 21 » »
La gojiUe 18 » »
L'asthme 11 » »
L'eczéma 11 » »
La migraine 7 » »
La littjiase biliaire 7» •*
Ce sont précisément les mêmes maladies que nous avons déjà rencontrées quand nous avons recherché les antécédents héréditaires des malades atteints d'obésité ou de lithiase biliaire, et nous savons aujourd'hui que ces deux maladies, que doh$ retrouvons aussi parmi les antécédents héréditaires des diabétiques, sont des maladies engendrées par la nutrition retardante, et nous verrons plus tard qu'il en est de même pour la goutte, la gravelle, le rhumatisme.
(lits mêmes maladies, nous les retrouvons aussi parmi le arit/'cédents personnels des diabétiques, soit comme maladies {intérieures, soit comme maladies concomitantes. Sur 100 dioiiétiques, je trouve en mênie temps que le diabète :
L obïMt/î 45 foU.
\Àt rhumatisme musculaire 22 »
La migraine 18 •
\ji rhiimallHme articulaire aigu 16 «
La Kravdie 16 »
\,'v.r.ifmi 16 ^
l.u iithiaHC biliaire 10 »
Le rhumatisme articulaire chronique 8 »
l.t» »<"'> rallies 8 »
l/urtir;iire 6 n
Lifn h«'inorrhagics fluxionnaircs diverses 6 •
Le pityna^i^i 4 »
L'aithriie.. 2 »
La jfoulle 2 •