AUTRES ÉLIMINATIONS DU SUCRE
Chez une femme qui était devenue diabétique au cours d'une première grossesse et qui, restant glycosurique pendant Tallaitementy fut guérie par la suppression de la lactation, une seconde grossesse ramena le diabète. Au quatrième mois de l'allaitement, cette femme perdait chaque jour, dans trois litres et demi d'urine, une quantité de sucre qui s'élevait à 229 grammes. Je pus constater, en commun avec M. Ducom, que ce sucre consistait exclusivement en glycose et qu'il n'y avait pas de traces appréciables de lactose.
Le sucre du sang diabétique ne passe pas exclusivement dans les urines; on le retrouve dans les tissus; il peut même, dans quelques-uns d'entre eux, dans les muscles, dans le cerveauy repasser à l'état de glycogène; on a même signalé chez les diabétiques le glycogène dans les produits inflammatoires ; mais il est bon de faire cette réserve, que Kûhnè a démontré l'existence du glycogène dans les leucocytes, même à Tétat normal. Dans les muscles des diabétiques, le sucre, en se transformant, peut augmenter la quanti té]de l'acide lactique. On a supposé que c'est à une semblable transformation que serait due l'acidité de la salive dans le diabète. Si, contrairement aux affirmations de Jordaô, de Koch, de Pavy, la sécrétion parotidienne pure ne contient pas de sucre, ainsi que cela résulte des constatations concordantes de Bernard, de Gûnzler, de Mosler, de Hamack, de Kûlz, de Fûrbringer^ toujours est-il que le mucus buccal renferme très souvent du sucre chez les diabétiques. Ce sucre est-il Torigine de l'acidité de la bouche?
La chose est fort douteuse. En tout cas, ce n'est pas à l'acide lactique qu'est due l'acidité de la bouche chez les diabétiques. Ce qui ferait même penser que le sucre n'est pour rien dans cette réaction acide, c'est que la salive parotidienne ou sousmaxillaire, qui est toujours alcaline à l'état normal, qui ne contient jamais de sucre chez le diabétique, présente souvent chez ce dernier une réaction neutre ou faiblement acide. Quel que soit cet acide encore inconnu, quelle que soit son origine, il est probable qu'il intervient pour produire la phlogose de la muqueuse buccale, l'altération des gencives, la carie dentaire. Ail-
202 GLYCOSURIE DIABÉTIQUE.
leurs, la fermentation acétique, alcoolique, lactique^ butyrique du sucre urinaire, produit des inflammations de membrmes muqueuses ; c'est ce quj a lieu au prépuce et à la vulve.
Le sucre du sang, en modifiant les conditions de Tosmose, détruit rharmonie des échanges entre le sang et les tissas; il diminue pour chaque cellule organique la translation de pénétration ; il augmente la translation d'expulsion. Il altère donc la nutrition en gênant l'assimilation, en activant le départ des produits de désassimilation. Bien plus, il entrave les oxyiktions intra-cellulaires, car, si le mouvement de la matière qui va du sang aux cellules est amoindri, ce mouvement apportera dans rélément anatomique une moindre quantité d'oxygène ; et, de fait, Toxygène consommé diminue chez le diabétique, non parce que le sang est plus pauvre en globules, non parce que les globules ne fixent pas Toxygène, mais parce que cet oxygène pénètre plus difficilement dans les éléments. U en résulte une production moindre de Tacide carbonique. Il en résulte aussi un abaissement de la température. Malgré la diminution des oxydations, le poids du corps diminue. L'élaboration de la matière viciée dans chaque cellule aboutit au dédoublement des principes immédiats quaternaires , d'où résulte TaugmentatioD de l'urée, ou à l'élimination de ces principes non transformés, d'oà Talbuminurie.