DIX-SEPTIÈME LEÇON
AJLBUmNVHIE DIABÉTIQUE.
Fréquence de Talbuminurie diabétique. Elle n'est en rapport ni avec la glycosurie intense, ni avec Tazoturie, ni avec la consomption. Elle manque rarement chez les diabétiques phthisiques. Diverses espèces d'albuminuries dans le diabète. Théories de Talbuminurie diabétique.
Je disais en terminant la dernière leçon, que le diabète peut engendrer des conditions capables de modifier secondairement la nutrition et d*aboutir à la production de Talbuminurie et de Tazoturie. G*est à l'étude de Talbuminurie des diabétiques que je veux consacrer cette leçon.
L'albuminurie est fréquente chez les diabétiques; Garrod révalue à 10 0/0 des cas. La proportion serait de 11 0/0, d'après les observations de Senator; de 17 0/0, d'après Smoler; de 28 0/0, d'après v. Duscb. Elle s'élève, si je ne tiens compte que de mes observations personnelles, à &3 0/0, c'est-à*dire à près de la moitié des cas.
Si Ton considère que le diabète sucré est loin d'avoir la gravité qu'on lui attribuait autrefois, si l'on reconnaît qu'il peut guérir et qu'il guérit, en eQet, dans la majorité des cas, bien que ces guérisons soient fragiles, on sera bien obligé d'admettre que l'albuminurie ne sera pas nécessairement un accident diabétique d'une haute gravité, puisqu'elle complique dans près de la moitié des cas cette maladie qui guérit dans plus de la moitié des cas. L'albuminurie n'est pas l'apanage des diabètes graves ; elle n'est
â04 ALBUMINURIE DIABÉTIQUE.
pas, comme on Ta dit, un signe précurseur de la mort; elle n*apparatt pas au moment où la glycosurie s amoindrit ou disparait par le fait de la détérioration plus avancée de Torganisme du diabétique.
Si Ton considère comme diabètes légers ceux dans lesquels la glycosurie n'élimine pas plus de 50 grammes de sucre par jour, si Ton considère comme sérieux tous ceux dans lesquels le chiffre quotidien du sucre dépasse 50 grammes Je suis autorisé à dire, au nom de ma statistique, que Talbuminurie appartient surtout aux diabètes légers. Or ces diabètes légers représentent la moitié de la totalité des cas de diabète. Sur 100 cas de diabètes légers, Talbuminurie, d*après mes observations, s observerait 60 fois; sur 100 cas de diabètes sérieux, elle n'existerait que 25 fois.
Mais l'abondance du sucre n'est pas tout ce qui fait la gravité du diabète ; aussi, abstraction faite de l'intensité de la glycosurie, il convient de rechercher dans quelles proportions coïncide ralbuminurie avec les autres [circonstances qui font varier la gravité du diabète.
L'albuminurie n'est pas en rapport avec l'azoturie.
En rapportant à 100 le nombre des cas de diabète sucré compliqué d'albuminurie que j'ai observés, le chiffre de l'urée était normal 50 fois, il était supérieur à la normale 22 fois, il était inférieur à la normale 28 fois. Par conséquent, dans plus de trois quarts des cas, l'albuminurie du diabète sucré existe sans qu'il y ait azoturie simultanée, et nous verrons tout à l'heure que le diabète sucré compliqué d'azoturie s'accompagne d'albuminurie à peine dans le sixième des cas. Or l'azoturie est au premier rang parmi les circonstances aggravantes du diabète. Puisque l'intensité de la glycosurie, pas plus que l'existence de Tazoturie, n'influence la fréquence de l'albuminurie, vous voyez que ce n'est pas sans raison que je vous disais tout à l'heure que Talbuminurie n'est pas l'apanage du diabète grave.
Toutefois si l'albuminurie n'est pas en relation avec les circonstances qui créent la gravité du diabète, il faut reconnaître qu'elle ajoute |à la maladie un élément de gravité ou au moins