PUR EE
viron deux ou trois fois le diamètre d’un corpuscule rouge du sang, cellules que je n'avais encore jamais vues chez aucun des centaines de moustiques examinés jusqu'alors. Ma surprise fut au comble quand j'eus découvert dans chacune de ces cellules les quelques granules de la mélanine caractéristiques de la mularia, substance tout à fait dissemblable de celles trouvées d'ordinaire chez les moustiques. Le lendemain, le dernier moustique à ailes mouchetées fut disséqué à son tour; il contenait précisément des cellules similaires et chacune d’elles renfermait la même mélanine; seulement les cellules du second moustique étaient un peu plus grosses que celles du premier.
Ces observations heureuses donnaient la solution du problème ; de fait, les cellules étaient les zygotes du parasite de la fièvre rémittente se développant dans les tissus du moustique, et le moustique à ailes mouchetées et œufs en forme de bateau, chez lequel je les avais trouvées, appartenait (ainsi que j’ai vérifié depuis) au genre Anopheles. Naturellement, ces deux observations étaient absolument insuffisantes pour prouver que les cellules trouvées provenaient vraiment d'Hæmamæbidés sucés par les insectes dans le sang des malades sur lesquels ils avaient été placés; cette preuve fut obtenue par de subséquentes observations ; mais, guidé par la présence de la mélanine, substance typique et à peu près unique dans les cellules ainsi que par de nombreuses autres circonstances, je fus dès lors débarrassé de tout doute à cet égard. J'avais un fil conducteur, il n’y avait plus qu'à le suivre, chose facile.
Les préparations des estomacs des deux Anopheles furent cachetées et examinées ultérieurement par