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première expérience, ainsi qu’un corbeau et quatre passereaux; enfin j'arrivai à augmenter l'infection chez quatre moineaux qui ne contenaient tout d’abord que quelques parasites.
Ces expériences complètent les observations originales et fondamentales sur le développement des Hæmamæbidés chez les moustiques. Les parasites prélevés par les insectes sur leur hôte vertébré se développent chez ceux-ci qui finalement les implantent chez un nouvel hôte vertébré. Les théories de King, Laveran, Koch et Bignami, et le raisonnement inductif de Manson sont justifiés par les faits. Je suis entré dans le détail de ces théories et de mes propres expériences dans l'espoir de convaincre ceux qui autrement eussent pu croire l’histoire trop merveilleuse pour être digne de foi.
Mais il reste des travaux importants à faire. J'avais l'intention, dès que j'aurais terminé cette étude de l’un des parasites des oiseaux, d'étendre mes recherches au parasite de l’homme, besogne qui aujourd’hui ne présente aucune difficulté, puisque je connais maintenant et l'espèce du moustique transporteur (Anopheles) et la forme des parasites chez ce moustique. Malheureusement, d’autres devoirs m'empêchèrent de me consacrer à cette étude et retinrent mon attention pendant plusieurs mois. Cette interruption mit fin en réalité à mes études sur la théorie de propagation par les moustiques.
Toutefois, on ne perdit pas de temps. En décembre 1898, M. Daniels, membre de la Commission de la Malaria de la Royal Society et du Colonial Office, arrivait à Calcutta pour vérifier mes recherches et en rendre compte. Après avoir soigneusement répété les diverses expériences, il confirmait absolument
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les constatations que j'avais faites. En même temps, les recherches étaient reprises avec un brillant succès par M. ÆAoch et par MM. Grassi, Bignami et Bastianelli en Italie.
Depuis les découvertes de Laveran et de Golgi, les Italiens de l’école de Rome s'étaient toujours occupés de la malaria et avaient fait d'importants travaux à cet égard ; la tâche leur était du reste facilitée par la fréquence bien connue de cette maladie aux ‘environs de Rome. Ces travaux, s'ils n'offrent pas toujours beaucoup d'originalité, sont remplis de détails soigneusement enregistrés; mais leur essor avait été entravé par la théorie de l’école italienne, théorie toute gratuite mais admise en Italie comme un dogme, que les filaments mobiles étaient des formes de désintégration in vitro. Lorsque Manson présenta sa théorie, Bignami par exemple la repoussa en s’appuyant sur cet argument; pourtant il inclinait en même temps de lui-même vers une théorie de propagation par les moustiques: la malaria inoculée par les moustiques véhiculant des parasites tirés des marécages pernicieux. Les arguments sur lesquels il s’appuyait étaient les arguments d’ordre épidémiologique déjà mis en avant par Ang et tout au plus capables d’étayer une hypothèse plausible; il se refusait à admettre la seule base solide pour l’édification d’une théorie.
Pourtant, plus tard, les travaux de Simond, Schaudinn, Siedlecki, Mac Callum et de moi-même, expliqués par Manson, rendaient tout à fait intenable la position prise par les Italiens à l'égard des filaments mobiles : Bastianelli, Bignami et Grassi entreprirent une étude de la théorie des moustiques en partant de données exactes. Les résultats que j'avais obtenus
avaient été publiés de temps en temps, ainsi que des descriptions de la technique adoptée et des figures des zygotes ; un résumé avait été donné par Manson en juin 1898, et un autre, renfermant ce qui a trait à l'infection des oiseaux sains, en août, devant la British Medical Association; il n’y avait donc plus aucune difficulté à poursuivre les observations. En septembre, Grassi publia un mémoire dars lequel il décrit certaines observations faites en vue de vérifier quelles sont les espèces de moustiques qui dominent là où règne la malaria en Italie. Ces observations ne sont pas, je crois, dignes de confiance : en fait, Grassi lui-même a reconnu depuis que ses conclusions étaient erronées à l'égard de deux des trois espèces de moustiques indiquées par lui comme véhicules de la malaria; la troisième espèce est un Anopheles, V'Anopheles claviger.
En même temps, Bignami résumait son étude sur la question. Quelques années auparavant, suivant sa théorie, il s'était efforcé de produire l'infection chez des personnes par des piqûres de moustiques apportés de régions où régnait la malaria. Il n'y réussit point et je crois que sa méthode n'aurait jamais conduit à une solution du problème. Il avait d’ailleurs abandonné ses recherches ; à l’automne de 1898, il les reprit, mais sans plus de succès jusqu’à ce qu'il en arrivât à se servir d’Anopheles claviger apportés d’une maison où se trouvaient des personnes infectées. Cette fois l’expérience fut couronnée de succès, le sujet soumis aux essais prit la maladie au bout de quelque temps.
Cette importante expérience fut la première confirmation avec la malaria humaine de mes précédentes expériences d’inoculation avec la malaria des