H., II
LE UÉTAPUYSiaEN. 61
infiniment parfait » . Mais par cela seul que nous pensons un tel Être , il existe ; car Inexistence est nécessairement comprise dans l'idée que nous en avons. De toutes les preuves de l'existence de Dieu qui ont été données par les philosophes, celle-ci est la plus simple et en même temps la plus sûre. Disons même qu'elle est la seule sûre. D'où en effet pourrions-nous partir? De l'idée de notre propre être? Elle est obscure. De la connaissance des choses elles-mêmes et de la prétendue infinité du monde? Mais « tu n as pas de raison de croire qu'il y ait seulement un pied d'étendue matérielle , bien loin que tu doives juger que le monde est infini conmie font quelques philosophes^ ». L'infini, encore une fois, c'est dans nos idées que nous le rencontrons et que nous le voyons. S'est-il réalisé dans la nature, est-il matériellement dans les choses distinctes et limitées, imparfaites et finies de la création? Rien ne nous le démontre ; car il n'est point nécessaire qu'il y ait eu effectivement passage de l'idée de ces choses en tant que possibles ou de leur essence à leur existence. Mais quand il s'agit de l'infini ou de l'Être sans restriction, il en va tout autrement : « On ne peut le voir que dans lui-même, car il n'y a rien de fini qui puisse représenter l'infini. L'on ne peut donc voir Dieu, qu'il n'existe : on ne peut voir l'essence d'un être infiniment parfait sans en voir l'existence : on ne le peut voir simplement comme un être possible : rien ne le comprend, rien ne