‹ Malebranche (volume 2)Chapitre 24 sur 96 · S^ÉcL à laBech. delà V · texte numérisé non relu

S^ÉcL à laBech. delà V

MALEBBANCHE.

L les reconnaître. Il fraiera ainsi la route h Hegel r qui l'idée même du ressort intime et de cette tance efficace à la réalité suffîra si bien qu'il se passera >ieu. Chez l'auteur de rharmonie préétablie, ce Dieu nécessaire pour peser les « compossibilités » , pour ure les contradictoires et assurer ainsi l'harmodu monde, tandis çpie chez Hegel les conlradices auront jusqu'au pouvoir de se réconcilier d'euxaes et de faire succéder l'accord fmal k leur appâte opposition. En disant que Dieu coosulte en lui, s sa propre nature, un ordre existant, qu'il n'a pas libre de faire ou de ne pas faire, Malebranche échappe utcs ces conséquences; car pour lui, cet ordre se fond avec la sagesse divine et lui est coéternel ; c'est ; ce qu'il veut dire quand il avance que pour que cet re fût ce qu'il était de toute éternité. Dieu n'a pas )esoin d'un « décret ».

c décret, où intervient-il? Dans l'appel de certaines nces à l'existence ; car dans son infinie perfection 1 se suffit ; pour que les êtres soient, il faut donc qu'il iuilleet qu'il les appelle libremen . Hais pourque la Section totale et les rapports des différentes perfecs soient en lui, pour qu'il les voie et les connaisse me elles subsistentdans sa nature, est-il donc besoin 1 décret? Autant dire que Dieu s'est créé lui-même et t s'est donné à lui-même la perfection par un acte s, ce qui serait pure logomachie, illes sont les principales explications que donnait L Malebranche de sa théorie de l'indépendance des

vérités nécessaires, dans ses Éclaircissements sur la Recherche de la Vérité. Trente ans plus tard, environ, dans son Entretien d'un philosophe chrétien et d'un philosophe chinois, il les accentuera et les précisera plus heureusement encore, mais sans atténuer son opposition à la thèse de Descartes.

L'hypothèse qu'il y aurait un ordre immuable, une loi étemelle qui seraient par soi la règle et la justice même et devant qui Dieu devrait s'incliner, c'est dans la bouche du Chinois qu'il la met. Si Dieu est juste, dit ce dernier, il ne peut l'être que parla justice, de même que c'est la sagesse qui rend sage. A quoi le chrétien répond :

« Je vois bien que vous imaginez qu'il y a des formes et des qualités abstraites et qui ne sont les formes et les qualités d'aucun sujet, qu'il y a une sagesse, une justice, une bonté abstraite et qui n'est la sagesse d'aucun être. Vos abstractions vous trompent. Il n'y ^ pas plus de justice se proposant aux desseins de Dieu, qu'il n'y a quelque part une rondeur abstraite s'appliquant à la boule pour la rendre ronde, comme s'il ne suffisait pas, pour qu'elle le fût, que tous les points de sa surface soient également éloignés des autres ! Pour que Dieu soit juste, il suffit qu'il soit : car s'il est, il est parfait ; et s'il est parfait, il se connaît ; s'il se connaît, il connaît ses perfections ; s'il connaît ses perfections, il les aime ; et toutce qui,parsa volonté toute-puissante, y participera, il l'aimera à proportion qu'il y verra une participation plus ou moins grande. Voilà la vérité, voilà la sagesse, la justice. Voilà comment Dieu est à lui-même sa sagesse.

HÂLEBRAHCUE.

lent il est la n6tre... La loi étemelle est en Dieu m même, puisque cette loi ne consiste que dans e éternel et inunuable des perfections divines. » belle discussion se continue avec une abondance et Tineté incomparables. On ne peut mieux la résumer lar ce passage décisif.

endez justice au vrai Ly, en avouant de bonne foi est essentiellement juste, puisque aimant nécesnent son essence, il aime aussi toutes choses à >rtion qu'elles sont plus parfaites, puisqu'elles ne [tlus parfaites que parce qu'elles y participent dage. Dites aussi qu'il est la justice même, la loi elle, la règle immuable, puisque cette loi étern'est que l'ordre immuable des perfectioDs qu'il rme dans l'inSnité et la simplicité de son essence : : qui est la loi de Dieu même et la règle de sa voct celle de toutes les volontés créées. Mais défiezde vos abstractions, vaines subtilités de vos urs. Il n'y a point de ces formes ou de ces qualités aites. Toutes les qualités ne sont que des manières : de quelques substances. Si nous aimons Dieu lutes cboses et notre prochain comme nous-mêmes, la nous serons justes, sans être, si cela se peut informés d'une forme abstraite de justice qui ne ste nulle part. >>

:f, dans l'infinité et dans la simplicité de son es- , Dieu renferme éternellement des perfections

LE H^APHVSICIBN.

dont l'ensemble forme un ordre, non pas abs vivant. Que sont ces perfections, sinon ce qui tonjcïens de l'antiquité et ceux des temps maè appelé les idées? Ici Halebrauche ne disci prouve, pour ainsi dire, pas; il rappelle, il fi invoque une vérité qui, à ses yeux, s'impos évidence même etparla double autorité de sai tin et de saint Thomas. Pour lui, cette vérité bien et de si haut toutes les spéculations philos qu'il s'y arrête à peine dans le cours de ses g vrages'. Si on veut en trouver chez lui l'e pleine , quoique résumée , il faut aller à ses pn quelques fragments de ses polémiques, aloR obligé de rétablir, par exemple, contre Arnau ne devrait même pas se discuter.

H II est clair que saint Augustin a cru '" qui sont étemelles et immuables, qu'elles sont plaires ou les archétypes des créatures, qu'ell Dieu. 11 n'est pas moins clair que tout cela parfaitement avec ce qu'a écrit saint Thomas tainement, d'après la Somme, les idées divin* que l'essence divine, en tant que les créature l'imiter ou y participer, et que les deux mots ■

1. Dini la Recherche de la Vérité, lirre lU, il s'eipliqu qac tbonduice sur ce que les Idées ne toitt pas et gor l'orii faut pat leur altribner.

2. Voir U prtface Aea Entrelieiu milaphyiiquei. — Makbra core à dter celle délinition de «alnt Augustin : ■ Les Idées soot niers roodèlMonarchétjpeeiUblesetlminaablesdebnites cb n'ont point été faits, et qui par conséquent sont éternelset de ioan le* mCfoas dans la sagesse éternelle qui les renferme, s

MALEBRANCUE.

it synonymes. Quand on a cité ces textes, lie la démonstration qui a paru nécessaire et on n'a plus, ce semble, qu'à en tirer les

pendant allons-nous trop vite et y a-t-il pit de cette belle confiance, à s'expliquer incultes. On voit à quels problèmes nous lour le moment. Quand on traite de la B Halebranchc, on a l'habitude d'aller L la Vision de Dieu. Hais avant de savoir

voyons tout en Dieu, il faut savoir comcn Dieu, puis comment Dieu voit ce qui [nment il le réalise partiellement hors de ) questions sont résolues, les autres et nt celle de la vision on Dieu, devien-

nous en croyons celui qui nous les pro-

"expliquer comment s'accordent en Dieu dicité nécessaire de sa nature et la mulperfections ou de ses idées? Non. Il faut r'ouer que la nature de Dieu nous est ine, et cela par essence. Ainsi, nous croyons ous ne voyons pas ce qu'il est : du moins >n8 ni dans la pureté ni dans la plénitude olue; car, par définition, Dieu a des péris, infinies en nombre, infinies en inten~ cela ne fait pas que ces deux termes, ature, infinité de perfections, — diverses irce qu'elles correspondent à des degrés

LE MÉTÂPinSIGIEN. 73

différents de la perfection totale, — ne soient aussi fortement établis l'un que Tautre, quoique nous n'en comprenions pas le mode d'union.

A cette distinction correspond celle des attributs absolus de Dieu et de ceux qu'on peut appeler relatifs.

Les attributs absolus sont ceux que nous voyons clairement convenir à l'idée de l'être infiniment parfait : l'infinie perfection, l'indépendance, Timmutabilité, l'éternité, Timmensité... Il semble d'abord que le philosophe doit se borner à ceux-là, car il dit quelque part ^ : « Si vous voulez juger des attributs divins, consultez l'infini, la notion de l'être infiniment parfait, et ne vous arrêtez pas aux idées des êtres particuliers et finis. » Et cependant il est d'autres attributs auxquels nous pouvons remonter par une autre voie : ce sont ceux qui sont « relatifs à ses créatures : je veux dire les idées intelligibles de tous les ouvrages possibles ^ ». Que ce dernier mot ne nous égare pas; qu'il ne nous fasse pas introduire en Dieu une possibilité que son infinie perfection essentiellement actuelle parait exclure. Dieu, encore une fois, considéré dans son essence éternelle, ne contient, par devers lui, rien qui puisse être qualifié de possible. Tout ce qu'il peut être, il l'est éternellement, parfaitement, infiniment : le contraire impliquerait contradiction. Mais parmi les degrés de cette infinie perfection, il en est qui sont inégalement communicables hors de lui : par rapport au monde, ils existent donc en Dieu à l'état de

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