‹ Malebranche (volume 2)Chapitre 38 sur 96 · Rech.de la VérUé.lPf · texte numérisé non relu

Rech.de la VérUé.lPf

HALEBRANCnE.

ïlle est l'origine, telle est la an, telle est la nature inclinations naturelles. Jusqu'ici, tout nous estcom- , avec les pures intellig'ences. Hais dans l'être total de nme, ces inclinations reçoivent par les mouvements lordinaires des esprits animaux et du sang, des stiints , des résistances, des épreuves qui tes surexcitent ni les troublent*. A ces phénomènes, l'auteur de la \erche de la Vérité donne indifféremment le nom lotions et de passions. Hais il y voit toujours des imsions coutinuelles que Tauteur de la nature produit ous à propos ou à Voccasion des mouvements cor- Is qui nous agitent.

: mot d' « occasion », il a donc été déjà prononcé ent, et U nous a même été expliqué autant qu'il l'être. Rappelons d'abord un peu plus explicitement le est l'étendue et la portée de cette hypothèse iphysique.

lUX qui l'ont étudiée semblent n'avoir eu géaéralet en vue que la volonté humaine considérée, non me une cause efficace et productrice, mais comme )le cause occasionnelle d'un mouvement que la 3 efficace de Dieu peut produire en nous. En réalité ^ndant, eUc s'applique & l'intelligence autant qu'à )lonté,aux actions que nous croyons recevoir autant

;ctte porlion de It passion wl donc plus eiDpiriqne;(Hiui devonsta ajonmer l'eipot^.

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qu'à celles que nous croyons exercer. Elle enveloppe tout ce qui, aux regards des sens et selon les préjugés vulgaires, parait être une cause, cause seconde, mais toutefois cause réelle, dit-on. Souvenons-nous-en, la cause réelle est unique, et c'est toujours la même qui agit partout. Ainsi, lisons-nous dans le /^ Entretien métaphysique^ « les ébranlements qui s'excitent dans mon cerveau sont la cause occasionnelle ou natmrelle de mes sentiments ; la cause occasionnelle de la présence de mes idées à mon esprit, c'est mon attention ». En d'autres termes, que les actions semblent aboutir à nous ou en partir, les mouvements qui les expriment ne sont jamais que l'occasion que Dieu s'est éternellement réservée pour nous faire ou produire ou subir, par lui, quelque état que ce soit.

Du moment où Malebranche présente ainsi sa théorie, on s'attend bien à ce qu'il l'étaie comme toutes les autres sur le petit nombre de principes dont il retrouve partout les applications. Prétendre que les êtres de la création — l'homme compris — soient capables d'une action efBcace, c'est traîner dans l'ornière de tous lesscholastiques. A la suite de « ce misérable et pitoyable philosophe ^ » appelé Aristote, ils s'ingénient à établir en dehors de Dieu une « nature » à laquelle ils donnent vingt noms

1. \^*tclairei$sement. Jamais Malebranche n*a parlé autant des scholasti- <pies ; c'est lA sortont qu'on doit se reporter pour se rendre compte du degré de connaissance qu'il pouyait ayoir des doctrines de FËcole. C'est là, en effet, qu'il disserte sur Ayicenneet Ayicembron, sur Suarez, Fonseca, Rnyio, d'Aill j et quelques autres.

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théologiens Font prétendu. « 11 fait tout comme cause véritable et il ne communique sa puissance aux créatures qu'en les établissant causes occasionnelles de l'exercice de la sienne en conséquence de lois générales *. »

Parmi ces lois générales sont celles qui donnent aux hommes peu réfléchis l'illusion de ce qu'ils appellent l'union de Fàme et du corps. Il y a. sans aucun doute entre le corps et Fâme des relations continuelles et très étroites, car s'ils n'agissent pas Fun sur Fautre, « leurs modahtés sont réciproques ^ »; mais Fâme n'est pas plus dans le corps ou dans une partie du corps, fût-ce le cerveau, que le corps n'est dans Fàme. Non, l'on ne peut pas plus dire que Fâme est dans le corps, sous prétexte qu'elle y souffre de la douleur, que l'on ne peut dire qu'elle est dans le soleil, dans les nues, dans les corps qui l'environnent, dans la fleur qu'elle respire, sous prétexte qu'elle y voit la lumière et les couleurs et qu'elle y sent les odeurs ^. L'âme et le corps sont également en Dieu, Fun dans sa Raison, Fautre dans son immensité. S'il y a entre eux des rapports, objets de nos perceptions, c'est uniquement parce qu'ils sont ainsi tous les deux dans le Dieu qui les a créés et qui agit constamment sur eux. Ne parlons donc pas de véritable union, mais « d'alliance )> ; et disons que cette alliance consiste dans une correspondance mutuelle des pensées

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