‹ Malebranche (volume 2)Chapitre 56 sur 96 · Traité de Morale, I, ii, p. 30 de notre étition · texte numérisé non relu

Traité de Morale, I, ii, p. 30 de notre étition

HALEBBAKOIE.

ristarque qui répète aussi la formule convaincu de l'existence de Dieu par la suis pas pleinement convaincu par la ■e réplique : « Si vous dîtes les choses ensez, vous n'en êtes convaincu ni par la foi. Car ne voyez-vous pas que la *oi vient de l'autorité d'un Dieu qui ut jamais tromper? Si donc vous o'êtes r la raison qu'il y a un Dieu, comment ncu qu'il a parlé? »

xvii* siècle se trompait donc ; mais il K* se sont trompés non moins gravens contraire. Au cours de sa thèse, narquée, l'abbé Blampi^on prétend ! de Halebranche consiste « dans l'anatique de la nature et de la morale tes ». Il lui prèt« l'opinion que la vraie autre que la religion pure et simple, 'était nier la science de l'homme ». Il ; risquer plus énorme contre-sens, car utôt l'idée inverse que développe, par té de Morale. La fameuse proposition >phie n'est que la servante » (ancilla expressément citée, mais pour être oussée. Il y est même dit : « La reliie philosophie. » Et l'auteur s'explique ivec une clarté parfaite. " Ce n'est

pas, je Tavoue, la philosophie des païens, ni celle des discoureurs qui disent ce qu'ils ne conçoivent pas, qui parlent aux autres avant que la vérité leur ait parlé à eux-mêmes. La Raison dont je parle est infaillible, immuable, incorruptible, Dieu même la suit. En un mot, il ne faut jamais fermer les yeux à la lumière... L'évidence est préférable à la foi; car la foi passera, mais rintelligence subsistera éternellement*. »

Rappelons-nous ici la métaphysique de la Vision en Dieu. Cette Raison que Fauteur exalte n'est pas une Raison qui appartienne en propre à l'homme ou individuel ou social ; c'est la Raison qui éclaire l'homme du dehors, c'est la Raison universelle : il n'y en a pas et il ne peut pas y en avoir d'autre. On comprend dès lors ce passage qui autrement paraîtrait si audacieux :

« Il y a même des personnes de piété qui prouvent par Raison qu'il faut renoncer à la Raison, que ce n'est point la lumière, mais la foi seule qui doit nous conduire, et que l'obéissance aveugle est la première vertu des chrétiens. La paresse des inférieurs et leur esprit flatteur s'accommode souvent de cette vertu prétendue ; et l'orgueil de ceux qui commandent en est toujours très content. De sorte qu'il se trouvera peut-être des gens qui seront scandalisés que je fasse cet honneur à la Raison de l'élever au-dessus de toutes les puissances et qui s'imagineront que je me révolte contre les autorités légitimes à cause que je prends son parti et que je

1. Et ici Ma]ebranche s'appuie en note sur un passage de saint Augustin, De Ubero arbitrio, livre II, cli. ii.

péripatéticiennes^ (lisez thomistes) des conséquences peu en harmonie avec le catholicisme. Mais c'est là une sorte de guerre civile dans laquelle on répand « le sang de ceux de sa nation ». — « Pour moi, lisonsnous ailleurs, quand un homme a pour principe de ne se rendre qu*à l'évidence et à Tautorité, quand je m'aperçois qu'il ne travaille qu'à chercher de bonnes preuves des dogmes reçus, je ne crains pas qu'il puisse s'égarer dangereusement. Peut-être tombera-t-il dans quelque erreur. Mais que voulez- vous? cela est attaché à notre misérable condition. C'est bannir la raison de ce monde s'il faut être infaillible pour avoir le droit de raisonner 2. »

Ainsi donc, quand de la tradition bien établie et solidement rattachée à l'autorité légitime on a reçu les vrais dogmes, il reste à les expliquer. « Il est permis d'expliquer même les mystères, pourvu qu'on le fasse selon l'analogie de la foi'. » Et qu'est-ce que les expliquer? En faire ressortir la sublimité morale, tout en ^J diminuant les invraisemblances d'ordre philosophique? ^ Notre méditatif a une ambition plus haute. La religion n'est en somme que la Raison incarnée, que l'Ordre rendu visible ou — ce qui revient au même — qu'une -^ métaphysique sensible et intelligible pour le commun des hommes. Mais il n'y a qu'une Raison, il n'y a qu'un 4 Ordre : il ne peut donc y avoir qu'une métaphysique ;

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