‹ Malebranche (volume 2)Chapitre 57 sur 96 · Traité de la Nature et de la Grâce, 3* édaircissemeDt · texte numérisé non relu

Traité de la Nature et de la Grâce, 3* édaircissemeDt

^ Il

est incompréhensible qu'un Dieu parfait et infini puisse avoir pour but et pour terme de son action un monde indigne de lui. « Car enfin, TUnivers, quelque grand, quelque parfait qu'il puisse être, tant qu'il sera fini, il sera indigne de l'action d'un Dieu, dont le prix est infini. Dieu ne prendra donc pas le dessein de le produire. C'est ce qui fait la plus grande difficulté *. »

Pour lever cette difficulté avec laquelle le métaphysicien nous laissait aux prises, la philosophie toute profane a pu imaginer deux solutions. Voici la première : le monde n'est qu'une émanation nécessaire de la divinité; par conséquent, il n'a point été fait ni, à proprement parler, créé, et Dieu n'a eu à se proposer aucune fin extérieure à lui, puisque chaque être n'est qu'une portion de sa propre substance. C'est le spinosdsme. On forge un Dieu qu'on se sent obligé de proclamer infini et parfait, et que néanmoins « on compose de tous les désordres de l'Univers ». C'est une absurdité non moins qu'une impiété.

Quant à la seconde fausse solution, elle consiste à faire le monde infini, à le remplir, par exemple, d'un nombre infini de tourbillons. En un sens, Malebranche n'est pas du tout éloigné de concevoir une infinité d'idées, de nombres, et finalement d'êtres infinis; mais c'est en Dieu que cette infinité d'infinis subsistent et que nous les voyons. Conmie dit le principal personnage des Entretiens métaphysiques^ y « il faut laisser à la

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