Entret. mét.j IX
'yi" k'-^-V"
16i MALEBRÂNCHB.
nifeste la véritable pensée du philosophe), qu'en se faisant homme il s'unit en même temps aux deux substances, esprit et corps, dont TUnivers est composé et que par cette union il sanctifie toute la nature. C'est pour cela que je ne crois point que le péché ait été la seule cause de l'incarnation du Fils de Dieu. »
Est-ce à dire que le noble esprit qui a tracé si hardiment cette explication des desseins de Dieu n'ait pas vu le rôle de Tlncamation dans la réparation du péché > originel? Il s'en faut. Mais après avoir distingué ce qui
doit l'être, son effort le plus vigoureux tend à unir ce que tant d'autres s'ingénient à séparer. Pour lui tout ce qui constitue la vie du monde, avant et après la chute, indépendamment d'elle et en conséquence d'elle, lois de l'humanité intacte, lois de l'humanité altérée, lois de l'humanité renouvelée, nature et grâce, tout, en un mot, a été prévu de toute éternité et fait partie d'un plan unique, simple et infini. Ce plan nous est révélé parla métaphysique, et c'est elle qui nous permet ainsi de comprendre comment le péché l'a altéré. C'est une corruption, disons-nous, que l'esprit soit maintenant assujetti, conmie il Test, à la matière, et c'est là la conséquence de la chute. Mais conmient saurions-nous que c'est là en effet un désordre, si nous n'avions une idée claire de l'ordre et de sa nécessité? Par la connaissance réfléchie de cet ordre étemel qui met l'esprit au-dessus du corps, nous comprenons que notre état actuel n'est pas le résultat d'un bon plaisir arbitraire qui lui enlèverait sa signification si profonde. Nous comprenons que
LB TBÈOLOGIEN PHILOSOPBR.
le péché a rompu un ordre que la Raison étei consulté dans sa sagesse, que la création prej établi dans l'univers et que la Providence encore le moyen de restaurer.
Il y a une première Providence que M:
a qualifiée tantôt de Providence générale.
Providence ordinaire, et qui n'est que la créi nuée : c'est elle qui, par les lois de la corn: des mouvements, par exemple, a assuré un< toutes la conservation de l'univers physiqui innombrables merveilles. Il y a ensuite une qui est particulière, en tant que chacun t reçoit les effets et que Dieu, à qui rien n'éct d'une volonté positive le détail de tout ce Souvent encore ces deux aspects de la Prov désignés par deux noms qui sont aujourd'hu à piquer et à réveiller notre attention : l'orcl ou les lois proprement dites et les « décrets )
Ainsi la règle essentielle de la volonté i l'ordre immuable de la justice, ou la loi été qui devra ensuite récompenser tel homme ju tel homme injuste sera voulu et arrêté par 6